PASTELS ET AQUARELLES
S'il est vrai qu'un crayon de pastel peut être un souple et merveilleux instrument entre les doigts d'un peintre intelligent et sensible, Lunois pastelliste semble bien en rang de justifier cette observation.
A sa manière et d'un art aussi attentif au dessin que vibrant de lumière, il continue la tradition française du pastel, du pastel si séduisant, si dangereux, qui ne souffre guère la médiocrité chez l'ar-
tiste et exige de lui autant de savoir que Étude de danseuse. de sentiment, autant de sagacité que de
sincérité. Mais quel charme éprouve le pastelliste à voir surgir du même trait la forme et le contour, à sentir, au moindre frémissement de sa main, à la plus légère émotion de ses nerfs, naître sur la toile, sur le papier, sur le carton, comme un écho de sa vie intime, qui transparaît dans le modelé d'un visage de femme, qui avoue, dans l'atmosphère vaporeuse d'un paysage, le sentiment de l'Homme devant la Nature!...
Il y a une expression passée en cliché chez les critiques d'art, chez les historiens et même chez les simples chroniqueurs : l'on dit, d'un peintre, qu'il brosse « spirituellement » ses tableaux, qu'il sait faire de l'esprit avec ses pinceaux comme de certains auteurs dramatiques ou tels gens de lettres notoires. Mais ne semble-t-il point que l'esprit :
Esprit, raison qui finement s'exprime,
soit, en matière d'art, surtout, indispensable, lorsqu'on se voue à la pratique du pastel?...
Le pastel, moyen d'expression léger, ailé, vaporeux, réclame du goût et du savoir, de l'esprit et du tact. Rien de plus aisé que de sombrer dans le gâchis et la lourdeur!... Prétendant faire régner, autour des êtres et des objets qu'il représente, l'atmosphère créée par l'harmonie de la clarté et des choses, le pastel glisse, enveloppant d'un contour impalpable, et pourtant réel, chair et matière, conférant à ce qui n'est, dans la réalité de la Nature, qu'une forme périssable,
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l'éternité d'un dessin strict et d'un colons baigné de lumière. Et ce dessin, et cette lumière ne sont que du pastel pulvérisé, de par le génie d'un artiste capable d'unir les facultés d'un métier parfait à l'émotion d'un goût cultivé.
Aussi, le pastel convient-il merveilleusement à nos artistes ! Avec les Italiens, Rosalba Carriera en tête, avec les peintres de race latine, les Français sont passés maîtres dans le rayonnement des soleils couchants ou la vision vivante d'un visage mélancolique ou tendre, à qui le pastelliste dérobe, par l'effort d'une observation pénétrante, le secret qu'on dissimule en vain, mais qu'il laisse entrevoir... spirituellement.
Tous les spectacles, toutes les visions aboutissent, en dernière analyse, à la forme, à la couleur, au mouvement, et c'est de la combinaison de ces trois principes essentiels que le pastelliste parvient à produire des harmonies nuancées, susceptibles de caresser nos regards et de produire l'illusion du clairobscur aux tons atténués et transparents.
On imagine donc aisément à quels effets prestigieux le crayon de pastel devait parvenir entre les mains de Lunois. De même qu'il avait résolu de contraindre la pierre lithographique à rendre, dans leur plénitude, les aspects d'aurore et la tombée du soir, il songea à transporter dans le pastel les recherches de lumière, grâce à quoi l'École de Manet renouvelle à jamais l'intelligence de l'Art et de la Beauté.
Et la passion des terres que le soleil baise d'un baiser sans
IO
fin favorisait singulièrement de tels projets. Lunois allait rencontrer, dans les pays où le ciel épand de tous côtés une clarté sans ombre, d'inépuisables motifs, des motifs à des aurores éclatantes de chaleur irradiante, luxuriantes de végétation.
Son crayon de pastelliste ramène paysages et portraits à la vie solaire; ses toiles sont conçues ici, peut-être plus que dans ses peintures, conformément à une gamme de couleurs subordonnée à l'intensité de la lumière solaire ; mais la fougue de l'imagination, le brio du virtuose de la couleur s'arrêtait devant la puissance du savoir technique, toujours soucieux de se maintenir dans le domaine de la sincérité.
Assurément, les pastels de Lunois démontrent à un degré éminent les ressources de sa rare virtuosité, mais la virtuosité sait se soumettre, — quand il importe à la vigilance, qui s'inquiète, d'envelopper gitanos de Grenade ou femmes du Sud-Oranais d'une chaude lumière, sans céder aux fantaisies décevantes suggérées par le ciel immaculé de l'Orient.
Les sentiments qu'inspirent les œuvres de Lunois peintre orientaliste, nous conduisent tout naturellement à remarquer l'influence profonde, singulière que le choix des sujets, le choix des pages exercent sur les créations artistiques. C'est là un fait que nul ne contestera, et qu'au besoin quantité d'exemples puisés dans le cours de l'histoire de l'Art seraient de nature à justifier. Jusqu'à quel point lesdits choix, parallèlement aux recherches techniques, peuvent-ils influer sur un
Manet ou un Delacroix, un Vélasquez ou un Courbet?...
Le problème offre un puissant intérêt. De nos jours où
tant de peintres se hâtent d'acquérir une technique rudimen-
taire pour s'installer dans un genre fructueux et demandé sur
Fillette Arabe (Sud-Oranais).
le marché, il est d'une moralité édifiante de rappeler les efforts laborieux, persévérants et modestes de leurs aînés.
A l'exemple des grands maîtres, Lunois éprouva le sentiment de sa faiblesse devant la Nature vivante. Son ambition visa d'abord à parfaire son éducation technique. Si cet
artiste, d'originalité évidente et d'indépendance réputée, compte dans son œuvre nombre de peintures, de lithographies, d'eaux-fortes, voire de pastels ou d'aquarelles « d'après les Maîtres », comme on dit, c'est que son intelligence affinée avait conscience des étapes à franchir avant de parvenir à l'expansion de son talent.
Ces « copies » imposèrent, au début, une salutaire discipline à ses tendances natives. Plus tard, sa palette se prodigua dans
une vive sensualité de couleurs, mais, si ce résultat fut atteint sans nuire à la valeur du dessin, aux accords de la composition, on en est redevable aux premières années, consacrées à la recherche de nouvelles et surprenantes délicatesses de métier. Afin de faire jouer les flots de lumière irradiante des pays du Sud, afin de fixer, en pleine expansion de réalité, les mouvements rythmiques et harmonieux des gitanas, qui, sur les J v s^ tables des bouges, estrades improvisées,
dansent la « Cachucha », la « Zopateada » ou la « Séguedille ». à la lueur fumeuse des chandelles, Lunois brossa, de verve, maintes études de danseuses espagnoles emportées par le mouvement
Croquis Je danseuse.
de la danse, maintes attitudes de femme arabe ou kabyle, saisie à l'heure de la récolte de l'eau, à l'heure où, dans la région du Sud-Oranais, les femmes se rendent, en troupe, au puits, faire la provision quotidienne; et ces études, ces croquis de peinture s'élaborèrent à coups de couleurs fulgurantes, largement étalées.
L'art libre et jeune de Lunois se réjouissait ainsi de la magie intense des tons en ces contrées ardentes. Sa prédilection pour les terrains brûlés de soleil, pour les paysages aux violentes colorations, inclinait son talent à se saturer de lumière.
Les bords du Zuyderzée, le bourg de Volendam aux pittoresques demeures et aux habitants d'originalité savoureuse, avaient éprouvé les visions de l'artiste. Les tonsllous, mouillés de la Hollande, contribuaient à la naissance d'un aquarelliste averti, et le lithographe d'art, qui avait rénové le métier lithographique, en y donnant droit de cité au lavis, cueillait chez les aimables et gracieuses Hollandaises un sens de poésie intime et de décor aux contours estompés par la brume. Les pays d'Orient lui enseignèrent ensuite la séduction féerique des couleurs.
Et ses efforts tendirent, dès lors, à éterniser une telle séduction, par des moyens d'expression modernes, sans rien de fade ni de grandiloquent. « N a titra duce .' » pouvait dire Lunois, à l'imitation de je ne sais plus quel savant d'autrefois. Lui aussi adoptait en guise de devise : « En prenant la Nature pour guide » !
Ce qu'il rêva désormais de peindre, ce n'étaient point les paysages merveilleux, fruit d'une mémoire imaginative mûrie aux visions des cieux de Séville ou de Tanger, ce furent les aspects variés et constamment changeants de Triana, ce faubourg de Séville, où gitent les « cigarreras », les coins et les recoins de « l'Albaycin » de Grenade, royaume inviolé de Chorrojuno, jadis souverain respecté des gitanos d'Espagne, « descendant des Pharaons d'Egypte » et maître tout-puissant des tribus bohémiennes de la Péninsule Ibérique...
De ses tentatives dans la reproduction des scènes d'Espagne ou de l'Algérie du Sud, il a gardé une vive préférence pour le pastel. Presque toutes ses lithographies polychromes furent primitivement l'objet de compositions traitées avec une suprême maîtrise. Les huit planches de la Corrida, par exemple, offrent une série de tableaux, où le pastel s'écrase, ici, onctueux et profond, là, léger et brillant, pour nous conter, en des tons attirants et diaprés, le divertissement cher aux « afRcionados », dans ses phases successives.
L Appel au taureau , des plus significatifs, donne un exemple achevé du point de perfection auquel parvient Lunois pastelliste. La vie anime l'ensemble de la composition, et le grouillement impatient du public, les « chulos » cherchant à provoquer la fureur de l'animal, les attitudes des divers personnages de la « Cuadrilla » nous offrent une scène vivante, mouvementée, écho fidèle des sentiments d'un spectateur.
Cimetière à Tlemcen (Lithographie originale).
(Collection Alfred Beurdeley.)
De toute évidence, l'art de Lunois pastelliste contraste avec l'art de nos pastellistes contemporains.
Tandis que nombre de favoris de la mode produisent de ces pastels qui « sentent l'huile », pour ainsi dire, l'auteur des Blcs mûrs à Ziatin trace, dans un laisser aller cordial, dans un enivrement de la lumière qui exalte, des tableaux d'un métier libre et vibrant. Sous ses doigts impatients de faire naître l'image, le crayon s'écrase en teintes aveuglantes ou en plans d'ombre, destinés à rendre la trépidation de l'atmosphère au milieu des vagues constructions en pisé jaunâtre, disséminées parmi les oasis sahariennes.
De fréquents séjours en Algérie et au Maroc lui révélèrent quelles nombreuses et inépuisables analyses d'effets lumineux pouvait fournir l'étude attentive et réfléchie des conditions de la lumière et de l'atmosphère, en ces régions où lumière et atmosphère aboutissent à des colorations étranges par leurs excès et souvent d'une fluidité qui nécessite les plus subtiles recherches d'harmonie colorée.
Pour parvenir à tracer les formes des êtres et des objets, sans mollesse aucune, en conservant aux masses et aux silhouettes toute leur solidité native, mais dans l'indécision inévitable des lignes qu'estompent de puissants flots de soleil, l'emploi du pastel était d'une technique supérieure, susceptible de maintenir sur la toile l'éblouissement de tant de séduisantes visions d'Orient, dont les jeux de nuances et les spectacles
inconnus charment nos âmes d'Occidentaux à l'affût de sensations imprévues.
Jusqu'à quel point Lunois fut redevable aux pays du Sud de la conscience de sa vocation de coloriste raffiné et délicat, puissant et subtil, nous le concevons aisément; de même, il nous est particulièrement loisible de distinguer, en lui, le pastelliste capable d'exprimer les vibrations de lumière, de tant de virtuoses du pastel, qui savent assortir les étoffes de brocart et de soie, les ors et les pierreries, 'afin de laisser, d'une Beauté périssable et adulée, l'image somptueuse et sans vie.
11 serait sot de le dissimuler, Lunois, dans ses premières années de production, sacrifia, même dans le pastel, à la tradition de la '< bonne peinture », au sens académique.
11 réunissait, à l'exemple de ses devanciers, la froideur à la correction et s'inquiétait de « faire vrai » , „ ,
1 te m me du Sud.
avant de « faire sincère ». Son Coin de pré, ses Moutons aux champs provoquent des réminiscences de Lhermitte et de Charles Jacques. Pourtant, malgré l'inspiration encore respectueuse des théories d'École, on pressent, dans le souci de la composition et la qualité de la couleur, le talent original et vibrant sur le point de prendre son essor.
Lunois ne tardera point à délaisser les coins de Normandie, les pâturages de l'Orne, pour se vouer presque exclusivement aux Bailarinas Flamencas et aux beautés de 1 Orient méditerranéen, de formes et d'aspects saisissants.
Dans ces pastels, l'investigation ne se portera pas, de méthode systématique, sur les contrastes des régions enchanteresses et des pauvres intérieurs qu'illuminent si bizarrement les reflets de la clarté intense du dehors ; les contrastes surprenants de l'humanité qui se meut dans ce décor flamboyant, solliciteront également le talent et l'observation de l'artiste.
De toutes les jouissances offertes par tant de merveilleux clairs-obscurs, si propres à évoquer le grand nom de Rembrandt, des innombrables figures, yeux de jais à la séduction inexprimable, sous le mystère des voiles féminins, ou musculature bronzée des adultes aux traits d'une régularité de noblesse vigoureuse, Lunois a tiré des vestiges précieux et émouvants, qui perpétueront la torpeur des plaines sous le soleil torride et évoqueront ce souffle de fournaise, sous lequel les femmes arabes et kabyles se livrent, dans les tribus du Sud, aux occu-
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Femmes Arabes en visite (Lithographie en couleurs).
pations quotidiennes de leur existence de ménagères ou d'épouses de chefs.
Aussi n'a-t-il pas reculé devant le détail prosaïque. Le pastel, manié avec fougue, dans l'exaltation d'un rêve d'art, évolue vers le désir de laisser le tableau d'un état de civilisation telle qu'elle se dévoile aux yeux du voyageur. Aux préoccupations de l'artiste se joignent désormais les curiosités insatiables de l'orientaliste, heureux de rencontrer dans le pastel le souple et merveilleux instrument qui traduira, avec intensité et vérité, les décors et les mœurs, les paysages et les créatures...
Une loi générale tend progressivement à régenter en matière d'art, comme dans le domaine des diverses sciences : devant la multiplicité et la complexité croissante de nos connaissances, il convient de circonscrire ses efforts dans le dessein de pouvoir satisfaire notre besoin de vérité. Inconsciemment, Lunois, comme tant d'autres, obéit à cette loi ; ses pastels aussi bien que ses peintures, ses lithographies aussi bien que ses dessins, se présentent à l'égal de notations scrupuleuses, véridiques, colorées de couleurs pittoresques, de mœurs locales, de types originaux et curieux propres à certaines régions d Espagne, particuliers aux pays musulmans où il a promené sa curiosité, à l'exclusion des autres contrées qu'il visitera dans l'avenir.
En Hollande, ou dans les terres septentrionales, dont la végétation verdoyante se détache avec un éclat vif sous la
Le Fjord, Norvège (Pastel).
pure atmosphère du nord, son œil de coloriste conduit encore davantage, s'il est possible, d'instinct, l'artiste — et qui l'en blâmerait — à délaisser le point de vue général pour le point de vue local.
Ce point de vue local rencontre un merveilleux moyen d'expression dans le pastel, quand les contrées de soleil sont en jeu. S'il s'agit de rendre rapidement, sincèrement, soigneusement, des paysages de brumes, des visions d'eau et de verdure humide, les touches prestes de l'aquarelle notent de préférence le nuage qui passe dans le ciel de Hollande, aux tons lavés, aux lumières atténuées, dont le charme s'épand en des intérieurs proprets. Les végétations aux colorations crues sous l'atmosphère Scandinave réclament également la peinture à l'eau.
Pour les pays aux aspects de contours indécis, l'aquarelle est la suprême méthode d'expression. Ressource précieuse pour l'artiste en déplacement, elle l'aide à fixer, sans repentir, l'impression ressentie.
La valeur de l'exécution dans le pastel oblige à un travail plus considérable que dans l'aquarelle. L'aquarelle, pour Lunois comme pour bien d'autres artistes de notre temps, sert de préparation à des œuvres plus importantes ; et telle maquette, telle esquisse, tracée ainsi, dans l'instantanéité du sentiment, s'est trouvée jouir des effets véridiques et captivants, refusés à l'œuvre finale élaborée dans la tranquillité et les loisirs de l'ate-
lier. Avec une verve éprise du décor de ces nuages se profilant, au-dessus des lacs de Suède ou des bourgs de Hollande, Lunois
Fillette du Sud-Oranais.
lava de nombreuses aquarelles dispersées aujourd'hui dans nombre de Collections célèbres : intérieurs norvégiens, vues
de ports suédois ou danois, figures de pêcheurs de Volendam ou d'habitants de la douce Hollande qui avaient ravi ses regards au cours de ses voyages de 189 1 . . .
La suprême intelligence de l'artiste fut d'approprier, à la nature du paysage traité, les moyens d'expression. Aux visions d'Orient de lumière aveuglante convenait le pastel, le crayon de pastel, qui volatilise en une poussière d'or, les rayonnements solaires, qui parsème de nuances tendres, de tons atténués, les crépuscules. L'aquarelle sert à merveille pour les visions de pays humides, où les nuages courent sous le vent. où les herbages lavés de pluies récentes revêtent des verdures fraîches et comme récemment arrosées.
A l'aquarelle si étonnamment vivace dans la représentation des paysages septentrionaux, paraît répondre cette lithographie au lavis, toute en demi-teintes, où la sensation se combine avec l'impression de manière saisissante ; le pastel prépare et amènera la lithographie en couleurs, qui fixe le souvenir des divertissements fougueux et sanguinaires de l'Espagne, qui nous transmet l'image vivante, pleine de l'ivresse du soleil, des mœurs arabes, des mœurs kabyles, de toute cette existence sudoranaise que Lunois a vécue pour la mieux comprendre et produire des œuvres propres à l'enchantement de nos imaginations d'occidentaux embrumés, attristés...
Dans l'Œuvre de Lunois, le pastel tient une place de premier rang. Nulle analogie avec les praticiens de la Société
des Pastellistes français! Lunois se montre, ici encore, l'indépendant irréductible, le « sauvage », dont la sincérité et la sensibilité personnelles, constituent les seules règles. Lunois pastelliste comme Lunois lithographe ou peintre ignore la mode et ses exigences. Ses pastels procèdent dune inspiration toute spontanée.
Le contraste de cet art libre et vibrant avec Fart des Thévenet, des Carrier-Belleuse, des Léandre est éclatant. C'est la reproduction, sans apprêt, de la vie surprise en pleine activité, sans concession, sans fadeur, dans la fougue de l'impression primitive.
Aussi Lunois pastelliste répudie les artifices mièvres, les complications inutiles, tout ce qui permet aux peintres, adoptés par la vogue mondaine, des toiles traitées dans une tonalité factice, dépourvues d'accent personnel et de séduction robuste...
Le pastel de Lunois se présente aux suffrages des amateurs, s'impose à notre sentiment comme une œuvre traitée d'une technique savante, franche, nourrie de tons renforcés quand il importe de rendre l'intensité de la lumière, doucement, délicatement velouté, lorsque le calme de l'heure enveloppe toutes choses des ombres du crépuscule.
Croquis de Danseuse.