‹ Alexandre VinetChapitre 28 sur 41 · SECOND CONCOURS. OCCUPATIONS. ACCIDENT · texte numérisé non relu

SECOND CONCOURS. OCCUPATIONS. ACCIDENT

du protestantisine; mais elle fut trop longue et se compliqua d'éléments trop divers pour qu'il nous soit possible d'en donner ici qo^qae idée; aussi ne la mentionnons-nous que pour mémoire, et afin d'en détacher quelques lignes qui font voir les perplexités de Ylnet en présence de ces œuvres sans nombre qui venaient compfiqoer sa vie. < S'il répond à M. l'abbé de Baudry, dit-il dans une longoe lettre venant après plusieurs autres, tant publiques que puticulières, c'est, d'un côté, par un principe de civilité chrétienne et par un sentiment de respect, et, de l'autre, parce qu'il tient à montrer, sinon qu'il a raison, du moins qu'il est convaincu, et qa'il n'est point protestant par hasard et sans savoir pourquoi. Tout le monde sait que la controverse que M. de Baudry a soulevée au miheu de nous, n'aurait point de fin si la fatigue et les cnpéchemenls extérieurs n'intervenaient. Les lignes qu'on va lire ■e sont donc pas destinées à Zzer la partie avec notre honorable correqmndant, mais seulement à montrer que, si l'on résiste aux tonmiations de sa charité et si l'on ne passe point dans l'église catholique, on n'est pas uniquement retenu par des intérêts et des préjugés, mais par des principes. Cette exposition, faite une fois, n*aura pas besoin d'être répétée; d'ailleurs des devoirs prochains et nombreux interdisent absolument à l'auteur de s'engager plus avant dans une controverse qu'il n'a du reste provoquée en aucune façon. » Mais tout en s'excusant de ne pas lier la partie, il répond, et si longuement que sa lettre devient un article, presque on traité, car à mesure qu'il avance, il voit les questions se multiplier, et il ne résiste pas au désir de s'expliquer entièrement; pois, la réponse achevée, il se rappelle un mot qui s'y est ghssé et qui, il le craint, peut avoir été mal interprété par son adversaire ; aussitôt il reprend la plume, et voilà des explications nouvelles, presque aussi abondantes que les premières. Respectables scrupules! C'est par conscience qu'à certains moments l'activité de Vinet semble s'éparpiller et se perdre comme un fleuve dans les sables, en mille filets divergents; les saints scrupules de la charité ne lui permirent jamais d'élever une barrière

autour de lui et de concentrer son travail en fermant sa porte et s'isolant *.

Vinet, d'ailleurs, continuait à s'intéresser aux affaires ecclésiastiques de son pays, lesquelles continuaient, de leur côté, à soale* Ter des discussions aussi fatigantes que compliquées, et quoiqu'il n'attendît pas de grands résultats des conférences incessantes qui avaient lieu enlre pasteurs et des projets qui y étaient discales, il ne laissait pas d'y prendre encore une certaine part. Tout dégoûté qu'il fût de disputes inextricables, il y revenait toujours, entraîné par les autres, entraîné par lui-même et par son attadiement pour une église qui était encore la sienne, et qu'il souffrait de voir dans une si fausse position. « Si toutes les conversations

* Nous croyons utile de détacher ici, en note, une page de cette controverse, dans laquelle Vinet explique avec plus de clarté peut-être que partout ailleurs sa position relativement an catholicisme : « Nous n'aimons pas qu'on dise que le protestantisme a succédé au catholicisme; nous ne voulons pas qu'on proclame en son nom nuls et non avenus les quinze siècles qui ont précédé la réforme. Ce qui a existé pendant ces quinze siècles et ce que la réformation n'a pas interrompu, c'est Téglise chrétienne, qui noua appartient et à qui nous appartenons, en tant que nous sommes chrétiens. Nous avons droit, comme tels, de réclamer Chrysostomet Basile, Augustin, Bernard. Ce que nous nions, ce n'est pas enx, ni cette église où ils ont brillé comme des flambeaux; ce serait nous nier nous-mêmes. Qu'on s'entende une fois : nous ne niona que le principe qu'on a imposé k cette église et soos leqnel pendant si longtemps elle a haleté. Comme chrétienne, c'est-lb-dire comme libre, puisque le christianisme est une sainte liberté, cette église a porté de beaux fruits, elle en porte encore, et le principe de vérité et de liberté dont on n'a pas pu entièrement la dépouiller n'a pas péri sous les coups que lui portait sans cesse un déplorable système. Mais ce système n'en a pas moins fait des maux infinis, et c'est pourquoi, en nous unissant de cœur k tout ce qa*û y a eu, à tout ce qu'il y a de chrétien dans le cercle oh ce système domine encore, nous sentons que nous lui devons, comme chré-

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