‹ Alexandre VinetChapitre 8 sur 41 · KN MÉNAGE. ÉTUDES. PREMIER OPUSCULE · texte numérisé non relu

KN MÉNAGE. ÉTUDES. PREMIER OPUSCULE

nx souvenir. Son respect, toutefois, n'allait point jusqu'à l^ement On voit par sa correspondance qu'il juge avec gop de liberté de piquantes brochures, publiées par le spirioyen*. Mais la patience lui échappa quand il vit les chefs secte nouvelle prier publiquement pour ce pasteur égarée lander à Dieu de lui donner et aimer*. U se sentit d'autant ressé de protester que plusieurs de ses anciens camarades, e loi élèves du doyen Curtat, avaient en quelque sorte lé de leur présence l'accusation lancée sous l'enveloppe de ire. Aussitôt il jeta sur le papier quelques lignes destinées •unes pasteurs du canton de Vaud, et dont le but essentiel e lenr rappeler les vertus chrétiennes du vénérable eccléue dont on demandait à Dieu de toucher le cœur; dans le son indignation, il laissa tomber de sa plume une phrase nte qui représentait les doctrines nouvelles comme « un X mélange d'humilité et d'orgueil. » L'opuscule (quatre fot aussitôt imprimé; mais, avant de l'expédier, Vinet vouair l'opinion de son père, puis de son ami Leresche. « Réde suite, écrivait-il à ce dernier'.... B me semble que je ne décider sans ton conseil. Mon père m'approuve, ma m'approuve aussi , je crois que la faiblesse seule me siter. Mets-toi au-dessus de toute considération personneUe; ^ dis pas ce que tu ferais dans ta position, mais ce que je lire dans la mienne. Parle franchement, l'écrit est imprimé, (joint encore expédié. Il s'agit de me parler selon l'amitié et science; l'un et l'autre t'est facile. Le courrier part. Adieu....i

s deux Lettres à M. Chenevière^ vives satires du méthodisme. iiipales de Vinet se rapportent à la première ; il se demande t Ik le sel dont Tapôtre désire que nos discours soient assai- I. La seconde lui parut très supérieure, surtout la fin, qu'il e un chef-d'œuvre.

emtventicule de RdUe, par un témoin digne de foi. Genève

litre du 9 janvier 1822.

72 CHAPITRE m . I

Et en post-scriptum : « U ne s'agit ni de ce qui me convient, ni de ce qui te convient, ni de ce qui convient à d'autres, mais de ce qui est juste. » La réponse de M. Leresche ayant subi quelque retard, Yinet expédia sa brochure, qui fut très remarquée do clergé vaudois, et comme on pouvait s'y attendre, très diversement jugée. Personne n'osa approuver hautement la manière dont le doyen Gurtat avait été mis hors l'église, mais on fit beaucoup moins attention aux passages qui le concernaient qu'à la flècbe i. décochée contre les doctrines du Réveil. Parmi les lettres que \^ Vinet reçut à ce propos, on en remarque une du pasteur Auguste ^ Rochat, l'apôtre le plus vrai qu'ait eu le Réveil dans le canton de j| Vaud, un chrétien de cœur, incapable de tomber dans les naïvetés pharisaïques dont Vinet s'était ému. Cette lettre, empreinte d'un grand esprit de charité, d'autres encore, firent sentir à Vinet l'inconvénient des jugements sommaires, qui enveloppent toijyours dans une condamnation commune innocents et coupables. L'aversion que lui inspiraient les tendances méthodistes n'en fût pas diminuée, mais il se détourna des querelles épineuses et stériles. « Je me suis décidé à ne plus rien lire de polémique; il vaut mieux lire l'Evangile en simplicité de cœur*. »

On était au printemps, et quoique tous les soucis n'eussent pas encore disparu, le bonheur régnait dans la petite maison des fossés Saint-Léonard,— ce n'était plus le faubourg Saint- Jean,— qu'habitait Vinet, entre ville et campagne. Pour animer les entretiens du soir, la jeune famille avait les souvenirs d'un assez long séjour au canton de Vaud, l'été précédent, et, pour égayer toutes les heures, le sourire de deux enfants, dont le second, un garçon, âgé d'un peu plus de six mois, était né à Lausanne et avait été bercé sur les genoux des grands-parents. La correspondance entre Vinet et son père était plus active, surtout plus intime que jamais. L'idée ne leur fût pas venue que la différence de leurs caractères pût altérer sur quelque point essentiel l'accord qui régnait dans

* Lettre à, M. Leresche du 20 avril 1822.

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