KNTBÉB EN MÉNAGE. ÉTUDES. PREMIER OPUSCULE
(qui ne leur avait pas été manifestée); qu'outre le poids de s péchés proprement dits, ils ont le poids de leurs vertus, qui su tatites des vices; que Bourdaloue, Saurin, etc., n'ont pas m le fin du christianisme; que ces gens-là ont eu la bonho*
de prêcher la morale, et qu'il ne faut jamais prêcher que iogme; que, dans l'église, ce sont les habits noirs qui font le mal (et note qu'ils sont eux-mêmes habits noirs)-, que, du j, il faut pour être chrétien abjurer entièrement la raison, efligence et le bon sens (je cite leurs propres paroles qui ont dire à quelqu'un : t Je voudrais savoir ^par où ils croient »);
les sciences humaines et l'art de bien dire doivent être rossés par tout bon ecclésiastique, et qu'il (sic) doit se borner le certaine science du cœur qu'ils ont inventée. Je ne leur e pas un mot. Ces gens sont de zélés convertisseurs, et je ne
trop pourquoi, puisque, à leur dire, la régénération vient tement d'en haut sans intermédiaire; il me semble qu'ils rraient prendre patience. Je ne finirais pas si je voulais le ys toutes leurs sottises. L'un d'eux, minisire, ét^it déiste lot depuis longtemps. Un soir, il voit une demoiselle anglaise wmnonne en Chine, aux gages de la société anglaise; à six nw fl était incrédule, à huit heures il était méthodiste; c'est scement le beau vers :
Tombe persécuteur et se relevé apôtre.
lors il est le plus zélé de tous et il court le pays avec la dite oiseUe et deux autres méthodistes, se croyant sans doute un t Jean-Baptiste. Dieu veuille que ce mysticisme ne gagne pas suons! >
ii*est pas beaucoup plus favorable à l'institut des missions, à t; preuve en soit ce passage d'une autre lettre, toujours à M. Lebe' : « Tu me parles de l'institut des missions, et tu m*insi- \ quelque chose d'un projet que je ne devine pas. S'agirait-il e faire toi-même missionnaire? J'espère que non. Tu ne veux
Lettre du 6 mars 1821.
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qu'aider ; la manière, je Tignore, et tu ferais bien de m'en instruire. Quant aux détails que tu me demandes, nul ne devrait être plus à portée d'en donner que moi, car je demeure à deux pas de l'institut; mais je suis honteux de dire que je ne l'ai pas visité. On en parle ici diversement, et d'une manière plus ou moins prévenue; voici ce que j'en sais. Le but est beau; les dispositions des élèves sont admirables, et leur zèle aplanirait tous les obstacles si le zèle suffisait. On me dit qu'un grand nombre sont des jeunes gens enlevés à des professions manuelles, et par conséquent privés de la première éducation et peu lettrés.^ Les jésuites formaient autrement leurs missionnaires. Ds travaillent beaucoup, mènent une vie très retirée, et, dit-on, asses dure. Leurs études théologiques finies, on les envoie à Londres, où ils étudient l'idiome du pays où ils sont destinés à prêcher l'Evangile. Le reste, c'est-à-dire le plus ou moins de succès dans celte mission, tu peux le savoir comme moi, du moins si Ton peut se fier aux rapports donnés par les chefs mômes de l'institut. On peut bien appeler fanatisme et intolérance l'importance exclusive qu'ils assignent à cet institut. Ils ont bien osé récemment écrire et imprimer qu'on était bon chrétien à proportion qu'on prenait intérêt à cette entreprise, et que le moindre don versé en sa faveur était la première des bonnes œuvres. Je te dirai, mon bon ami, que, malgré mon respect sincère pour les missions, je trouve qu'il ne serait pas mal de christianiser notre vieille Europe avant de porter l'Evangile à Otahiti, et c'est à quoi l'on pense moins. La société des missions est anglaise, et je vois bien des gens persuadés que son but est premièrement politique; d'ailleurs, la grande connexité de l'institut avec nos piétistes ne fait pas bien augurer de la doctrine; ce sont des gens toujours furieux contre la .raison, toujours prêchant la foi aveugle, la soumission servile; je ne veux rien de tout cela dans ma religion: la loi de Christ est une loi de lumière, et les apôtres n'étaient pas piétistes. »
Si le piétisme bàlois causa des impatiences à Yinet, ce fut bien
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pis quand Tinflaence anglaise dont il parlait à M. Leresche se fil sentir avec quelque puissance dans le canton de Vaud^ où efle entra par Genève; quand il vit nombre de jeunes pasteurs indmer vers les doctrines nouvelles, et partout, dans les villes, dans les villages, les nouveaux croyants se réunir en conventiaûety comme on disait alors. Le Réveil trouva Vinet très hostile. Toutelois, quand il s'agissait du canton de Yaud, il était partagé deux sentiments contraires. D'un côté, il s'irritait de ce le raffiné qu'on annonçait comme la vraie doctrine du sstfot; de l'autre, il s'indignait contre l'intolérance du peuple vaudois et son apathie religieuse. A Bâle, le piétisme lui paraissait une erreur inutile, à cause de la piété répandue dans le sein de la popubtioo; dans le canton de Vaud, il reconnaissait que les mômiers pouvaient rendre un service, celui de secouer les âmes endoriries. La populace soulevée contre les sectaires et les poursuivant de ses huées était à ses yeux suspecte de confondre le xnî avec le faux, la religion avec la mômerie. « Il est à désirer, dit^l S que ces écarts soient très sévèrement punis, de maûoe à en prévenir d'autres. Quant à la secte même, elle Umbera peu à peu. Elle cessera, après avoir rempli le but de Celui entre les mains de qui sont les esprits des hommes. Il dillait reveUler l'indififérentisme, ranimer certains principes sans lesquels U n'y a pas de vrai christianisme, et qui tomberaient, pour ainsi dire, en désuétude. Si j'en juge par moi-même, les aberrations des sectaires auront eu cet effet sur bien des âmes, el cet orage passager aura vivifié notre nature morale et DOS sentiments religieux. > On verra par la suite quels sont ces pnDcipes qui commençaient à tomber en désuétude et que Vinet souhaitait de voir ranimer. En tout cas, ce qu'il désirait dès lors, c'était une piété plus vivante, plus active, plus intime que celle dont les élises nationales, endormies par un long repos, entretenaient la tiédeur. U désirait aussi plus de hberté dans les insti-
* Lettre k M. Leresche, du 5 octobre 1821.
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tutions et dans les mœurs. On voit par une lettre à M. Lerescba qu'il faut placer au nombre des motifs de son éloignementpour saint ministère Teffroi que lui inspirait la moindre apparence m \\ servitude morale. « Tout mon cœur se soulève, dit-il *, à Tklée \ d'être dominé, surtout par Taulorité ecclésiastique, qui a partool^ et chez nous comme ailleurs, quelque chose d'exclusif et d'intolérai^t. » Surtout il désirait plus de spontanéité dans les âmâs; aussi se faisait-il un devoir de contribuer à certaines œuvres en* treprises dans un esprit de piété large et vivante, entre autres à la traduction en français des Stunden der Andacht '. « Vous s&veai peut-être, écrivait-il à ce sujet au traducteur, M. Monnard*, qa*im curé allemand vient de prononcer que les Stunden der AndaM sont l'ouvrage du diable, ce qui donne une opinion bien nouvelle du prince des ténèbres. Chez nous on ne dira rien de semblaUe; mais, peut-être, on observera que cela vient d'Allemagne, que c^ est nouveau, qu'il est inutile de chercher à mieux faire que nos pères. Vous savez si la force d'inertie forme un des caractères de notre esprit; je ne m'en étonne pas, la branche la plus souple comprimée pendant longtemps dans un certain sens en garde longtemps la courbure; nos Vaudois, empêchés de penser et d'agir pendant trois siècles, n'en reprennent que peu à peu l'habitude. U est utile que quelques hommes comme vous, monsieur, hupriment de l'activité à l'esprit, osent donner l'exemple de sortir de l'ornière, et répandent dans le public des idées à la fois saûies et nouvelles. »
Il est bien probable que Vinet fût resté longtemps simple spectateur de la lutte, s'il ne s'était senti atteint dans une de ses affections les plus chères. A la tête des hommes qui voulaient maintenir dans le canton de Vaud les formes et l'esprit de l'ancien culte, se trouvait le doyen Curtat. Vinet lui avait gardé un
* Lettre k M. Leresehe, novembre 1820, reçne le 8 décembre. ' Méditations religieuses ^ traduites de l'allemand. Lausanne, 1820-22.
' Lettre du 5 mai 1820.