‹ Alexis Vrithoff, compagnon des capitaines Jacques et Joubert au lac TanganikaChapitre 29 sur 94 · CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME

séquence, et, du reste, la chasse suppléera à nos provisions

Ici, pour quelques jours, se terminera mon journal, car cette vie d'attente du départ est monotone et n'apporte rien de nouveau.

Je vous embrasse tous de tout cœur, et vous souhaite à tous une aussi bonne santé que la mienne. Dieu soit bénil

Alexis.

Ville Lettre Cl

Mes chers Parents,

Je vais continuer le journal que J'ai commencé et raconter l'emploi du temps journellement, sauo grands détails, car les occupations consistent invariablement à déballer et à remballer. Je dirai seulement ce qu'il peut y avoir de saillant chaque jour, jusqu'à notre départ.

Vendredi, 26 Juin. — Visite du marquis de Bonchamps, membre de l'expédition Stairs au Katanga. Ces trois derniers jours, j'ai ressenti un peu de fièvre.

Samedi, 27 juin. — Rien de particulier, je suis resté à la maison.

Dimanche, 28 juin. — Visite de trois membres de l'expédition Stairs f): un français, le marquis de Bonchamps, un anglais, le docteur Moloney, et le capitaine belge Bodson, qui déjà s'est trouvé au Congo avec le capitaine Jacques. Ces messieurs dînent avec nous. On ne s'aperçoit pas assez du dimanche, et bien souvent on ignore à quelle date on se trouve.

Lundi, 29 juin. — Je suis tout à fait remis de la fièvre, et l'appétit est revenu de plus belle. Il ne fait pas

1. Déposée à Mpouapoua, le 8 août ; arrivée à Nimur, le 19 septembre.

2. Le capitaine anglais Stairs fut l'un des plus courageux compagnons de Stanley dans son voyage à la recherche d'Emin Pacha ; il a fait l'ascension du Ruwenzori jusqu'à 3500 m. d'altitude. La société commerciale belge du Katanga le mit à la tête d'une expédition qui. partie de Zanzibar, arriva promptement chez le roi Msiri, aux sources du Congo. Là, le capitaine Bodson fut tué, et plus lard Stairs mourut ù son retour sur le bas Zanibè^e,

Alexis VrithuiT. ' «

trop chaud. Depuis plusieurs jours, on prépare sérieusement les charges pour notre caravane, qui se mettra en route au commencement du mois prochain, donc dans quelques jours.

Mardi, 30 juin. — Le capitaine a acheté aujourd'hui un âne pour chacun de nous, mais je crois que je ne m'en servirai pas souvent, sauf pour le passage d'un marais ou d'une petite rivière.

Mercredi, 1" juillet. — J'ai reçu aujourd'hui plusieurs lettres des camarades, qui m'ont fait grand plaisir. Je les ai relues plusieurs fois, en me remémorant les hauts faits de notre jeunesse —

Jeudi, 2 juillet. — Je vous ai déjà parlé de la ville de Bagamoyo. Je vais aujourd'hui achever de la décrire. Je crois avoir dit que c'est une ville de 20 à 3o,ooo âmes, comprenant indiens, arabes et indigènes. La ville possède deux marchés : marché à la viande et aux fruits, et marché aux poissons. Tous deux sont tenus par les indigènes. On y trouve de la viande convenable à un robo ou 90 c. les 3 ou 4 kg., des œufs à 4 pesas ou 12 c. la douzaine, des poulets à 3o ou 40 centimes.

Les arabes circulent en ville avec de beaux sabres et de magnifiques poignards ciselés. Ils ont tous la démarche fière, il semble que la ville de Bagamoyo leur appartienne ; mais au Tanganika, nous leur dirons un mot. Il paraît que là, ils sont flatteurs et se font petits. Le matin, le clairon du fort allemand sonne le réveil, et le soir, la retraite, c'est-à4âire que la ville est menée militairement par les Allemands. A partir de neuf heures du soir, plus personne dans les rues, sauf les étrangers, et ceux qui sont pris, sont passibles d'une amende ou de coups de bâtons. Les habitants doivent éclairer toute la nuit leur habitation.

Il y a toujours quantité de prisonniers au poste de police, qui se trouve au rez-de-chaussée de la maison que nous occupons; ils sont tous enchaînés deux à deux, au moyen d'anneaux en fer leur passant au cou, et toute la journée, ils travaillent la terre et transportent les ricrrcs

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