‹ Alexandre VinetChapitre 5 sur 41 · KN MÉNAGE. ÉTUDES. PREMIER OPUSCULE · texte numérisé non relu

KN MÉNAGE. ÉTUDES. PREMIER OPUSCULE

et qui e ôtant aux idées toate originalité, enlève à Tensment ime grande partie de son charme et de son firoit '. » in, tout en approfondissant l'histoire de la littérature fran« fl commençait à se familiariser avec la critique et surtout les poètes de TAllemagne. On a de lui toute une série de les manoscrits^ remplis de notes, de réflexions relatives à ses es» de citations, d'analyses d'ouvrages, etc., qui prouvent es ces premières années de libres et de fortes études littè> , U profita du voisinage de la science allemande pour élap cercle de ses connaissances et s'ouvrir des horizons. Quant oëtes, c'était Tentretien du soir. Sa femme le guidait dans imp nouveau. Pour Goethe, il eut à revenir de quelques pré' , et l'on peut croire qu'il eut toujours pour lui plus d'adqae de sympathie. Schiller l'attirait depuis longtemps et lit déjà moins étranger. H se fit une fête de pénétrer dans dlé de cette belle âme. Peut-être n'éprouva-t-il jamais plus tant l'émotion poétique qu'en lisant et répétant ce fameux e à la joie, dont il essaya plusieurs fois la traduction.

Seid amsclilaiigen, Millionen!

Diesen Knss der ganzen Weit !

Brader, — ûberm Stemenzelt Mnss ein lieber Vater wohnen.

pprit à en connaître bien d'autres encore, dont aucun ne lui B cher que l'excellent Salis. «Je vous envoie, écrivait-il à son I élève, M. Aug. Jaquet*, les poésies de Salis, dont nous parlé, je crois, l'année dernière. Je désire qu'eUes vous t le même plaisir qu'à moi. Elles respirent l'amour de la ( et l'amour de la patrie; et nulle part, je crois, ces deux lents n'ont été exprimés avec plus de vie et un naturel plus le. Quand on songe que l'auteur a composé un grand nom- 5 ces poésies, si pleines d'innocence et de vertu, si belles de

(tire du 22 janvier 1820.

rttre du 2 août 1820.

6i CHAPITRE UI

patriotisme^ au milieu d*mie garnison, au sein da tmnulte de la guerre et sous le poids des armes étrangères, on sent le pouvcHT que conservent sur une âme sensible les premières impressions de renCuice; oh sent la préférence qu'il faut donner à la natoro sur le monde, à une yie' obscure sur une vie brillante, à cet amour de la terre natale sur ce cosmopolitisme si répandu de nos joai& Quel est le jeune homme bon et sensible à qui la lecture de ces poésies ne rendra pas plus sacré et le toit paternel et la terre natale, et ces premiers engagements à la vertu que forme le cosor avec tant d'enthousiasme aux jours de Tenfance t »

Au moins, en lisant des poètes tels que Schiller et Salis, n'avaitil pas à se mettre en garde contre les séductions d'un art trop capable de tromper en enchantant. Qui pourrait douter de leur sincérité ? D'autres poètes, même parmi les plus admirés, ne loi faisaient pas toujours la même impression. < A propos de médita^ tiens, écrivait-il à M. Monnard, le 6 janvier 1821, avez-vous In celles de M. de Lamartine? Elles sont belles ; j'en ai lu quelquesunes avec ravissement; mais je trouve qu'on a peu de droits à parler de religion quand on ne cesse de maudire la nature ; j'ignore ce que c'est qu'un amour de Dieu qui n'est pas fondé sur la reconnaissance; à force de mettre de l'imagination dans la religion, on en chasse le cœur. Au reste, un ami de M. de Lamartine a soin de nous instruire que ce jeune poète a choisi la mélancolie comme on choisit une corde pour un violon. Gela pourrait bien être une énigme pour Homère. Schiller dit quelque part: < Je » l'avoue franchement, je crois à la réalité d'un amour désinté- » ressé; je suis perdu s'il n'existe pas, et je renonce à la Divinité, » à l'immortalité, à la vertu. » — Et moi, s'il ne m'est plus permis de croire à la bonne foi des Muses, s'il m'est prouvé que les poètes sont des charlatans et nous autres des dupes, je renonce à la lecture des beaux vers, et je jette au rebut tous ces trompeurs qui m'ont séduit dès l'enfance. >

A cette discipline de travail, Yinet fit de rapides et très grands progrès, n n'y gagna pas seulement une augmentation de connais-

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