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quelques parties un peu mudiées ; — trois bas-reliefs représentant le Crucifiement^ la Descente de croixy et le Christ au tombeau d'après Raphaël, chacun dans leur caisse, un peu mutilés — le tout venant delà Belgique.»

La provenance indiquée par Naigeon n'était exacte que pour les deux groupes de marbre blanc. Il est bien certain que les trois autres objets, envoyés conjointement par le Muséum, étaient les bas-reliefs de Chartres. Ces sculptures ne furent pas appréciées par les amateurs du temps d'une façon plus avantageuse qu'elles ne l'avaient été par le conservatoire du Muséum. Elles ne trouvèrent pas d'acquéreur. Elles restèrent donc au dépôt jusqu'au moment où, pour s'en débarrasser, on les réexpédia au Louvre. Naigeon a pris soin de constater sur ses registres la remise qu'il en fit au Muséum. Elles y revinrent en effet bien que, dès l'an IX, elles aient été destinées au Musée des Monuments français ainsi que le constate un document :

État des objets de sculpture non placés, qui peuvent être placés soit au Musée central des arts, soit au Musée des Monumens français, soit dans les maisons nationales où qui peuvent rester dans les départemens.

Cet état, demandé par le ministère de l'Intérieur, le 4 brumaire an IX, a été dressé par l'administration du Musée central des Arts et des Monumens français.

Nota. — On n'a point fait mention, dans cet état, des statues, bustes, fragmens antiques, qui sont au Musée central et des Monumens; ces fragmens étant spécialement désignés pour le Musée central :

Un portement de croix. \

Une descente de croix. i Ces cinq bas-reliefs ont été apportés Une' élévation en croix, f de la Belgique et sont d'un sculpteur Une tête de Christ. ( P^u connu, contemporain de Rubens • .

Une Vierge entourée d'une \ Cinq pièces, Mon. français, guirlande. )

1. Même inexactitude que ci-dessus^ venant toujours de Terreur insérée involontairement par Naigeon dans se» registres.

À L*ËCOLE DES BEÂUX-ARTS 189

Ces bas-reliefs ne devaient pas rester définitivement au Louvre. Lenoir les désirait, sans doute, et, en 1807, lé secrétaire des musées impériaux les transmit au conserva-* teur du Musée des^ Monuments français en lui adressant le billet suivant :

J'ai Thonneur de saluer M. Lenoir et lai envoie deux petites têtes qui proviennent des trois bas-reliefs de la Passion qu'il a reçus ce matin et qui lui étaient destinés depuis longtems.

Je prie Monsieur Lenoir de m'adresser un reçu desdits bas-reliefs et de deux autres représentant le Christ et Marie. Je suis son très dévoué serviteur.

Lavallés.

18 mars 1807.

Voici le reçu de Lenoir :

Je soussigné reconnais avoir reçu de M. Lavallée, secrétaire général du Musée Napoléon, trois bas-reliefs en albâtre représentant des sujets de la Passion, et deux en marbre blanc représentant une tête de Christ et de la Vierge, le tout pour être déposé dans le Musée des Monumens français.

Paris, ce 18 mars 1807.

Alexandre Lenoib.

Administrateur du Musée des Monumens français.

Longtemps avant d'avoir reçu ces bas-reliefs, Lenoir les attribuait au sculpteur François Marchanda Deux de ces sculptures occupèrent le numéro 128 du catalogue de 1810. Elles étaient ainsi décrites par Lenoir: Deux bas-reliefs sculptés en albâtre d'après les dessins de Raphaël représentant une Descente de croix et Jésus-Christ portant sa croix.

Près de la porte ouvrant sur la collection des moulages, deux socles ornés de délicates arabesques ont été placés. Ces socles ont été formés par Lenoir à l'aide de fragments sculptés provenant du château de Gaillon.

1. Voyez le Musée des monumens français, 2» édit., t. II, p. 156, et Alexandre Lenoir, son journal et le Musée des monuments, français, t. !•', p. CXXVIII. C'est par erreur que j'ai supposé, en 1878, que ces bas-reliefs étaient dans les chantiers de Saint-Denis, où je n'étais pas encore entrà.

i90 LES DÉBRIS DU MUSÉE DES MONUMENTS FRANÇAIS

On voit encore, dans la chapelle, une petite pierre tumulaire décorée à sa partie supérieure d'un Ecce homo entre deux saints aux pieds desquels une famille est agenouillée. Au-dessus se lit un monogramme gravé sur un écusson. L'inscription, qui accompagnait le basrelief, a disparu. Je crois qu'il faut assimiler ce monument au numéro 334 du catalogue de Lenoir, ainsi décrit dans l'édition de 1810 : « Bas-relief et inscription représentant un Ecce homo. Ouvrage du seizième siècle, curieux pour les costumes de ce tempslà. » Dans un document transmis en 1816 à M. de Yaublanc, Lenoir a ajouté que cette épitaphe provenait du cimetière des Innocents. Cependant, nous ne devons pas oublier que ce motif de décoration était fréquent sur les tombeaux ^ Il ne faut pas identifier le numéro 334 de Lenoir avec le monument de Denis Chouel dont parle M. de Guîlhermy dans ses Inscriptions de la France ^j et qu'il n'a pas pu retrouver au moment de publier son ouvrage, ce Lorsque nous en avons pris copie, il y a plus de trente ans», dit M. de Guilhermy, (d'inscription se trouvait abandonnée connue tant d'autres dans une cour de l'École des Beaux-Arts. » Cette inscription était du dix-huitième siècle. 11 ne faut pas non plus, pensons-nous, identifier le bas-relief de la chapelle, comme l'a fait M. de Guilhermy, avec le monument d'Antoine Grenier, qui datait bien du seizième siècle, mais se trouvait à Saint-Denis quand il fut relevé par l'auteur des Inscriptions de la France.

Les deux génies, dont l'un pose un livre sur la tête de l'autre, proviennent du tombeau factice de M"« de Clermont-Tonnerre, tel que Lenoir, en empruntant quelques

1. M. de Guilhermy a cité un autre Ecce homo qui se trouyait, disait-ii, dans les magasins et chantiers de Saint -Denis. {Les Inscriptions de la France^ t. I«f, p. 692, et Bulletin de la Société des antiquaires de France, 1876, p. 199.)

éléments étrangers au monument primitif, l'avait reconstitué dans le musée des Petits-Augustins, sous le numéro ilS de son catalogue. Nous le voyons gravé dans la planche 128 du tome III du Musée des Monumens français, reproduite ci -dessus, p. 177. Lenoir attribuait ce groupe de génies & Barthélémy Prieur, mais il n'a jamais fourni de preuves de cette invraisemblable attribution.

Noirci par une longue exposition en plein air, un buste de femme en marbre et de travail assez dur, après avoir été fixé jusqu'à ces dernières années sur le revers du portail de Gaillon, est, aujourd'hui, conservé dans la chapelle. Cette pièce ne paraît pas facile à identifier avec les monuments qui ont survécu à la dislocation du Musée des Monuments français. Cependant, sous toutes réserves, je rappellerai que, dans l'édition de son catalogue parue en 181S ou 1816, Lenoir avait rédigé un article ainsi conçu : « N** 414 — de la salle des Antiques. — Le buste en marbre que Ton croit être celui d'Agnès Sorel ou Soreau, maîtresse du roi Charles VU. » Y a-t-il quelque rapport entre le marbre et la description? Je ne puis que poser la question.

Construite par Duban, l'élégante balustrade, qui affecte la forme d'un jubé et coupe en deux le vaisseau de la chapelle, ne doit pas échapper à notre attention. On peut remarquer, sur la porte de cette barrière, un groupe de deux enfants en marbre placés autour d'un cartouche sur lequel est écrit le mot Chariias. Cette sculpture, quoique soustraite par la position qu'elle occupe à tout examen approfondi, présente avec une évidence suffisante les caractères généraux d'une œuvre de l'École de Puget.

Il est nécessaire de reconstituer son histoire et de rétablir sa provenance, car, depuis la fermeture du Musée des PetitS'^Augustins, tous ceux qui ont eu l'occasion d'en par-» 1er se sont trompés sur son identité. Pour éviter toute nou-.

velle confusion à l'avenir, noire démonstration demande à être faite avec rigueur et avec méthode.

Le groupe étudié par nous est absolument distinct de celui qui est au Louvre, quoiqu'il lui ait été assimilé par suite d'une erreur. Le marbre de l'École des Beaux-Arts n'a jamais quitté depuis 1816 l'établissement qui l'abrite encore aujourd'hui. U y est resté depuis la fermeture du Musée des Monuments français où il occupait le numéro S52. Voici la description que Lenoir lui avait consacrée au moment de la suppression de son Musée : « Acquisition faite à un particulier de Toulon. Un groupe d'enfans en marbre blanc sculpté par le célèbre Puget. Ce groupe décoroit une église de Toulon qui a été démolie pendant la Révolution. » Le Catalogue, à partir de 1806, annonçait que l'objet avait été employé par Lenoir à la décoration d'un mausolée factice élevé à la mémoire de Puget.

Nous savons très exactement dans quelles circonstances les deux enfants de marbre étaient entrés au Musée des Monuments français, où ils furent exposés depuis l'an XI S Au commencement de l'an X, c'est-à-dire au mois d'octobre 1801, une pétition tendant à les faire acheter fut adressée au directeur des Petits-Augustins, par une réunion d'artistes, dans les termes suivants : a Au citoyen Lenoir. — Citoyen, nous nous empressons de vous faire part que le citoyen Julien, peintre, vient d'apporter de Toulon un groupe en marbre de deux enfans, exécuté par le célèbre Puget. La vue de ce chef-d'œuvre, un des plus précieux ouvrages du cizeau de cet immortel statuaire et l'admiration profonde dont il nous a pénétrés, nous

1. Oq lit dans la Description historique et chronologique des monuments de sculpture réunis au Musée des Monuments français, 7« édit, an XI, 1803, p. 260 : « N- 552. — De Toulon. — Un groupe d'enfants, en marbre tlanc, exécuté par Pierre Puget. Ce morceau, acheté au citoyen Jullien, est une des plus belles productions de ce sculpteur célèbre : grâce, souplesse et tous les caractères aimables de l'enfance y sont tracés avec beaucoup d'art »

font UQ devoir de vous inviter à en proposer Tacquisition au gouvernement. Il manque à votre intéressante collection, et nous ne doutons pas que le Ministre n'accueille avec bienveillance votre proposition. Le Puget, que la France peut citer avec orgueil et à qui les plus célèbres artistes ses contemporains rendirent les hommages dus à sa supériorité, doit nécessairement occuper une des plus belles places dans le sanctuaire national des Arts. L'on éprouveroit le plus vif regret si, en parcourant Tingénieuse nomenclature des monumens que renferme le Musée confié à vos soins et que nous devons à vos lumières, vous ne rappelez pas le souvenir de ce grand homme en exposant, dans la salle du dix-septième siècle, une brillante production de son rare talent. Le désintéressement du citoyen Julien, qui, à notre sollicitation , offre d'abandonner ce groupe au gouvernement pour la somme de trois mille francs, nous donne la certitude que nos vœux seront satisfaits. Recevez, citoyen, les assurances de notre parfaite considération et de notre sincère amitié. — Pajou. — Renou. — GiRAUD. — Lemot. — Foucou. — Masson. — Blaisë. — Roland. — Julien. — Moitte. — Hocdon. — Uejoux. — F. Le Comte.

La recommandation des plus illustres statuaires du commencement de ce siècle ne fut pas inutile. Le Ministre répondit la lettre suivante à Lenoir, qui lui avait transmis cette pétition en l'appuyant, :

« Paris, le 29 vendémiaire an X de la R. P., le Ministre de l'Intérieur à l'Administrateur du Musée des monumens français. — J'ai reçu avec votre lettre, citoyen, la copie du mémoire dans lequel plusieurs de nos habile^ sculpteurs font l'éloge d'uu groupe de deux enfans, grands comme nature, exécuté en marbre par le Pujet et qu'ils proposent d'acquérir pour le Musée des Monumens français, où ils serviront à l'étude de la sculpture. D'après leur avis et ce

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