‹ Alexis de Tocqueville et le démocratie libérale;Chapitre 20 sur 28 · L*ANCIEN RÉGIME ET LA RÉVOLUTION · texte numérisé non relu

L*ANCIEN RÉGIME ET LA RÉVOLUTION

permirent pas d'abord de s'affaisser... Il restait aux Français qui firent la Révolution, une croyance admirable qui nous manque, ils croyaient en eux-mêmes. Ils ne doutaient pas de la perfectibilité et de la puissance de l'homme : ils se passionnaient pour sa gloire, ils avaient foi dans sa vertu. Ils mettaient dans leurs propres forces cette confiance orgueilleuse qui mène souvent a l'erreur, mais sans laquelle un peuple n'est capable que de servir; ils ne doutaient point qu'ils ne fussent appelés à transformer la société et à régénérer notre espèce. Ces sentiments et ces passions étaient devenus pour eux comme une religion nousfelle qui les arrachait h l'égoïsme individuel, les poussait jusqu'à l'héroïsme et au dévouement. »

L'examen approfondi de ce qu'était cette « religion nouvelle » aurait entraîné Tocqueville loin de son sujet tel qu'il l'avait lui-même circonscrit, et l'aurait sans doute conduit à des conclusions sensiblement différentes de celles qu'il a appliquées aux rapports de la philosophie du xviu® siècle, de la religion et de la Révolution, conclusions insuffisantes et en quelque sorte trop rétrécies*. Mais cet examen, l'auteur n'a pas eu à l'aborder. Ayant

1. Quinet a dit avec justesse de cette partie des idées de Tocqueville : « Un écrivain de nos jours semblait fait pour éclairer le sujet d'une lumière sereine, impartiale, l'auteur de la « Démocratie en Amérique » : il n'a pu cependant s'affranchir de cet étroit horizon où la pensée française est encore à moitié emprisonnée... Combien cette pensée confuse d'un homme si judicieux a ajouté encore au trouble des intelligences sur le point d'où dépendent tous les autres ! >

retiré à la Révolution le caractère de véritable Révolution religieuse qu'elle avait voulu s'attribuer, Tocqueville s'est cru en droit de glisser sans y appuyer sur les doctrines des philosophes du xvin* siècle, en tant que doctrines, et de ne considérer qu'incidemment les retentissements qu'elles avaient eus dans les cœurs et dans les consciences des contemporains et des fils de la Révolution.

Je ne crois pas d'ailleurs que, retenu comme il l'était par des liens de croyance et de tradition, l'auteur de a l'Ancien régime » aurait pu traiter jusque dans ses racines cette question fondamentale ; établir comme il aurait fallu, malgré les contrastes et les oppositions, les fihations qui existent entre deux courants d'opinions et de croyances dont l'un avait paru submerger l'autre ; apercevoir en même temps par où ils divergeaient définitivement et ne pourraient jamais plus vraisemblablement se rencontrer ni se fondre complètement; autrement dit écrire l'histoire et la psychologie du déisme au xvin* siècle.

D'autre part, comment, sans avoir fait au moins pour soi-même cette histoire, comprendre et faire comprendre le caractère entier de la Révolution et de l'état social qui en est issu ? Comment s'expliquer et expliquer la logique implacable du mouvement révolutionnaire, si l'on néglige son point de départ résumé par Rousseau en termes qui ont si profon-

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dément pénétré dans les imaginations : Thomme destiné à être heureux de par la bienveillance paternelle de son créateur? si Ton méconnaît cet optimisme fondamental qui, supprimant le péché des anciennes reUgions et tout le système d'autorité et de sanctions qui s'y rattache, n'attribue plus qu'aux vices des hommes et des institutions les misères individuelles et sociales? C'est de cette vérité acceptée comme un dogme, que la Révolution a tiré son élan, sa générosité, sa généralité, etaussi ses erreurs et ses crimes. Partie d'une thèse aussi simpliste, elle ne pouvait pas ne pas se heurter à la réalité des choses, réalité complexe à laquelle sa conception du monde et de la société ressemblait si peu. Sous prétexte de rationalisme, l'esprit humain a rarement été plus dupe de ses propres désirs ou de ses rêves qu'au xviu® siècle. Il s'est appuyé pour transformer le monde sur un a priori invérifiable et cependant admis comme indiscutable. La conséquence devait être, et a été, que, tout ce qui se trouvait en travers des développements logiques de cet a priori serait, tant que l'illusion durerait, fauché par le mouvement de l'armée réformatrice. L'hypothèse primordiale une fois acceptée, la résistance ne pouvait provenir de la nature des choses, mais uniquement delà mauvaise volonté des hommes, et le seul moyen de faire

triompher la vérité était de supprimer ses adversaires. De là, le déchaînement des pai'tis et leur tranquillité de conscience en face de la destruction violente. De là aussi sur tant de points l'inutilité et comme Tenfantillage de leurs efforts. De là encore tant de traditions simplistes chères à notre démocratie, et dont nous n'avons p2^s cessé de souffrir.

Tocqueville a cherché dans des causes dont le caractère s'accordait mieux avec l'ensemble de sa thèse, l'explication de l'influence considérable des philosophes sur la révolution naissante. Il a laissé de côté leur philosophie et mis en relief leur situation, toute spéciale au xvni® siècle, d'hommes de lettres devenus, grâce à des circonstances particulières qu'il décrit longuement, de véritables gouvernants de l'opinion. Il a posé dans les chapitres qu'il leur consacre, la première pierre d'une théorie qui a depuis été reprise avec retentissement et même poussée à quelque exagération, et qu'on pourrait définir, d'après ses propres expressions : « le transport dans la politique, des habitudes de la littérature. » Il a semé là des observations bien ingénieuses et souvent profondes. Ayant à notre avis limité avec excès son sujet, il l'a du moins singuhèrement creusé. Il a remarqué, avant d'autres, combien, à mesure que dans le discrédit des vieilles institutions et des autorités régulières.

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les hommes de lettres s'étaient emparés des esprits, dénonçant les abus, raillant ou menaçant les anciennes assises sociales, refaisant chaque jour de fond en comble la société, — rien dans la condition même de ces écrivains ne les avait préparés à leur rôle de réformateurs et de justiciers ; combien dans Téloignement absolu où ils vivaient de la pratique, Texpérience qui aurait pu tempérer les ardeurs de leur naturel, leur avait fait défaut. Cette circonstance si nouvelle dans l'histoire, d'un grand peuple presque entièrement dressé, instruit et guidé par des gens de lettres, a contribué plus que toute autre cause, remarque Tocqueville, à donner à la Révolution française son génie propre. L'inexpérience de la nation s'est combinée avec l'imagination des auteurs pour (( construire au-dessus de la société réelle, une Société idéale dans laquelle tout paraissait simple et coordonné, uniforme, équitable et conforme à la raison... Quelque séparés qu'ils soient dans le reste de leur course, tous les écrivains du xvni® siècle tiennent à ce point de départ : qu'il convient de substituer des règles simples et élémentaires puisées dans la raison et dans la loi naturelle, aux coutumes compUquées qui régissent la société de leur temps. »

Cette conception abstraite et comme rectiligne de l'ordre social, Tocqueville la relève avec force

dans les physiocrates plus encore que dans les philosophes. Us veulent une nation unie, bien réglée, qui n'oppose aucune entrave aux rapports naturels des hommes : et comme ils n'aperçoivent dans les débris des institutions du passé qu'un obstacle à cette harmonie primordiale des choses, ils préfèrent à l'anarchie qui résulterait de leur restauration un pouvoir central absolu, prévoyant, ami des lumières, le fameux (( despotisme légal » qui, en s'inspirant delà saine doctrine, assurera le bien public. Ils n'aiment ni les restes delà féoàa- Uté, ni les contre-poids des institutions représentatives. L'égalité qui permet aux hommes de produire et de consommer sans barrières artificielles les touche plus que la liberté politique. L'empire administratif de la Chine est pour quelques-uns d'entre eux un idéal. Tocqueville, non sans exagération, voit et dénonce en eux les vrais auteurs de la révolution dans ce qu'elle a produit de funeste à la hberté pohtique. (( De tous les hommes de leur temps, s'écrie-t-il, ce sont les économistes qui paraîtraient le moins dépaysés dans le nôtre : leur passion pour l'égahté est si décidée et leur goût de la liberté si incertain, qu'ils ont un faux air de contemporains * . »

1 . Tocqueville pousse ici l'exagération jusqu'à attribuer aux physiosiocratcs le communisme de Morelly. Celui-ci a bien composé son

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Tocqueville pensait avoir, dans la première partie de son ouvrage, terminé l'examen des causes profondes et des caractères généraux de la Révolution (nous avons signalé la lacune qu'il y avait laissée et pourquoi il l'avait laissée). Il voulait dans une seconde partie, sans faire l'histoire proprement dite de la Révolution, suivre en leurs traits principaux l'enchaînement de ses grands événements : et pour cela il comptait remonter aux agitations politiques et sociales qui la précédèrent directement; étudier l'influence des Parlements sur l'explosion

livre à la même époque que Quesnay le sien, comme le dit Tocqueville : mais il n'a jamais été physiocrate. Ceux-ci, on le sait, ont toujours été d'ardents partisans de la propriété individuelle comme découlant de « l'ordre naturel. »

Tocqueville était plus dans la vérité lorsqu'il disait : « Les économistes, sans se séparer des théories, sont descendus plus près des faits... Toutes les institutions que la Révolution devait abolir sans retour ont été lobjet de leurs attaques... Toutes celles qui peuvent passer pour son œuvre propre ont été annoncées par eux et préconisées avec ardeur. . . On trouve en eux tout ce qu'il y a de plus substantiel en elle. »

Pour remettre les choses au point, v. Schelle, Du Pont de iVemours et du même l'article : Les Physiocrates dans le dict. à' Economie politique nouv. édit. (1892).

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de la crise, T Assemblée des notables, le désarroi de la Cour en face des agitations de l'opinion, son trouble extraordinaire lorsque, après avoir concédé les Etats-Généraux, elle laissa en suspens les questions essentielles et vitales, comme celle du vote par ordre ou par tête, qui entraînait ou qui plutôt était la révolution même, et qui resta jusqu'au bout indécise dans la volonté du roi et de ses conseillers : passer enfin en revue toutes ces causes petites ou grandes qui semblaient conspirer à la même éruption. (( Sans doute, écrit-il, de quelque manière qu'on s'y fût pris alors. . . la guerre aurait violemment éclaté entre les classes... mais il faut reconnaître qu'on n'aurait pu rien faire de mieux que ce que l'on fit pour rendre leur conflit immédiat et mortel. Jamais, de dessein prémédité, l'habileté et l'art n'eussent pu mieux réussir que ne firent l'impéritie et l'imprévoyance. »

Il aurait ainsi, sous les yeux du lecteur et en quelque sorte avec lui, parcouru successivement et complètement toutes les phases préparatoires de l'événement, pareilles à ces avenues qui, de tous les points de l'horizon, larges ou étroites, claires ou sombres, débouchent et se croisent en un même carrefour de la forêt, et qu'un explorateur avisé suit tour à tour s'il veut connaître à fond la région qu'elles traversent et pénètrent.

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- Cette partie, en quelque sorte préliminaire, de son ouvrage est restée inachevée. L'auteur luimême n'en a rien publié : on en a recueilli après sa mort quelques chapitres presque terminés : ils ont été réunis dans un volume de Mélanges qui présentent un caractère fragmentaire, mais dans lesquels on sent déjà constituée l'ossature d'un être singulièrement puissant. Des pièces essentielles manquent au futur organisme. Cependant à la vigueur et à la perfection de celles qui sont déjà en place, on peut juger de ce qu'aurait été le corps entier ; le lecteur éprouve un irrémédiable regret que l'auteur n'ait pu y mettre la dernière main. Il était mûr pour la véritable histoire, à la fois philosophique et vivante. Nulle part il ne s'est élevé plus haut comme observateur et comme peintre que dans quelques-unes des esquisses des Mélanges,

A mesure qu'il avançait dans son œuvre, l'étude de la partie animée du passé le séduisait de plus en plus et l'observation directe des hommes complétait en lui l'étude et l'analyse des institutions. Il a laissé dans ses papiers des ébauches de portraits d'après nature de quelques-unes des figures saillantes du xvni* siècle et de la Révolution. On a recueilli quelques-unes de ces esquisses : Turgot, le marquis de Mirabeau, Necker, y revivent en traits saisissants. Une note de l'éditeur indique que dans

les cahiers de Tocqueville il subsiste « une multitude )) de fragments analogues sur Mirabeau l'orateur, La Fayette, Siéyès, Mounier, Pétion, Barnave, etc., etc. Il serait bien intéressant déposséder ces notes, même sous leur forme inachevée. Grâce à sa longue fréquentation des contemporains, acteurs ou spectateurs des événements dont il voulait saisir la philosophie, Tocqueville s'était pénétré du mouvement des esprits, des passions générales du temps dont, dit-il avec justesse, les hommes voisins des événements sentent encore les derniers frémissements dans leur âme et dans leur cœur. A l'aide de cette familiarité prolongée avec les témoignages écrits ou parlés, il pensait pouvoir y^grer la Révolution et l'Empire, bien que (( trop près de cette histoire pour en connaître tous les détails » . (( Les détails, disait-il, ne s'affirment que par les révélations posthumes contenues dans les Mémoires et sont souvent ignorés des contemporains... Mais ceux-ci sont mieux placés pour tracer l'histoire générale, les causes premières,... le courant des esprits, dont les hommes placés trop loin ne se font pas l'idée, parce que ces choses ne peuvent s'apprendre dans les Mémoires. »

De l'histoire de la Révolution elle-même, il ne nous est resté ou du moins on n'a livré au public, que des notes concises, quelques-unes d'un

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singulier relief comme celle-ci sur la prise de la Bastille : « Pour les contemporains, la prise de la Bastille a été la victoire de la Révolution de 1789. Pour nous qui voyons Tévénement à soixante-dix ans de date, c'est la première manifestation dans les faits de la dictature de Paris... »; ou celle-ci sur la faiblesse delà Constituante, dès les premiers jours, contre l'émeute : « L'assemblée victorieuse, à l'aide du peuple, se trouve singulièrement embarrassée et faible en présence de l'anarchie et des crimes populaires... elle perd son temps à faire des scrutins... de ce jour elle était destinée à obéir et non à commander : le peuple de Paris devenait le souverain. Le pouvoir n'avait fait que passer un moment à elle pour arriver à lui. Il lui manquait la sûreté de main que procure seule la longue pratique des affaires. La Constituante de 1848, qui était sans doute bien inférieure en toutes choses à sa devancière, s'acquitta bien plus bravement et efficacement de cette partie de sa tâche qui consistait à combattre l'anarchie. » Il a une remarque pleine de profondeur sur la déclaration des droits, (( métaphysique politique dans laquelle l'Assemblée se perd pendant près de quinze jours tandis qu'au dehors régnent la plus épouvantable crise financière et le désordre dans les provinces... Il ne faut pas cependant oublier, marque Tocqueville, que

c'est par ces discussions qui nous semblent oiseuses, qu'on faisait entrer la Révolution dans toutes les têtes du reste du monde, et qu'on travaillait à rendre l'événement européen et non français. »

Tocqueville n'a touché qu'en passant à la figure colossale qui l'a occupé et préoccupé toute sa vie, dont il voulait faire le centre et l'aboutissant de son histoire, qu'il a détestée et admirée, qu'il voulait pénétrer et entourer de lumière, comme pour ne rien laisser de caché dans ces ressorts puissants dont il sentait à la fois le prestige incomparable et l'énergie malfaisante. Il appelait Napoléon : « cet être singulier, incomplet, mais merveilleux qu'on ne saurait regarder attentivement sans se donner l'un des plus curieux et des plus étranges spectacles qui puissent se rencontrer dans l'univers *. » Il voulait montrer « avec quel art incomparable il a découvert dans les œuvres de la révolution la plus démagogique tout ce qui était propre

1. Tocqueville rappelait dans une note ce jugement recueilli dans une conversation avec Mole : « Les historiens de l'Empire ont peint l'Empereur : mais l'homme lui-même, la réalité de cet être étrange leur échappe. Ce que personne n'a encore peint, c'est Bonaparte maître de tout avant de rien connaître, apprenant toutes choses en même temps qu'il gouvernait toutes choses; ... se livrant à toutes sortes de témérités intellectuelles ... toujours inattendu, éclatant, osant dire ce qu'il n'aurait jamais osé dire quelques années plus tard. Cette première fougue dans l'inconnu et le nouveau, qui l'a décrite ? »

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au despotisme et Ten a fait naturellement sortir. » Il comptait peindre — « à Tintérieur, la société comprimée et étouffée sous cette admirable machine, les âmes se rétrécissant, les hommes disparaissant devant la figure colossale de l'Empereur ; — à l'extérieur, la course furieuse de la fortune impériale à travers les peuples et les royaumes; ce génie impatient et mobile, faisant et défaisant sans cesse lui-même ses œuvres,... désespérant les nations et les princes moins encore par ce qu'il leur faisait souffrir que par l'incertitude éternelle où il les laissait sur ce qui leur restait à craindre. . . L'Europe si vaincue, si brisée, qu'elle se serait soumise à toute énormité dont on aurait annoncé d'avance les limites fixes et précises, mais réduite au désespoir par l'attente effrayante de quelque chose de pire encore... Malgré ses erreurs et ses succès, la trace immense qu'il a laissée derrière lui, — ce qui est mort avec lui, ce qui demeure.. . ». (( Napoléon, écrivait-il encore, voulait diriger l'enthousiasme, non le proscrire. Il voulait supprimer tous les grands efforts de l'âme au profit de l'un d'eux, celui qui fait bien mourir les armes à la main. Ce grand génie comprenait qu'il faut toujours quelques hautes passions pour vivifier le cœur humain, qui sans cela tombe en gangrène et en pourriture. ))

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Du dessin vivant et complet que Tocqueville projetait de TEmpire et de la démocratie césarienne que celui-ci a inaugurée, l'auteur n'a jeté que quelques coups de crayon : on peut juger s'ils annonçaient une image puissante égale à l'original qu'il voulait faire revivre et montrer à la France contemporaine, en lui rappelant à la fois d'où elle est née et par où elle a failli périr.

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