‹ Alexis Vrithoff, compagnon des capitaines Jacques et Joubert au lac TanganikaChapitre 22 sur 94 · CHAPITRE DEUXIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIEME

A 2 heures, je suis allé en ville avec Renier pour attendre le capitaine, qui est arrivé à 3 heures 4 minutes. Il venait de Rome, où il avait eu audience avec le Souverain- Pontife .

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Le Saint-Père nous envoie sa bénédiction ; il a béni des chapelets que M. Jacques lui a présentés et qui nous

étaient destinés. Il a promis de nous secourir pécuniairement, s'il vivait encore lors de son jubilé.

M. Jacques, à son départ de Bruxelles, a été aussi reçu par le roi, qui nous a souhaité bon voyage et a promis de suivre avec le plus grand intérêt nos pérégrinations dans l'Afrique centrale.

M. Jacques nous a encore appris que j'étais nommé sergent de l'expédition. C'est donc déjà un titre que je possède vis-à-vis de l'État indépendai-t, et je vous assure que je ne m'en tiendrai pas là. Je me ferai donc confectionner à Zanzibar la tenue officielle en rapport avec mes nouvelles fonctions.

Comme le temps était calme, on a levé l'ancre à o h, 20 du soir. J'ai pu contempler les dernières lueurs de la ville, que nous ne quittons pas à regret. En passant, j'ai remarqué que le Vésuve vomissait encore du feu, ce qui est d'un elTct saisissant la nuit. Je regrette de n'avoir pas eu le temps d'aller jusqu'au sommet du volcan. Nous sommes restés jusque 1 1 heures sur le pont, où, malgré une température de 20°, on devait tenir son pardessus.

Jeudi, 14 mai. — On rencontre beaucoup de navires en mer, laquelle est très calme. Il ne se produit aucun balancement de navire. A i heure après midi, on entre dans le détroit de Messine. Comme l'espace n'est pas très grand entre les deux côtes, on aperçoit très bien la verdure et les habitations du pays. C'est un magnifique tableau, qu'il est impossible de reproduire, tant il y a de détails changeant à tout instant. A gauche, on voit la pointe de l'Italie formant un cap; elle est surmontée de hautes montagnes s'élevant jusque dans les nuages, mais laissant voir leurs sommets. A droite, est l'île de Sicile, où l'on remarque très bien Messine, bâtie sur la côte ; avec des jumelles, j'ai pu compter facilement les barques amarrées à la plage; j'en ai trouvé 102. Je n'ai pu découvrir le volcan de l'Etna.

J'oubliais de dire que dans le détroit de Messine, nous avons rencontré un navire italien avec pavillon, qui faisait le service de croisière ; notre navire a fait con-

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