LES DEUX COMMISSIONS
En sortant de chez le traiteur, où il laissait Tambourinette et son amie, le petit Isidore n'était pas complètement gris, mais il avait la tète montée ; le via lui donnait de l'audace, et quoiqu'il n'en manquât pas à jeun, il se sentait alors capable d'affronter tous les obstales pour arrivera son but. Or, en quittant le petit salon où il a fait un déjeuner si prolongé, le but d'Isidore est d'avoir de l'argent pour payer sa dépense.
Il aperçoit une place de voitures, il monte dans un fiacre, crie au cocher : « Rue Chariot, au Marais », puis « s'étend sur le siège du fond en se disant:
« — Il s'agit de trouver un homme adroit pour porter « ma lettre... et bien lui faire sa leçon sur ce qu'il aura « à répondie si on l'interroge... il doit y avoir des corn- « missionnaires au coin du boulevard devant Bonvalet... « Je me ferai arrêter à quelque pas de là.
<« — Quel numéro dans la rue Chariot? » demande le cocher au bout de quelques temps.
« — Vous m'arrêterez à l'entrée... j'ai quelqu'un à « faire chercher... je descendrai au coin du boulevard.»
Le cocher se conforme aux instructions qu'il are. Il arrête ses chevaux à l'entrée de la rue Chariot. Isidore descend en disant :
« — Aitendez-moi là... n'en bougez pas. »
i02 ALEXIS ET GEOBGOA
Sur le boulevard Isidore trouve bientôt un commissionnaire, il lui remet sa lettre en lui disant :
« — Si on vous demande qui vous envoie, vous répon- « drez : c'est un monsieur de bonne mine qui est chez « un bijoutier sur le boulevard Saint-Denis et qui m'a dit a de me dépêcher. Allez, on vous remettra de l'argent, ce et vous me le rapporterez dans ce fiacre. ..qui stationne « là bas... Je serai dedans, je vous y attendrai. »
Le commissionnaire part ; Isidore regagne sa voiture, remonte dedans et dit au cocher qui s'apprête à fermer la portière.
« — Ne fermez pas... j'ai envoyé un expiés quelque « part et il faut que j'attende sa réponse avant de repar- « tir. »
Maintenant, laissous Isidore attendre dans le fiacre, et le commissionnaire se diriger vers la demeure des demoiselles delà Grenouillère; retournons près de l'oncle Langlumot que nous avons laissé au moment où il mettait le petit Carambolage à la porte de sa chambre.
On est toujours vexé d'avoir été pris pour dupe ; lorsqu'on a de l'esprit on s'en console vite en se disant ces paroles si vraies : « Cela arrive à tout le monde. » .Mais lorsqu'on n'a pas d'esprit ~n est bien plus mystifié d'avoir été trompé, car cela froisse horriblement l'amour- pro pre : et les sots sont bien plus susceptible? que les hommes de mérite.
Langlumot, qui n'avait jamais été un aigle, n'a paspu dormir de la nuit tautles aveux échappés à l'ami de sou neveu ont froissé son amour-propre. A tous ses îv^ se joignent les calculs de l'argent qu'il a dépense depuis qu'il héberge les deux jeunes gens dans son hôtel, et il se dit :
« Il est temps de mettre ordre à tout cela... dans la «compagnie de ces deux mauvais sujets je finirais par « le devenir moi-même... J'en prenais déjà le chemin..
ALEXIS ET GEORGINA i03
« moi, qui étais venu à Paris dans l'intention de mora- « User mon neveu... j'oublie ici mon épouse Hortense et « mon fils Alphonse. ..je tourne au Germuny de Trente <c ans, ou la vie d'un joueur !... j'ai perdu pas mal de na- « poléons au billard avec ce petit polisson d'Isidore... « arrêtons-nous, il n'est que temps. Dès aujourd'hui j'irai « faire mes adieux aux deux cousines, et demain en .«route pour Lisieux... Je sais bien qu'il m'en coûtera « pour quitter cette superbe Armande, qui me fait des « yeux blancs... bien expressifs: mais le devoir avant « tout ! d'ailleurs ces dames sont nos voisines en Nor- « mandie, leur propriété n'est pas bien loin de la nôtre, « et je ne vois pas pourquoi là bas je ne cultiverais pas « leur connaissance... j'irai les voir en me promenant... « je ferai semblant, près de ma femme, d'aimer la a chasse... je tirerai des pierrots. »
Langlumot se lève tard, il se fait servir à déjeuner dans sa chambre, il pense que son neveu va venir lui faire dus excuses au nom de son ami et tâcher d'apaiser son ressentiment ; mais personne ne paraît. Ennuyé d'attendre en vain, l'oncle dit à un domestique de lui envoyer son neveu. Auguste arrive, Langlumot lui conte les événements de la nuit, et lui enjoint de quitter à l'instant l'hôtel avec Isidore. Le gros docteur s'éloigne tout penaud. Bientôt l'oncle se ravise, et veut garder seulement son neveu ; il l'envoie chercher par un domestique qui revient au bout d'un moment annoncer que le docteur Auguste est sorti avec son ami Isidore.
« — Ils n'ont pas osé affronter ma présence! » se dit Langlumot, « ils ont bien fait. Maintenant allons a faire mes adieux aux deux cousines; soignons ma t< toilette, parce qu'il faut toujours laisser de soi un «souvenir avantageux... portons-leur des marrons glati ces. ..je sais qu'elles les aiment... soyons galant afin
« que l'on m'invite à aller au domaine de la Grenouil- « 1ère continuer nos relations. »
Le provincial se met de la pommade, des odeurs, des parfums et se rend chez les deux cousines, il y arrive sur les trois heures de l'après-midi.
Argentine et surtout Armande montrent les plus vifs regrets en apprenant que Langlumot retourne le lendemain à Lisieux. Elles voudraient bien aussi retourner chez elles, mais grâce à maître Chi potier leur affaire avec la corsetière n'est pas prête à s'arranger. Cependant on se promet de se revoir, on invite Langlumot à venir à la Grenouillère, et comme ce monsieur n'a jamais dit qu'il était marié, naturellement on n'invite que lui. En attendant on mange ses marrons glacés, puis enfin pour jouir plus longtemps de sa société on l'engage à rester à dîner, et Langlumot accepte cette aimable invitation.
Bientôt la domestique vient dire au campagnard qu'un commissionnaire porteur d'une lettre demande à lui parler.
« — Pour me relancer jusqu'ici... c'est donc quelque « chose de bien important, » dit Langlumot. « Mon « neveu seul sait que je viens chez vous, mesdames...
« — Voyez ce qu'on vous veut, ne vous gênez point, dit Armande. « Monsieur votre neveu est peut-être in- « disposé, ce cher docteur... sachez vite ce qu'il vous « écrit. »
Langlumot va trouver le commissionnaire. Celui-ci lui remet une lettre en lui disant :
« — Je viens de votre hôtel, monsieur, mais le jeune « homme qui est au orps de garde m'avait dit : si mou « oncle n'est pas chez lui, vous irez rue Chariot à tel « numéro il y sera... il parait que c'est vot' neveu. »
< — Comment, celui qui vous envoie est au corps « de garde!
ALEXIS ET GHORGINA 105
« — Oui, monsieur... au poste qui est tout près de « rodéon... Ah, il y a une fameuse trotte d'ici là et rue « d'Amsterdam ... mais je ne me suis pas amusé. »
Langlumot se hâte d'ouvrir la lettre que lui écrit Auguste et lit :
« Mon cher oncle, je viens d'être arrêté et conduit au -( corps de garde parce que je fumais dans une cour. .. << vous conviendrez que la chose est cependant bien in- « nocente; il est vrai que j'ai donné un coup de pied * dans le derrière d'un portier... et que cela lui a cassé h le nez... ceci doit vous sembler bien extraordinaire, « mais je vous expliquerai comment cela s'estfait. Venez h me réclamer, je vous en prie... et ne me laissez « point passer la journée au corps de garde, ça m'empê- « encrait d'aller voir mes malades, et j'en ai beaucoup « en ce moment...
« Votre bien-aimé neveu,
« Auguste. »
«P. S. Je vous certifie qu'Isidore n'est pour rien dans « tout ceci, j'ai entièrement rompu avec lui. »
« — Ah ! monsieur mon neveu est au corps de « garde! » se dit Langlumot, « il aura fait quelque nou- « velle sottise avec son cher ami. .. il a rompu avec lui, «dit-il, oh, je ne donne pas là dedans... qu'il reste au « corps de garde, tant mieux, ce sera une petite leçon pour lui. C'est bien, commissionnaire, vous pouvez vous en retourner,
« — M'en retourner... tout seul? le jeune homme qui «m'a envo\é m'a dit de vous ramener avec moi... — Je n'ai nullement l'envie d'aller avec vous... « — Qu'est-ce que je vais donc lui dire à ce monsieur?
« — Dites-lui qu'il est bien où il est, qu'il n'a que ce « qu'il mérite... qu'au surplus, demain... si j'ai le temps, « je passerai par là...
« — Eh ben, merci! il va être content, le bourgois... « vous ne voulez doue pas le réclamer vot' neveu?
« — Commissionnaire, ceci ne vous regarde pas.. .il me « semble que je n'ai pas de compte à vous rendre... « allez!...
Le commissionnaire s'éloigne en murmurant :
« — Eu via un oncle qui ne vaut pas les quatre fers « d'un chien ! »
Langlumot retourne près des deux cousines, il compose sa figure, se fait un air bénin et leur dit :
« — Ce n'est rien d'important... rien qui mérite votre « altention... Auguste avait oublié sa bourse, et me faitt sait demander quelques napoléons...
« — Verrons-nous ce soir ce cher neveu?
« — Je ne crois pas... il a ce soir une consultation... « je ne pense pas qu'il sera libre. »
L'arrivée de maître Chipotier interrompt la conversation, l'avocat avait l'habitude de se rendre toujours chez ses clients quelques instants avant l'heure de leur dîner; et comme il est assez difficile de ne point inviter quelqu'un qui est chez vous lorsque vous allez vous mettre à able. ce monsieur attrapait comme cela des invitations à dîner qu'il ne manquait pas d'accepter, tout en e criant :
« — Ah! mon Dieu que je suis fâché d'être venu en ce « moment... je ne pensais pas que vous dinassiei si « tôt!... c'est bien indiscret à moi d'accepter... mais cela « me donnera le temps de causer avec vous. »
Cette l'ois encore, les demoiselles de la Grenouili engagent maître Chipotier à faire comme Langlumot qui a bien voulu accepter leur invitation, et 1 avocat s'écrie :
« — En vérité c'est indiscret à moi de rester... je ne « pense jamais que vous dînez vers cinq heures... mais « je n'ai pas le courage de vous refuser, et puisque j'ai « lu plaisir de me retrouver avec monsieur Langlumot, j \ « vais vous raconter cette cause... fort piquante, que «j'avais commencé à vous narrer l'autre jour, et que « des circonstances fortuites m'empêchèrent de couti- « nuer...
a — Quelle cause? » disent les deux cousines.
« — Quelle histoire? » demande Langlumot.
« — Oh ! c'est une cause remplie de détails dignes de « Rabelais, mais devant les dames je sais mettre des «gazes... je crois que j'aurai le temps de vous la race conter avant qu'on ne serve le potage... J'avais pour « cliente madame Rigaut... cette dame voulait se sépa- « rer d'avec son mari parce qu'elle l'avait vu monter au « grenier avec sa bonne, grosse fille de vingt ans envice ron... à la mine espiègle et même je pourrais dire... »
Maître Chipotier est encore interrompu dans son récit par l'entrée de la domestique qui vient d'un air ahuri, en s'écriant :
« — Vlà un autre commissionnaire, avec une autre « lettre, celui-là demande à parler à ces dames de la « part d'un monsieur qui est chez un bijoutier...
« — Qu'est-ce que cela signifie ? Armande... attendez- « vous quelqu'un...
« — Personne, ma cousine, mais c'est peut-être, le doc- « teur Auguste, qui a encore besoin de son oncle... et « nous fait demander s'il est ici.
« — Oh! ce n'est pas probable! » s'écrie Langlumot, « ce serait par trop sans façon.. . vous écrire... pour que « vous alliez le... ce serait trop fort. ..
« — Faites entrer ce commissionnaire, nous saurons « ce que c'est. »
Le commissionnaire parait, il se frotte les pieds pendant
plusieurs minutes à la porte du salon avant de se décider à y entrer, la vue de tant de monde l'intimide.
a — Que demandez-vous? » dit Argentine.
« — Les cousines... de la Grenouille...
« — De la Grenouillère, achevez donc!
« — C'est ça... Grenouillère... etv'là une lettre pour « elles...
« — De quelle part?
« — Dame... c'est un individu de bonne mine... qui « attend chez un bijoutier.:, boulevard Saint-Denis. »
Mademoiselle Argentine prend la lettre, l'ouvre, regarde tout d'abord la signature et s'écrie :
« — Langlumot!... comment, monsieur Langlumot! « c'est vous qui nous écrivez !
« — Moi, mesdames, » répond le provincial en ouvrant de grands yeux... «Oh! non!... non ! ... je ne vous ai « point écrit... vous comprenez bien que je n'avais pas « besoin de vous écrire puisque je suis venu...
« — C'est bien signé Langlumot.. .
« — Par exemble, voilà qui est trop fort... voyons... « ce n'est ni mon écriture, ni ma signature...
« — C'est peut-être d'une autre personne qui s'ap- « pelle Langlumot aussi, » dit maître Chipotier. « Il y a « plus d'un âne à la foire qui s'appelle Martin... cela « s'est vu, mon avis est qu'on lise la lettre.
« — C'est juste, lisons la lettre... tenez, Armandet « lisez... vous avez plus d'organe que moi. »
La grosse Armande s'empresse de lire tout haut :
« Gracieuses et tout aimables demoiselles... un « accident imprévu m'arrive, j'ai fait des emplettes chez « un bijoutier, il me manque deux cents francs...
« — Oh! c'est infâme!... c'est abominable! » s'écrie Langlumot en sautant sur sa chaise, «se servir de mon « nom pour emprunter de l'argent!...
« — Laissez donc achevez la lecture de la lettre ! » di
l'avocat en contenant avec peine le campagnard sur son siège. « Ceci est grave, et nous fournira une affaire à « la cour d'assises! »
Mademoiselle Armande poursuit la lecture :
« Il me manque deux cents francs, je suis plus près de « chez vous que de chez moi, c'est pourquoi j'envoie « chez vous de préférence, veuillez remettre cette somme « à mon cocher...»
Ici, tous les regards se tournent vers le commissionnaire qui retourne sa casquette dans ses mains, et n'a pas l'air d'un cocher. Mais Isidore avait écrit sous l'intluence du Champagne.
« A mon cocher... et ce soir j'aurai le plaisir de vous « la rapporter en allant vou? baiser les cinq doigts et le « pouce. Votre admirateur Langlumot. »
Cette fois Langlumot ne se contient plus, il se lève comme un ressort d'acier et s'écrie :
« — Il n'y a que ce petit gredin d'Isidore qui soit ca- « pable d'avoir écrit cela...
« — Comment, » disent les deux cousines. » Monsieur « Isidore Dubois... l'ami de votre neveu... qui vous ap- « pelait son petit oncle...
« — C'est un filou, mesdames... c'est avec regret que je « me vois forcé de vous le dire... du reste je ne le sais « que depuis ce matin. .. c'est un drôle qui m'a trompé... « qui nous a trompés tour»... je n'ai pas besoin de vous « repéter que je n'ai point écrit cette lettre.
« — Il faut savoir d'où elle vient, » dit maître Chipotier, « laissez-moi interroger cet homme... vous « allez voir comme je m'y prends... avancez un peu, « vous!...
« — Moi, monsieur?
« — Oui, vous... Qui vous a remis cette lettre?...
« — Un monsieur de bonne mine qui est chez un « bijoutier boulevard Saint-Denis...
110 ALEXIS ET GEOKGINA
« — Vous répétez la leçon qu'on vous a faite... est-ce « que vous êtes cocher...
«— Moi, monsieur... pas du tout, je suis commission- « naire...
« — Celui qui vous envoie dit positivement : vous re- « mettrez cette somme à mon cocher...
« — Moi, je suis commissionnaire... ma place est sur « le boulevard devant Bonvulet le traiteur...
« — Ah! votre place est devant Bonvalet, et le mon- « sieur qui vous a envoyé est sur le boulevard Saint- « Denis... prenez garde, homme de peine... point de « fausses dépositions, ceci peut devenir grave... où attend-on votre retour? point de mensonges, du reste « ils seraient inutiles, nous allons vous accompa- « gner.
« -r Ah! dame, tant pis, » répond le commissionnaire, « tout cane me regarde pas... je dis ce qu'on m'a dit « de dire. Mais lejeune homme attend dans un fiacre... « ià-bas. .. contre le boulevard.
a — Ah! c'est bien heureux...
« — Marchons alors, » s'écrie Langlumot. « Mesda- « mes... je vous en prie... prètez-moi une canne... que « je rosse ce polisson...
« — Non ! point de canne ! point de voies de fait, » dit maître Chipotier, «cela gâterait votre cause; venez, je « vais vous accompagner pour vous prêter main-fuite « au besoin... mesdames, ceci retardera un peu votre « dîner, mais le cas est grave...
« — Messieurs nous vous attendrons... mais de lapru- « dence... point de colère!...
« — Écrire sous mon nom pour se faire donner de l'ar- « gent. .. Oh! ceci est trop fort !...
« — Gardez la lettre, mesdemoiselles, elle servira de « pièce au procès... maintenant, commissionna « marchez devant nous... à quinze pas de distance pas
ALEXIS ET GEOKGINA \ H
« plus, et vous nous désignerez la voiture dès que vous « l'apercevrez. »
Langlumot exaspéré, sort avec l'avocat, le commissionnaire marche devant eux d'un air bête et l'on suit ainsi la rue Chariot, en se dirigeant du côté du boulevard.
Mais Isidore qui était resté dans la voiture, trouvait le temps long, et à chaque instant regardait par la portière dans l'espoir de voir revenir son commissionnaire; il n'était point tranquille et commençait à craindre que tout n'eût point marché suivant ses désirs.
Enfin, comme sa vue est bonne, il voit de loin arriver l'homme qu'il a chargé de sa lettre, mais presque aussitôt il reconnaît Langlumot et maître Chipotier, qui se tiennent sous le bras et marchent sur les pas du commissionnaire.
« — Tout est perdu ! ... » se dit Isidore, « l'oncle était « chez les cousines quand on a porté ma lettre... ils * viennent pour me pincer... mais je ne vous attendrai « pas, mes petits amis... vous vous arrangerez avec « mon cocher, et vous payerez la course. »
Ouvrant aussitôt la portière qui donne contre les maisons, le petit jeune homme sort de la voiture sans ê vu par le cocher, et, se faufilant lestement contre les murailles, a bientôt gagné le boulevard où il se dit :
« — Maintenant je n'ai plus d'abri que chez toi... ô « Philiberte... retournons chez ma blanchisseuse... il y « a longtemps qu'elle me connaît celle-là... <•"• « qui, la première, m'a donné l'hospitalité lorsqu « ans je sortais de chez mon menuisier!... c'estunebonne « tille... qui ne m'a jamais abandonné dans les eircons- < tances difficiles, allons-y gaiement!... la fortune a'des « hauts et des bas.. .je remonterai peut-être! »