SNTBÂB EN MÉNAGE. ÉTUDES. PREMIER OPUSCULE
premier et précieux résultat, mais qui est à la portée de i; fl y gagna une richesse d'idées entièrement nouvelle, et surtout une finesse de tact et une pénétration de jugement de jour en jour plus remarquables. En étudiant les notes de ses Doun, à Bâle, et quelques morceaux manuscrits qui datent de ces pramères aimées, on le voit grandir.
yînet, toatefois, n'était point assez absorbé par ses études litlénîres pour n'avoir pas l'œil attentif à tout ce qui se passait aokHir de lui. Il avait mieux qu'une simple affection de tendresse pour U terre natale, il était né patriote, et son patriotisme s'étoKiait à la Suisse entière, sans particularisme ni étroitesse. Rien ■e lui était plus pénible que de voir les jalousies mesquines, In rivalités d'amour-propre qui divisaient les cantons. Il rêvait ■tt Suisse non centralisée, mais unie et forte, unie surtout d'es- |rit et de mœurs. A propos de quelques dissentiments qui éclalirait entre les académies de Genève et de Lausanne et qui, des corps officiels, gagnèrent les étudiants, il exprime avec une sinloBère vivacité, dans ses lettres à Leresche, son regret des luttes piMiSesqni nous diminuent et par lesquelles nous nous rapetissons à plaisir. D salue avec joie les efforts tentés par les fondateon de la société de Zofingen pour établir des rapports d'amitié entre tons les étudiants de la Suisse. D s'entbousiasme à l'idée (rtme littérature nationale, inspirée par l'amour de la patrie, et fortont d'une poésie propre à enflammer en temps de guerre le eourage des combattants, et à réchauffer en tout temps, au fond des coeurs, l'amour de la religion et des mœurs antiques :
Portes, peu soigneux d'une gloire frivole, Que le goût étranger ne soit pas votre idole; Fiers et libres, chantez pour vos concitoyens. Qu'importent à vos chants de savants artifices. Et d*un g^ût raffiné les ornements factices ? Le Parnasse a ses chants, la Patrie a les siens *.
* Ces Tcrs sont empruntés k une lettre à M. Vulliemin, du 6 no- 1820; mais la date de la composition est plus ancienne. ALIX, vnnr 5
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Les idées de patrie et de religion ne se séparaient pas dans sa pensée, n y avait du patriotisme dans sa religion et de la religion dans son patriotisme. Quoique très bon protestant, il avait peu de goût pour la controverse avec les catholiques. Invité à composer un cantique pour le jour de la fête de la Réformati(H^ — celui-là même qui devait passer au crible de la critiqœ pa^ temelle, — il y émit hardiment Tidée d'un rapprochement entre les deux confessions chrétiennes qui se partagent la Suisse.
Que ta divine lumière, Révélée au cœur des rois, Soumette la terre entière A l'empire de la croix.
Détruis nos haines fatales, Et que les sectes rivales Serrant des nœuds immortels, Un joiir, dans nos républiques, Protestants et catholiques Réunissent leurs autels!
On conçoit qu'animé de senthnents pareils Yinet continuât à se montrer peu favorable aux mouvements religieux qui tendaient à créer des divisions nouvelles. Les progrès de l'écrit sectaire l'alarmaient et l'irritaient. « Nous avons eu, il y a quelque temps, écrit-il à M. Leresche*, la visite de quelques fous ambulants, connus sous le nom de méthodistes, et tous citoyens de notre bonne Suisse, qui devient un nid de sectes, grâce à l'mfluence de l'Angleterre. Ces gens vous soutiennent outerte* ment que la régénération est une œuvre purement divine, qu'on n'accélère par aucun efifort, tout comme aucun effort ne peut l'empêcher; qu'il est, par conséquent, fort mutile de se donner de la peme pour devenir meilleur; que les hommes qui ont vécu avant Jésus-Christ sont tous exclus du salut, parce qu'ils n'ont pas exercé leur vertu sous l'influence de la révéla-
* Lettre du 27 et 30 septembre 1820.