SBJOIJBS AUX BAINS. TRAVAIL INTÉRIEUR
ioiiDaires ; U nous a raconté leur commeree de croix de cuivre , gui leur a valu plusieurs milliers de francs, leur débit de ( livres dévots et de cantiques, le sacrifice qu'ils ont exigé de leurs convertis d'un Voltaire complet dont ils lui ont scru-^ yMment renvoyé toutes les couvertures, les ruses qu'ils emflt pour amener à se confesser dans les temples ceux qui traient bien ne le faire qu'à huis clos, l'empire qu'ils exer^ gor des employés publics et des militaires, à qui ils impo' des habitudes religieuses dont ces gens-là croyaient avoir lé le joug pour jamais, enfin la plantation de la croix, pom^ e et ridicule mascarade.
An reste le reproche le plus grave que faisait M. X. aux ioonaires, c'est d'avoir fait déserter les bals et les concerts, apercevais un effet bien plus fâcheux dans le scandale qui Hait pour les faibles d'une semblable défiguration de la re-^ ■^^ Est-ce là, en effet, cette religion grave et touchante qui reol essentiellement au cœur, et qui pense n'avoir rien fait id elle ne l'a pas touché; cette religion qui en appelle à la ■I» qui ne nous permet pas de rien admettre sans preuves, et ftil résulter son triomphe de l'assentiment complet de toutes iMoltés ? Est-ce là l'adoration en esprit et en vérité? M. X. bli ocmvenir de la justesse de ces observations, et, comme * les appuyer, il revint à la charge sur les missionnaires, et éprit l'analyse du sermon de l'un d'eux sur la résurrection de »Christ. U s'égaya sur les arguments du prédicateur, qui les mêmes que ceux de Saurin, et je vis par là que ce n'é- II pas les superstitions romaines seules qui provoquaient indignation, mais que les miracles en général lui semblaient me on malheureux surrogat venant se mêler à la morale de ingile, qu'il loue comme tout le monde. C'est une chose qui frappé que la plupart des catholiques que j'ai rencontrés, ne Bt en nous autres protestants que des gens de bon sens, dont rait temps d'imiter la hardiesse, qui ont su séparer l'ivraie du pain, c'est-à-dire qui ont, dans l'Evangile, pris la morale et
ifÈ CHAPITRE YI
laissé le dogme. Et cette opinion est celle de bien des protestants mal instruits. Ces personnes paraissent croire qa*il n'y a gue le dogme de difficile à accepter, et qu'il y a tout plaisir à adopter la morale évangélique. Us pensent être capables de tout faire pourra qu'on les dispense de rien croire. Mais s'ils ne confondaient pas la morale évangélique avec la morale vulgaire du monde, 8*S8 savaient bien quelle est l'infinie pureté de la loi du Nouveaa Testament, ils pourraient peut-être faire un meilleur marché en acceptant le dogme et laissant la morale. Malheureusement il est aussi inutile de confesser les mystères sans se charger des devoirs, qu'il est impossible de s'imposer les devoirs sans adhérer aux mystères. H y a union intime entre ces deux parties du système évangélique. Les dogmes ne sont là que pour engendrer la morale évangélique, qui n'existe, telle qu'elle est, qu'en vertu des dogmes....
» Je crus devoir à mes compagnes et à moi-môme, et surtout à M. X., de lui faire sentir que je n'entrais pas dans ses vues, et que si j'avais à reprendre quelque chose au sermon du misskmnaire ce n'était pas d'avoir employé des arguments dont la sdidité est reconnue depuis longtemps, mais de n'avoir pas senti <}u'il pouvait ofirir à ses auditeurs quelque chose de plus directement édifiant que cette discussion historique. Cette observation â eu l'avantage de faire connaître mes sentiments à mon CGOir pagnon de voyage, et d'écarter pour quelque temps un suj^ de conversation auquel, pour plus d'une raison, j'en eusse préféré d'autres.
» A Altkirch nous nous sommes séparés de notre amie avec bien du regret. C'est de ce moment que nous avons cru avoir quitté notre pays. Nous rompions le dernier fil qui nous y rete* nait.... La route d'Altkirch à Belfort est agréable, sans offirir beaucoup d'objets à la curiosité, à l'exception du ^anal, que nom avons longé quelque temps et dont nous avons exammé d'un pea loin les écluses.... De Belfort à Besançon nous avons fait voiture pleine. La compagnie s'est augmentée d'un négociant de Lyon,