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UNE RÉVOLUTION POUTIQUE ET ECCLÉSIASTIQUE

noins et les garants. Leur sacrifice a alTermi^ sur sa base ée, la morale du citoyen. La liberté et la loi n'avaient pas lans le canton de Vaud, depuis la révolution de février, un âge plus éclatant. Ce n'est pas une œuvre politique qu'ils iilu faire; mais cette œuvre pourtant a une portée politique, 'elle est une protestation contre l'exercice du pouvoir arbi- C'est encore une preuve, après beaucoup d'autres, que les )es chrétiens, bien suivis, sont les principes de l'ordre dans omme dans l'église.

ue ces dignes ministres reçoivent donc ici nos félicitations remercîments. Nous osons à peine leur parler de ce que essentons à la pensée de leurs sacrifices, de leurs privations leurs souffrances! Singulier mélange de sentiments con- ! Nous nous trouvons partagé, à leur sujet, entre la compas- ; l'envie. La pensée de ce qu'ils vont souffrir nous touche à et nous humilie. Puissions-nous avoir appris d'eux le délent et l'abnégation! Puissent-ils eux-mêmes être puissamiéfendus contre les tentations de plus d'un genre dont une f>n conimc la leur est l'occasion trop ordinaire. Que ce qui r domêure pur. Que leur sacrifice soit empreint jusqu'au ie courage, de douceur et d'humilité. Qu'ils se gardent, par- 1 tout, do laisser la politique pénétrer dans leur conduite et eurs pinsées. Qu'elle leur demeure entièrement étrangère, ne Vfuillont être et qu'ils ne soient en effet que les humbles •urs de Celui qui fut doux et humble de cœur, et quelque |ue leur soit leur pays, qu'ils soient beaucoup moins préocde s«'s intérêts passagers que des intérêts étemels du royaume I de l)ieu^ »

int au •rouvemement, sa conduite fut nette et logique; ce fut d'un gouvernement mis en demeure d'abdiquer ou de se er le plus fort. Il n'eut pas grand'peine à se montrer le plus .e peu|)lr* d«s campagnes, que les tendances socialistes de

Dir Libertr nïi'jt'cujif et Queationa ecdéstastiqueSy pag. 505.

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(]aolques-uiis des chefs du moayemeut commençaient à indis- Ijuser, fut rallié du coup et reconquis. Il se tourna tout entier, par iustinct conservateur, du c6tô du gouvernement» qui en fut eonsolidé i)our longtemps. Le Grand Conseil donna au Conseil d*éut des pleins pouvoirs, qui raulorisaient à déroger aux lois coIlce^ nant l'église et Tinstruction publique, et à prendre les mesures (iu*il jugerait à propos touchant les oratoires et les assemblées religieuses en dehors de Téglise nationale. Le Conseil d'état en fit aussitôt usage. Le 25 novemlire, il informa les pasteurs démissionnaires, par circulaire, qu'il leur donnait deux fois vingt-qaatre heures pour retirer leur démission et se soumettre. La eircalâire n'était pas môme adressée à tous. Au reste, elle posait la question avec une rare précision, comme l'avaient fait au Grand Conseil les principaux orateurs du gouvernement Elle déclarait que ronioo de l'église et de l'état, dans le canton de Vaud, n'a pas lieu sur le pied de l'égalité, mais qu'elle implique la subordination de l'église à l'état; que le peuple politique délègue, en matière religieuse, toute sa souveraineté aux Conseils qui le représentent» lesquels, à leur tour, agissant comme église, délèguent au cleiigé des pouvoirs dont eux seuls règlent l'exercice et dont le clergé est tenu de leur rendre compte; c'est-à-dire qu'aux yeux de l'état les ministres étaient des fonctionnaires, rien de plus. La presse officieuse enchérit encore sur ces déclarations, répétant à satiété que l'église nationale n'était autre que la nation, et que quiconque se retirait de l'église nationale se retirait de la nation, cessait de faire partie de l'état, renonçait à son droit de cité. C'était justement ce qu'avait dit Yinet dans ï Essai, lorsque, déduisant les conséquences logiques de cette maxime : VEtat a une religiony il ajoutait : c Quiconque n'a pas la religion de l'état n'est pas membre de la cité, ou, s'il veut à tout prix être membre de la cité, il doit s'afOlier à un culte qoi n'est pas celui de sa conviction. » Yinet, lui-même, se fit un plaisir de noter cette parfaite coïncidence dans un article du Semeur \

* Voir Liberté religieuse et Questions ecdésicisUquea, pag. 444.

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n n'y avait plus à hésiter; il fallait choisir entre les conditions liiites par Tétat et une retraite pure et simple, avec la perspective prochaine d'une église libre à côté de l'église nationale. Le choix fttt dnr à plusieurs. Trente-trois ministres et pasteurs profitèrent, pour faire leur paix avec l'état, des quarante-huit heures de réflexion qui leur étaient laissées. Leur défection fut fort mal vue de ceux dont l'opposition n'était pas pure de toute considération politique; mais Vinet n'eut rien de plus pressé que de leur rendre mie éclatante justice. Un post-scriptum ajouté à l'article dont nous avons cité quelques lignes, et expédié au dernier moment, s'exprimait ainsi :

t Les dernières nouvelles de Lausanne font aussi connaître le résoltat de la circulaire dont nous parlons plus haut : trente-trois pasteurs sont rentrés dans l'église établie; plusieurs ont sans doute Eût un plus grand sacrifice en rentrant que s'ils étaient restés dehors. Ds avaient cédé à l'entraînement, et c'est maintenant qu'ils cèdent à une véritable conviction, juste ou erronée.

» Au milieu de circonstances aussi difficiles, nous comprenons ce que doivent coûter les déterminations les plus diverses : nous Pavons déjà dit, l'essentiel n'est pas, à nos yeux, que l'on se sépare en masse, ni même en grand nombre, mais que tontes les positions se prennent dans une entière liberté. »

Formation de l'église libre. — Etudes évangéliques.

Le socialisme considéré dans son principe. — Coup d'état académique.

La révolution ecclésiastique du canton de Vaud fût on événement pour toutes les églises réformées ou protestantes de l'Europe. D'Angleterre, d'Allemagne, de partout, on s'adressait à Vinel pour avoir des nouvelles ou des explications; pour l'assurer, lui et ses frères, du respect et des sympathies dont ils étaient l'objet, et pour offrir des secours. Entre autres témoignages d'estime, il reçut de l'université de Berlin le diplôme de docteur en théologie. (13 juin 1846.) Le recteur, Hengstenberg, indiquait dans sa lettre d'envoi l'intention de l'université d'honorer les pasteurs démissionnaires en la personne de Vinet. A ce témoignage officiel, il s'en joignit une foule d'autres, moins éclatants, non moins précieux. La correspondance de Vinet, en ce temps-là, ressemble de plus en plus à celle de ces grands évêques d'autrefois, vers lesquels les regards se tournaient de tous les points de la chrétienté. Cependant des soins plus prochains absorbaient la meilleure partie de son temps et de son attention. Avant tout, il fallait pourvoir à la subsistance d'un grand nombre de familles, car parmi les pasteurs plusieurs, en sacrifiant leur position, avaient sacrifié leur gagne-pain^ et se trouvaient sans ressources à l'entrée de l'hiver. Vinet se donna

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