‹ Alexandre LenoirChapitre 77 sur 143 · Montaiglon et Milanesi^ op. Inud · texte numérisé non relu

Montaiglon et Milanesi^ op. Inud

3. Tous ces détails biographiques sont empruntés au travail de MM. Anatole de Montaiglon et Gaêtano Milanesi.

FRAGMENT DE LA DÉCORATION DE LA DEUXIÈME COUR DE L'ÉCOLE Troisième panneau^ à gauche.

mélangé de tous côtés aux ouvrages de la Renaissance française, il ne faudrait pas s'en tenir exclusivement aux seuls fragments de Gaillon que des documents d'archives nous montrent sortis de mains italiennes. D'autres monuments, sans avoir un état civil aussi bien en règle, nous révèlent par des signes extérieurs très apparents une origine exotique et peuvent être donnés avec vraisemblance, sinon avec certitude, à des auteurs italiens travaillant en France. Nous aurons plus loin, à propos d'un beau buste d'homme, l'occasion de citer encore une autre pièce rentrant dans la môme catégorie d'objets d'art. Enfin, nous avons groupé dans une étude spéciale, malheureusement beaucoup trop sommaite, quelques-uns des principaux monuments delà série*.

Autrefois, le troisième panneau contenait encore le buste en terre cuite de Charles VIII, exécuté par Deseîne pour Lenoir, qui en a parlé ainsi dans son catalogue de Tan X sous le numéro 444 : <( Ce buste, vrai et soigné dans son exécution, est dû au talent du sculpteur Deseine. J'ai fait exécuter ce buste pour suppléer au monument de Charles VIII, qui manquait à ma collection. »

Cinquième panneau, à gauche.

La Foi et l'Espérance (?), bas-reliefs en pierre de Vernon, sculpture française du commencement du seizième siècle. L'origine précise de ces deux documents, qui n'ont pas été catalogués par Lenoir, n'est pas facile à établir. Peut-être, comme certains bas-reliefs entrés récemment au Louvre et tirés des magasins de l'église de Saint-Denis, furent-ils apportés de Chartres à Paris et ont-ils fait partie du

i . La part de Vart italien dans quelqttes monuments de sculpture de la première Renaissance française. Paris, 1885. In-8. Nous regrettons de n'avoir pas cité dans ce travail la porte en marbre d'une maison qui se voit à Mâcon, et qui mériterait d'être étudiée.

FRAGMENT DE LÀ DÉCORATION DE LÀ DEUXIÈME COUR DE L'ÉCOLE Quatrième panneau, à gauche^

i06 LES DÉBRIS DU MUSÉE DES MONUMENTS FRANÇAIS

lot d'objets acquis par Lenoir au citoyen Morin, en Tan X, objets qui étaient désignés comme venant d'un monument élevé en 1510 et exécuté en pierre de Vernon. Ils pourraient également provenir de Gaillon ou, tout simplement, des débris de la chapelle de Gommynes qui n'ont pas été tous décrits ni par Millin, ni par Lenoir.

Les deux pilastres décorés d'arabesques, qui sont fixés au milieu du panneau, avaient été employés par Lenoir à la restauration du tombeau des Poncher ( n° 96 bis du catalogue et pi. 2 des Souvenirs du Musée des Monuments français). Ils furent apportés originairement de Gaillon.

Le petit bas-relief de pierre, fixé entre les deux pilastres de Gaillon, provient du monument funéraire de Jacques Gappel, avocat du roi au parlement de Paris, et de sa femme Marguerite Aymery, qui avaient leur tombeau au cimetière des Innocents. Cette sculpture occupait, sur le catalogue du musée des Petits-Augustins, le numéro 252 ; elle a été trop bien étudiée et décrite par le baron de Guilhermy pour que nous n'empruntions pas au tome P"* des Inscriptions de la France le passage qui la concerne : « La pierre est de forme carrée. Deux petits pilastres cannelés d'ordre ionique laissent entre eux un espace autrefois rempli par une plaque de cuivre portant une inscription latine qui vantait la science, la sagesse, l'éloquence du défunt. La plaque a été enlevée. L'épitaphier de Paris donne le texte de cet éloge... Deux écussons d'un faible relief, à côté des pilastres, sont maintenant très oblitérés, mais l'épitaphier nous apprend quelles étaient les armoiries. Jacques Gappel portait de gueules à trois lys naturels d'argent, au lambel de même; Marguerite Aymery, de gueules à la bande d'argent chargée de trois glands de sinople et accompagnée de deux lions d'or. C'est aussi par l'épitaphier que nous savons que leur sépulture se trouvait sous une arcade du charnier, du côté de la lingerie. Au-dessus des pilastres, entre deux tètes

FRAGMENT DE LA DÉCORATION DE LA DEUXIÈME COUR DE L'ÉCOLE Cinquième panneau, à gauche.

i08 LES DÉBRIS DU MUSÉE DES MONUMENTS FRANÇAIS

d'anges, une sculpture fine et gracieuse représente la Vierge assise, portant l'Enfant Jésus sur le bras gauche et tenant un lys de la main droite, invoquée par les époux défunts et par leurs huit enfants, quatre fils et autant de filles. L'avocat du roi en robe de magistrat et sa femme sont agenouillés chacun devant un prie-Dieu, assistés de leurs patrons^ saint Jacques le Majeur, en costume de pèlerin, le chapeau rejeté sur les épaules, et sainte Marguerite qui tient une croix. Ces quatorze personnages sont de très petite proportion. » Voici Tinscription : « Par la permission « de MM" de St Germain TAuxerroys, cy-gist noble homme « et saige M** Jacques Cappel, en son vivant conseiller et ad- « vocat du Roy en sa court de parlement, seigneur de Vaul- (( dry et de Tilloy-en-Brie, qui trespassale xx® jour de juillet <( Mil V' X. — Aussi gist noble damoiselle Marguerite Ay- (( mery, sa femme, laquelle trespassa le vu® jour de octobre « M V* LVI. Priez pour leurs âmes. »

On voit au-dessous un curieux bas-relief qui a joui autrefois d'une grande célébrité. C'est le monument commémo* ratif d'une amende honorable faite en faveur du couvent des Grands-Augustins^en réparation d'un attentat commis sur un membre de cette communauté. Ce monument, décrit par Lenoir sous le numéro 88 de son catalogue, et gravé pi. 79 du Musée des Monumens français^ est également gravé dans les Antiquités nationales j de Millin^ t. m, n"* XXV, pi. 1, p. 10. Le baron de Guilhermy l'a commenté dans les Inscriptions de la France^ 1. 1, p. 397 à 401. Du Breuil, dans son Théâtre des Antiquitez de Paris^ 1612, p. S54, nous a conservé le souvenir de l'événement qu'il retrace : (c En l'an 1440, Jean Bayart, Colin Feucher et Arnoulet Pasquier, sergens à verge, accompagnez de Gilet Roland, musnier, et de Guillaume de Bezençon, faiseur de cadrans, sous prétexte de faire quelque exploit, tirèrent violentement du cloistre des Augustins, par l'allée qui tend

à la rue du Collège de Sainct-Denys, frère Nicolas Aimery, religieux du couvent des Âugustins et maistre en théologie, et tuèrent frère Pierre Gougis, aussi religieux dudit couvent. Pour lesquels excez dignement punir, le recteur de l'Université avec tous les suppôts dlcelle et le procureur du Roy en Ghastelet, se joignirent à la complainte des Augustins.

Béparation publique de l'attentat commis sur les religieux du couTent

des Grands-Augustins.

Fac-similé d'une planche de Millin.

Et par sentence du prévost de Paris, en datte du 13 septembre audit an, les malfaicteurs ont esté condamnez à faire trois amendes honorables, Tune au Chastelet en la chambre du civil, y assistant le Procureur du Roy, pour la satisfaction de l'immunité du lieu sainct violée ; la seconde, au lieu du forfaict et occision, pour'partiede l'expiation du;délict envers les Augustins; et la troisiesme à la place Maubert ou autre lieu que delégueroit l'Université pour son intérest : Quœ injuriam suorum, affecta matenio^ suam putat. Et fut ordonné qu'en telles amendes honorables ils seroient en chemise, sans chaperon, nuds jambes et nuds pieds, tenans chacun en sa main une torche de quatre livres ardante, et

requerans à tous mercy et pardon. Plus, furent condamnez à faire et édifier une croix de pierre de taille près le lieu où la dite occision fut faicte, avec images proches, représentans ladicte réparation, et telles que lesdits Université, Prieur et Religieux augustins adviserent. Ce qui se void encore aujourd'huy entaillé au coin de leur église, tendant à ladicte rue de Thostel S. Denys, etc. »

Au bas de ce panneau, on reconnaît le pendant du basrelief décrit avec le panneau numéro 1, et appartenant au tombeau du duc Henri de Rohan-Chabot, tiré de l'église des Gélestins.

Premier panneau, à droite.

En haut : Un combat de gladiateurs. Cette sculpture était ainsi décrite sous le numéro 487, dans le catalogue du Musée des Monuments français, depuis Tan YIII jusqu'en 1818: tt Bas-relief, représentant un combat d'athlètes, exécuté en marbre par Legros. Ce morceau vient du cabinet de M. Panckoucke. » Au point de vue du sujet, ce bas-relief est à rapprocher de ceux qui, après avoir fait partie de la collection Borghèse, sont conservés au Louvre, fixés dans le piédestal du Héros combattant et gravés dans Clarac, Mtisée de sculpture^ tome II, pi. 228, n** 362.

A côté, le Temps qui découvre la Vérité^ bas-relief de Frémin et morceau de réception de cet académicien. La sculpture était ainsi cataloguée dès 1714, par Guérin, dans sa Description de V Académie^ p. 84 : « Bas-relief de marbre en demie bosse, de môme grandeur (deux pieds et quatre pouces en quarré), dont le sujet est le Temps qui fait connaître la Vérité. Ce dieu décrépit et fugitif, dont les ailes font connaître la vitesse, et lafaulx, que rien n'échappe à sa puissance, montre cette déesse sous la figure d'une belle femme, nue et encore couchée, qui semble s'éveiller à la clarté d'un nouveau jour. Par un petit génie, qui aide à

FRAGMENT DE LA DÉCORATION DE LA DEUXIEME COUR DE L'ÉCOLE Premier panneaUf à droite*

lever un rideau gui la tenait cachée, le sculpteur a voulu faire remarquer que l'expérience dans les arts, figurée par ce génie, ne contribue pas peu à faire cette utile découverte ; Par M. Frémio (René), né à Paris; reçu académicien le 28 août 1701, élu adjoint professeur le 30 décembre 1706. »

Au milieu, fragments de la chapelle de Commynes, aux Grands-Augustins, Nous en avons parlé précédemment.

Un des deux enfants pleureurs, posés de chaque côté du fronton, offre beaucoup de ressemblance avec un des petits génies placés sur le tombeau de Michel Letellier, à Saint- Gervais, et gravés dans le tome IV, p. 141 , de la Description de Parisj de Piganiol. Cependant, je n'affirme rien. Le numéro 386 du Journal de Lenoir constate que deux petits enfants pleureurs, en marbre, entrèrent le 4 messidor an II, au dépôt des Petits-Augustins, après avoir été tirés de l'église Saint-Paul. Des monuments similaires abondèrent aux Petits-Augustins.

Le bouclier en bronze avait été fondu sur les ordres de Lenoir. Il provient de la décoration appliquée par celui-ci au tombeau de Villiers de l'Isle-Adam. Voyez ci-dessus les numéros IX et X du premier panneau de gauche.

Le délicieux fragment de cadre, décoré de palmettes et placé au-dessous d'un chapiteau sans provenance certaine, a été th-é d'Ecouen. Un autre morceau du môme monument, qui se trouve au Louvre, est gravé dans Clarac, Musée de sculpture^ t. II, pi. 255, et dans Bouillon. Il est encore lithographie et classé au cabinet des Estampes de la Bibliothèque nationale, dans le tome I" delà topographie de Seine-et-Oise, arrondissement de Pontoise.

Le fragment de plafond venant de Gaillon, qu'on voit au bas du panneau, avait été employé par Lenoir à décorer le tombeau de Louis de Poncher, tel qu'il Tavait recomposé. On peut s'en assurer en consultant la planche 98 du tome III du Musée des Monumens français.

FRAGMENT DE LA DÉCORATION DE LA DEUXIÈME COUR DE L'ÉCOLE Deuxième panneau^ à droite.

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