Archives de Vart français ^ t* !«', p. 94 et suiv
4. A. de Montaiglon et G. Milanesij La famille des Juste Cn Italie et erk France, 1876. In-8.
bien déterminée pourrait seul nous conduire sûrement à une attribution raisonnée. Allons à Saint-Denis, où plusieurs sculptures exécutées en France par des Italiens sont
Apôtre da tombeaa de Lonis XII,
par Antoine Juste.
(Basili^e de Saint-Denis.)
capables de nous fournir des éléments d'informations. Nous n'aurons pas besoin de fouiller longtemps les coins obscurs de la basilique. Le plus important des monuments franco-italiens est détenteur du secret que nous poursuivons. Les Apôtres du tombeau de Louis XII — dont le caractère a été si bien analysé par M. Montaiglon, quand il a dit qu'ils sont a très italiens et qu'ils ont à la fois des
A L'ÉCOLE DES 6EÂUX-ÂRTS
faiblesses et de Tafféterle * » — présentent la plus complète analogie avec le style de notre marbre. Cette analogie est d'une évidence incontestable, quand on juxtapose, comme
Tète de jenne guerrier.
Médaillon de marbre attribué à Antoine Juste.
^ Musée du Louvre.)
nous le faisons à l'aide des planches ci-jointes, le buste d'un des Apàtres de Saint-Denis et le buste du jeune guerrier à la tête casquée j du Louvre.
Bien que l'histoire du tombeau de Louis XII contienne encore quelques chapitres obscurs, elle a été éclairée d'une
1. A. de Montalglon et Gaëtano Milanesi, La famille des Juste en Italie et en France, p. 65.
vive lumi^e par la belle étude de MM. A. de Montaiglon et Gaëtano Milanesi. Nous savons pertinemment que les deux frères Antonio et Giovanni di Giusto Betti ont travaillé concurremment * à la sculpture des Apôtres destinés au mausolée du roi de France. La conclusion naturelle de notre observation est donc de leur attribuer collectivement une pièce qui offie tant de ressemblance avec leurs ouvrages. Nous pouvons même aller plus loin dans cette recherche de la paternité et essayer de discerner quel est celui des deux frères à qui nous devons faire honneur de la sculpture du Louvre. Antonio est seul désigné par les comptes comme ayant travaillé à Gaillon. C'est donc lui, jusqu'à preuve du contraire, que nous devons regarder comme le sculpteur du marbre étudié en ce moment.
Antonio di Giusto Betti, originaire de San Martino de Mensola, commune distante de trois kilomètres de Florence, est né en 1479 et est mort le 1"' septembre 1S19. Il était propriétaire d'une maison à Carrare en 1508, 1514 et 1516 ^. Auteur de travaux considérables, commandés par le cardinal d'Amboise et énumérés par M. Deville et M. de Montaiglon, Antonio reçut, en 1510, quarante-deux livres tournois pour avoir fait, peint et doré une biche de cire ordonnée par Louis XII et destinée à décorer le bout de la galerie du grand jardin de Blois. Notre artiste épousa Lisa di Nardino del Pace, tailleur de pierre à Settignano, née en 1485. Il en eut un fils en 1505. Celui-ci, sculpteur comme son père, vécut et travailla en France sous le nom de Just, et mourut probablement en 1558^.
Mais pour reconstituer au complet l'élément étranger
1. G. Gampori, Gli artisti italiani e stranieri negli stati estensi. Modène^ 1855, p. 14 et 15. — A. de Montaiglon et G. Milanesi, La famille des Juste en Italie et en France , p. 16 et 17.