‹ Alexandre VinetChapitre 29 sur 41 · SECOND CONCOURS. OCCUPATIONS. ACCIDENT · texte numérisé non relu

SECOND CONCOURS. OCCUPATIONS. ACCIDENT

ii*étaîent pas infectées de politique, écrivait-il à sa sœur, j*aimerais fan la société de Lausanne. Mais réellement c'est une chose odieuse qœ cette politique, surtout quand elle se complique de religion. Les esprits, sur ce dernier point, sont bien plus irrités que lors de la loi du 20 mai. La haine du Réveil ne s'arrête pas aux dissidents, ne songe pas même à eux; ce prétexte lui manquant, on voit à nu ce qu'elle hait et ce qu'elle veut.... Jamais le clergé n'a été si peu populaire, si attaqué, si mal et si peu défendu. J'y vois un signe que l'église, ou la religion, fera ses affaires elle*méme. Le clergé ne peut les faire. Il ne sera jamais le point de départ ni le point d'appui d'aucun mouvement généreux. — Rappelle-toi ce que je te dis. — Je serai heureux si l'événement vient me démentir. Quel-

tiflu, une haine irréconciliable. C'est contre ce système qne nous protestons, et c'est dans ce sens que nous soimnes protestants. Nous dëéaToaons le principe romain pour avoir intercepté, autant qu'il était en lui, le rayon lumineux et pur qui, du trône adorable de Dieu, était venu chercher Thumanité, et dans Thumanité chacun des fils d*Adam. Nous le désavouons et le repoussons pour avoir, à titre d'interprétation, altéré le divin document dont il dit avoir la garde, retranchant et ajoutant tour à tour, et contredisant de la manière la plus directe et la plus flagrante les enseignements de cette Parole, en sorte que, pour dérober au jugement de la oonscience humaine ces altérations multipliées, il a été réduit h interdire an peuple la lecture de la Parole de Dieu, qu'il a dû faire un dogme de cette interdiction, que, par principe même de religion, le fidèle catholique doit se tenir éloigné des sources de sa religion, que le prêtre s'est mis en lieu et place de la Parole de Diea, et que la croyance au prêtre est toute la religion du catholique. Nous désavouons le principe romain, parce que, avec une rare perfidie, il a inventé la tradition pour s'en servir contre la tradition même, anéantissant d'autorité ce que l'autorité apostolique avait clairement établi, annulant par des décrets successifs la glorieuse liberté des enfants de Dieu et donnant pour héritière k la théocratie juive, qu*il n*a pas voulu rétablir, je ne sais quelle théocratie boiteuse et b&tarde, où, k l'inverse de ce qui a eu lieu

ques-uns ont rédigé et proposé une déclaration de principes, d'attachement aux doctrines de la confession abolie : ils se trouvent réduits à leurs propres signatures. D'autres parlent de démarcbes à faire : il n'y en aura que d'individuelles çà et là; mais ilndiriduel dans rc genre vaut cent fois mieux que le collectif. »

C'était le 22 mai 18i0 que Vinet exprimait avec tant de fiwce son éloignement pour les discussions politiques mêlées de religion; or, le 10 juin suivant, il y rentrait par une motion faite à la classe des pasteurs de Lausanne et Vevey. Tout en supprimant l'andenne confession de foi helvétique, le Grand Conseil n'avait pas cra pouvoir laisser l'église sans aucune règle d'enseignement; c'est pourquoi il avait établi un jury de doctrine, composé d'un cer

sur le Calvaire , ce n'est plus Dieu qui se fait homme, mtù» nn homme qui se fiait Dieu.

> On nous parle d'unité; le catholicisme seul, dit-on, possède Tunité; le protestantisme en est privé. Certes, je le crois bien; il a pour principe la liberté, il se résout, par conséquent, k la diversité. Et que gagnerait-il à avoir Tunité sans la liberté, c'est-k-diie Tunité sans la vie, c'est-k-dire la contrefaçon dérisoire de l'onité? Mais on pose mal la question : le protestantisme n*est pas la religion, mais le point de départ de la religion : c'est le principe de la liberté et de l'individualité appliqué aux choses religieuses; ce n'est donc pas au protestantisme qu'il faut demander IHmité, il y aurait contradiction presque dans les termes: l'unité est dans le royaume de Jésus-Christ et de l'Esprit, l'unité est dans le ohriitianisme. Il y a une église universelle et nous y croyons; là se sont pas les vaines formes de l'unité, mais sa réalité; là est le catholicisme véritable, a prendre ce mot dans la primitive beauté de sa signification; nous nous contentons de cette unité, nous n'en voulons point d'autre; nous repoussons toute unité qui ne serait pas formée sous les auspices et dans l'élément de la liberté. »

Dans cette citation se trouve la phrase sur laquelle Vinet a on devoir revenir par des explications ultérieures : c La croyance aa prêtre est toute la religion du catholique. » On devine qnll l'explique en l'appliquant seulement au catholique systématique.

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