‹ Alexandre VinetChapitre 14 sur 41 · SBIOURS AUX BAINS. TRAVAIL INTÉRIEUR · texte numérisé non relu

SBIOURS AUX BAINS. TRAVAIL INTÉRIEUR

que je posse me renfermer dans m<Ni intérieur, et nos progrès à tous dans la connaissance de la vérité souffraient d'un eanuct qui était toujours sur le point de devenir un frottement. Toules ces raisons m*ont déterminé à proposer un changement de reUtioiis, qui a eu lieu. Notre ami a cessé d*être notre hôte; mais fl est resté notre ami; il est même remarquable que jamais il n'y a eu plus d'union et plus de contentement mutuel que de puis lors; cet événement a resserré des liens qu'il semblait devoir briser^ Yoilày mon bon ami, une longue et ennuyeuse histoire, dont poortant ta me sauras gré; elle te montre que je suis bien peu aTaœé dans la charité et la patience chrétiennes, puisqu'il me bol encore des sympathies naturelles pour vivre avec les gens, H ta serais encore bien plus étonné si tu connaissais l'admirable caractère de cet homme, qui est, si j'ose m'exprimer ainsi, un des plus beaux produits du christianisme; cela pourrait te conduire à la cause générale du malaise et des émotions dont je t'ai parié dans ma dernière lettre; cette cause est assurément le manque de foi; jamais je n'ai mieux saisi le système du christianisme; jamais je n'ai été plus convaincu de Yindispensabili'iétiàelà, grandeur des bienfaits qu'il nous offre; j'ai fait dans cène qibète de grands progrès, dont je pourrai un jour te rendre compte; mais le mal est que je n'ai pas de cœur; et je suis kailé de croire que dans mille occasions où mon cœur semble parier^ c'est l'imagination qui parle pour lui, en sorte que j'ai gnnd'raison de demander à Dieu un cœur de chair, car le mien stsnMe de pierre. Cependant^ mon bon ami, tu ne te trompes pas lorsque, dans ton excellente lettre du 9 mars, tu supposes que mes désirs sont impatients et que je ne sais pas apprécier ce que je possède. Je suppose, et c'est aussi l'opinion de Sophie, qu'en disant cela tu as en Mie les biens spirituels; et en ce cas tu me rends le service de me faire penser qu'il y a de l'ingratitude de ma part à oublier que j'ai été lentement, mais d'autant plus sdrement, conduit à l'intelligence de la vérité qui affranchit, et 4|iie ce d^gré de lumière que j'ai obtenu est un grand bienfait

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qui doit m*en fSaire espérer un plus grand encore; je veux donc me fixer sur cette idée et, en me rappelant dans quelle ignorance j*ai longtemps vécu, me féliciter devant Dieu de cet ensemUe plein de cohérence et de force avec lequel la vérité évangélique se présente à moi K »

Cette séparation, quoique adoucie par un esprit de mutuelle chanté^ pesa cruellement sur la conscience de Vinet. On a retrouvé parmi ses papiers une note en chifi&*es relative à cet incident. Elle porte : < J'ai prié mon hôte de prendre un autre logement, n a parfaitement reçu ma communication, qui n*a pu manquer de lui être désagréable. J'ai reconnu l'esprit de douceur et de bonté que donne le christianisme solide. Sa foi lui dcMine une étonnante perfection. Maintenant je tremble devant ce que j'ai fait. J'ai été injuste, dissimulé, impatient, dur, égoïste. J'ai peur de moi-même. Il n'en est pas responsable, n aurait voulu me faire autant de bien que je me suis fait de mal.... Mon Père, aie pitié de ton enfant' I »

* Lettre du 27 mars 1826.

* 11 convient de mettre en regard de ces citations quelques lignes de la première lettre que M. Grandpierre écrivit k Vinet après avoir quitté Bâle, ce qui arriva peu de temps après. « Que je suis heureux d*avoir la plume en main pour vous écrire ! Je l'ai déjà désiré tant de fois. Oh ! oui, je puis bien dire que, dans ces quinze derniers jours surtout , je ne me suis pas mis une seule fois k l'ouvrage sans gémir d'être empêché de satisfaire le besoin pressant que j'avais de venir vous dire un petit mot d'amitié et de causer un moment avec vous. Je vous salue donc, cher, très cher and, vous et toute votre chère famille ; je vous souhaite paix et bénédiction de la part de Dieu, et je viens vous assurer que votre hôte de ci-devant ne vous a point oubliés au milieu de la grande et tumultueuse ville dô Paris. Mon cœur est toujours sensible, et à présent plus encore que jamais, k cette amitié si vive et si sincère que j'ai trouvée chez vous, k cette cordialité avec laquelle j'y ai été reçu, k ces bons offices que vous m'avez rendus et k tout le bien que vous m'avez £eiit. Je voudrais être un jour en état de vous

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Ces fragments nous mcmtrent Vinet de noareaa aux prises* svee sa ocmsciencey et engagé pour la troisième fois dans une de ees crises int^ienres dont nous retrouverons d'autres exemples dans sa vie. Sa plainte est toujours la même. H se sent inférieur à lldéal qu'il poursuit, et il s'accuse d'être plus chrétien d'ima^ ginalkn et de pensée que de cœur. C'est dans une lettre du 16 déeembre 1825, celle où il annonçait à son ami Leresche qu'il aiaît enfin terminé son mémoire, qu'on voit apparaître la pre^ mière trace de cette recrudescence d'émotions et d'agitations de eonseience. Peut-être cette coïncidence n'est-elle pas fortuite r fl n'est pœnt rare, en effet, que les âmes sensibles, dont la vie est tome intérieure, se replient avec plus d'anxiété sur elles-mêmes après on travail qui les a pour un temps excitées et passionnées^^ Un noQveaa journal, plus riche que le premier, va nous per-

témoîgner par des faits ma vive et profonde reconnaissance ; mais je rougis en pensant qu'alors qne roccasion m'en était offerte je m'en ai pas profité. Qnand je me rappelle que pendant plus de trait ans que j'ai été avec vous, je ne vous ai pas soulagé une aeok fini dans vos pénibles fonctions, et cela dans le temps que je TOUS TOjais souffrant et abattu, j'en demeure confus au delà de tout et qoe je puis dire, et je me demande comment j'ai pu être asse^ lâche pour laisser ma conscience se charger d*une pareille ingratitode, j*ai presque dit d'une telle injustice. Et cependant vousr tout malade, tout souffrant que vous étiez, que de fois ne m'avez- Toos pas prévenu, et ne vous êtes-vous pas chargé de mes fonctions avec la plus noble générosité !.... Recevez donc ici la confesnon pleine et franche que je vous fais de mon indigne conduite TÎs-à-Tis de vous. Certes, il vous a fallu une grande charité pour ub point vous lasser de moi, et votre christianisme me paraît bien finri et bien élevé quand ie réfléchis qu'il vous a rendu capablenott-seaiement de me supporter, mais encore de m*aimer et de me combler de tant de marques de votre amitié! Pour preuve que TOUS m'aimez encore, écrivez-moi, ne fût-ce qu*une ligne.... » etc. (2 mars 1827.)

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mettre de le suivre dans cette période d'élaboration morale et d'intime rénovation.

Après les bains de Cette, on voulut essayer des eaux de Louéche, en Valais, où devait se rendre aussi le beau-père de Vinet, qui était en même temps son oncle. Pendant que Vinet prenait la route de cette solitude alpestre, M"» Vinet prenait celle de Dieppe, où les médecins envoyaient une de ses amies, gravement malade, sans appui ni secours, qui ne pouvait se passer de soins de tous les instants, et à qui Ton avait inutilement cherché une compagne. M"* Vinet, voyant d'un côté une amie dans la détresse et dans rimpossibilité de se suffire à elle-même, de l'autre son mari lAm accompagné, n'ayant d'ailleurs pas besoin de soins exceptionnels, avait cru devoir se dévouer. Ne s'étaient-ils pas promis, elle et loi, peu de temps avant leur mariage, de ne point se faire un bonheur égoïste?

Des deux côtés le voyage fut heureux. Aucun incident notable ne signala celui de Vinet; il n'en eut pas moins occasion de dure en chemin plus d'une réflexion ; la suivante mérite d'être rapportée. < En approchant de Sion, un échafaud placé au bord de la route frappe mes yeux; je les détourne ; ils tombent sur une croix placée à l'autre bord, de telle sorte que l'œil du condamné la rencontre nécessairement. Ce monument de la miséricorde divine vis-à-vis de celui de la justice humaine m'a vivement ému, et l'application ne m'a pas manqué. Cette croix est élevée en faveur ■de nous tous, et ne sommes-nous pas tous sur les marches de l'échafaud ? »

Pendant son séjour à Louëche, Vinet écrivit, sous la forme de lettres à sa femme, un journal de ses impressions, de sa santé et de ses moindres faits et gestes. Il n'en a été conservé que quelques fragments copiés , que nous reproduisons presque m ecdenso.

« 2 Juûlet. -^^ouis voici à Louëche, c'est-à-dire dans un village bâti en bois, à l'exception de deux maisons en pierre, iounédiatement au-dessous de la Gemmi, qu'on peut se représenter comme

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on prodigieiix mur en pierres de taille, revêtu de créneaux gigantesques. On vous dit : « C'est par là qu'on va dans le canton de • Berne. — Avec des ailes, sans doute? — Non, avec des mulets. » La tête tourne d'y penser seulement. De l'autre côté du village s'éteodent de ton belles jNrairies dont les sentiers conduisent à des montagnes toutes blanches de neige, ainsi qu'à un beau glacier que j'irais sûrement voir si j'étais assez fort. Je me contente d'en fftatfmplpr de loin l'immense surface, d'un blanc légèrement anré et brillant; cet aspect lointain a quelque chose de sublime, qui fiiit rêver. Toutes ces hcurreurs sont magnifiques. Passons à d'antres tiorreurs, je veux dire à notre gîte. Nous arrivons à une maison de bois; c'est là que mon oncle a logé il y a deux ans, j'y renx loger avec luL J'entre courageusement, et, pour faire connissaDce, je commence par me cogner trois fois la tête aux cor- Biches des portes, qui n'ont guère que la moitié de ma hauteur. A Uavers on dédale obscur, nous parvenons à une chambre où il y a plaee pour deux lits, une chaise et une table, le tout bout à bout. La fenêtre donne sur une maison dont je puis presque toucher le toit avec ma canne. Cependant j'ai sur la gauche une échappée sur une croupe de montagne. Mon oncle en prend son parti, tout eoane aossi de la mauvaise humeur que je n'ai pu m'empécher de montrer en entrant dans cette caverne, n a été parfait; il a lool fût pour adoucir cette impression; il trouve son compte à habiter cette maison, qui est la moins chère; il m'engageait à prendre mon gite ailleurs; mais comment l'aurais-je quitté? Ses bontés poor moi me feront facilement oublier ces désagréments. On mange à table d'hôte; elle est nombreuse et certainement honnête; mais ce sont tous des gens incultes; je ne saurais avec qui, ni pourquoi, ni comment lier conversation. Je me ferai à tout cela. • 2 juillet. — J'ai réfléchi au déplaisir que j'ai éprouvé; une partie tient à la vanité; je me sens humilié de vivre avec des gens de bas étage, comme s'il y en avait pour le chrétien. Quant à la grossièreté des manières et à la rudesse du langage, elles ont pour on bomme cultivé quelque chose de réellement repoussant. A

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côté de cela, c'est peu de chose que d'avoir des cuillers de i^mb et de manger des beignets aux raves..... »

Au milieu de cette foule médiocrement attrayante, Vinet distingua peu à peu quelques personnes, entre autres une jeune Bernoise, de Frutigen, c Tair le plus intéressant, écrit-il à sa femme, les meilleures manières, la voix douce, et, à ce qu'il nous a para, des sentiments religieux; nous cultiverons la cormaùsctnce. Ima* gine-toi une petite paysanne qui fait ses délices du Télémaque et de M** de Sévigné. Je lui dis que cette dernière aimait trop sa fille. — Je ne le crois pas, dit-elle, ma mère m'aime autant — Et votre mère aime-t-elle également ses autres enfants? — Elle répondit : Oui. — Son cœur s'était tout remué en parlant de oeUL. Mais, hélas 1 elle part lundi, et nous serons en Ostrogothie

» 8 juQlet. — Je suis incapable de rien faire aujourd'hui. Dieu nous soit en aide !

» 9 jt^zïïe^.— Dieu merci, il y a moins de mal que je ne pensais. Hier, ayant rencontré M. Gay, le médecin des bains, je l'aboidai. Il me dit qu'il se rendait chez moi. Je vis avec plaisir qu'il avait réfléchi sur mon état, et non d'une manière superficielle. Mais un hasard, quoiqu'il n'y ait point de hasard, l'empôcha d'entrer ches moi. Je restai livré à de tristes craintes ^ Je tournai mon âme à Dieu, ou plutôt il la tourna à lui, et je m'endormis tranquille. Ce matin, dimanche, j'ai lu plusieurs psaumes, qui m'ont MX du bien. Mon âme s'est un peu rassise. Enfin M. Gay est venu ce soir, et a jugé que sa conjecture était fondée; mais il n'a pas paru voir de la gravité dans le cas; il m'a dit que je trouverai ici le remède, et m'a quitté un peu rassuré. Ce n'est point sans firuit ni sans but que cette visite a été retardée.

» Nous avons fait cette après-midi une promenade du côté de la Genmii avec des baigneuses valaisannes. Je leur ai lu mon dialogue dont la scène se passe aux lieux mômes où nous étions*. Jugez de

* Yinet craignait une complication qui eût été &tale.

* Le dialogue en question est intittdé : Promenade aux environs de Louëche, C'est une sorte de traité contre Thabitade de prendre

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rimpresskm qu'a faite cette circonstance. Le fond du dialogue n'en % pas moins produit. Je l'ai la d'une manière animée et familière, si Uea qu'à l'endroit où le principal personnage dit: c Gela n'est- > il pis vrai ? « une jeune fille s'est écriée : t Ohl oui, monsieur, » e'esl bien vrai ! » Elles ont demandé à mon oncle si je ne voudrais pas leur fiûre quelque lecture d'édification le dimanche. Observe que ee sont des catholiques.

» 10 juillet. — J'ai réfléchi sur ce qui me porte dans l'occasion à répandre les ventés évangéliques. Je suis bien loin d'agir par le ^naàpe d'an véritable amour pour Dieu et d'une véritable chargé poor les hommes. Je crains d'être, passe-moi la comparaison, comme l'ânesse du prophète, ou comme ces verres qui consument sans avoir en eux de chaleur. Mais, quoi qu'il en soit, il faut bénir Dien de l'impulsion qu'il me communique et le prier de l'épurer.

> Pli été voir, à midi, des sources d'eau thermale au-dessus du ïiUage^ Noos nous trouvons au milieu des plus belles prairies que j'aie Jamais vues... Ici et là, quelques maisons de bois, fenils, baîM^ se mcmtrent sur ces prairies vingt fois ondoyantes, comme û te vagues s'étaient pétrifiées au moment de leur foreur. Le Doos raiHOTOche bientôt de la Dala, torrent qui vient des da même nom et qui roule ses eaux gris de fer et sa lnlaoebe écume sur d'innombrables quartiers de roche. Une quantité d'artires ornent ces bords précipiteux, que tapisse partout on beau géranium à fleurs bleues. Un peu plus haut, toujours sur les bords de la Dala, un monticule v^ que perce en quelques endroits une pointe de rocher, et que surmonte une simple croix

le nom de Dieu en yain. Il parut en 1826. On Ta dès lors réimprimé dans le volume des Méditations évangéliques. Il ne figura pas d^bord dans les publications de la Société des traités religieux. Pour rendre plus saillant le défaut qu'il voulait combattre, Taul'avait mis en action. Cette forme dramatique, qui fait justeit rintérèt et la force du traité, alarma la conscience de quelques-unes des personnes chargées d*examiner les publications proposées.

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de bois, se présente à nos yeux. Noos y montons, et peu au-dessous du sommet nous trouvons un petit filet d*eau qui rougit le sol qu'elle a creusé. C'est l'eau thermale de Louêche. Nous faisons le tour du monticule. Partout suinte l'eau minérale; derrière sont deux sources assez abondantes, dont chacune forme un tout petit bassin; l'eau se répand tout à l'entour, et, à quelques pas de l'éminence, on voit sourdre encore une de ces fontaines bienfaisantes; en un mot, le sol en est comme marécageux; on ne M rien de ces sources; l'eau ne jaillit point, elle s'échappe des pores de la terre et n'indique sa sortie que par de petites bulles d'air.

> Il y a dans chaque chose une circonstance petite ou grande, qui fait le plus d'impression; les bulles d'air, seules traces d'une activité intérieure, me montraient une main divine, fournissant sans relâche et sans mesure le remède qu'on vient chercher de si loin, et c'est une solitude presque inaccessible, découverte par de« chasseurs, qui recèle ce trésor! J'étais ému jusqu'aux larmes.

» i2 juillet. — J'ai fait proposer aux protestants de se réunir dimanche prochain pour la célébration du culte. Je lirai un chapitre de rtevangile et ferai quelques réflexions. Notre carré se vide de bonne compagnie et se remplit de mauvaise. J'ai grande envie de déserter à l'autre. La bergère de Frutigen est partie, et nous nous sommes écriés :

Un seul être nous manque et tout est dépeuplé.

> Le temps passe assez vite; cependant il me semble qu'il y a une année que j'ai quitté Bâle. Je cherche à me représenter mes chers enfants, et leur image m'échappe... Curieuse chose que ces carrés! Chacun choisit le sien; mais la société est très mêlée... Chaque jour un nouveau venu apparaît, chaque jour aussi l'on fait des pertes; c'est une image de la vie, avec cette différence qu'on quitte les bains quand la cure est finie et la vie quand on ne voudrait pas. Nous sommes très gais. La galanterie de mon vieil ami fait entre nous un sujet inépuisable de bonnes plaisanteries.

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