SSGOND CONCOURS. OCCUPATIONS. ACCIDENT
et da ooDtemplatear, il avait aussi cette gaieté plus ouverte, i^irense, qui semble Tétat naturel d'un esprit bien fait et jeune.
Oui, nous devons un culte k la gaieté; Saluons-la, c'est la troisième grâce :
Ut lui-même dans des vers où il la définit en homme qui la ît.
La gaieté vraie est sœur de Tinnocence, Son caractère est la sérénité; C'est Tabandon d'une âme franche et pure, L'aimable essor d'un esprit bienveillant....
vers sont de la jeunesse de Vinet; mais on nous assure ^t pu les écrire en tout temps. Plus d'une fois ils sont révéla mémoire de ceux qui l'entendaient causer, tout en respie bon air et fumant le cigare de l'amitié, sur la haute terla Chàtelard ou dans ce jardin de Sain^Prex dont les vagues 1 le mur. D'autres vers, de la môme époque, revenaient à la mémoire de ses anciens et plus intimes amis, les Le- 5, les Forel, lorsqu'ils le voyaient s'ouvrir et se donner à eux e au temps de sa jeunesse, car il faisait une grande difféentre les épanchements du cœur et ceux de la conscience.
Il est pour le cœur une enfance Qui dure autant que sa bonté, Qui s'entretient de confiance Et vit de cordialité.
Deux bons vieux amis de naissance Que réunit l'intimité, De l'âge ont la maturité Sans en avoir la contenance....
Ils sont hommes avec le monde, Entre eux ils sont encore enfants.
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En revanche, il ne connut jamais cette folle gaieté qoi dégénère en satire, non plus que ce rire intempérant qui, selon hd, est proche parent du rire amer. Il savait rire pourtant, et rire de si bon cœur que ceux qui ont vécu familièrement avec lui croient encore Tentendre, de môme qu*Erskine retrouvait, en le lisant, le son de sa voix. Il ne riait pas à demi certain jour où il raconta, à table, l'histoire de cette bonne dame qui, ayant un cadeau à fidre à une sienne amie, proche parente de Vinet, et ne sachant qœ choisir, prit une épingle et piqua un passage dans la Bible, à pea près comme Panurge consulte les vers VirgiUens. t Os mirent leurs vêtements sur Tânesse, » répond le texte sacré. Aussitôt la dame se rend chez le niarchand voisin et achète une robe à son amie.... Quand on eut tout ri, Vinet ajouta : « Je n*ai jamais ouvert ma Bible au hasard dans le but d'y chercher le conseil ou Tencooragement dont j'avais besoin, mais je l'y ai trouvé sans le chercher. Dieu se sert de tous les moyens. En 1829, au moment où je devais me présenter devant le Petit Conseil à Bâle, pour y répondre snr les questions relatives à notre procès, j'étais fort embarrassé de ee que je dirais; je vois la Bible ouverte devant moi, je regarde et mes yeux tombent sur ce passage : « Quand ils vous livreront, » ne soyez point en peine de ce que vous aurez à dire, ni comment » vous parlerez, parce qu'il vous sera donné dans ce moment-là ce » que vous aurez à dire. » (Math. X, 19. )
Ces rapides séjours chez des amis, tant à l'orient qu'à Tocddent du canton, ont laissé dans la correspondance de Vinet des traces diverses, entre autres la lettre suivante qu'il écrivait à M"" Marquis, et dont nous n'avons pas la date précise : t Voici la chanson bretonne que je vous ai promise. Je vous envoie avec cette chanson mille amitiés que je n'ai pas besoin de mettre en musîqae pour que vous les receviez. Nous vous aimerions encore davantage .si vous veniez nous voir. Vous devez pourtant bien savoir quel plaisir il y a à tenir ses amis sous son toit, n en reste quelque chose quand ils n'y sont plus; leur souvenir hante les chambres où on ne les voit plus. Je suis sûr, chères amies, que le mien