‹ Alexis Vrithoff, compagnon des capitaines Jacques et Joubert au lac TanganikaChapitre 30 sur 94 · CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME

Vendredi, 3 juillet. — Continué les préparatifs de départ. Je serai content d'être en route pour le Tanganika. Tous les jours, on reçoit une forte pluie d'orage vers deux ou trois heures ; c'est la fin de la massica ou période des pluies, qui dure pendant les mois de mars, avril et mai; elle est donc en retard cette année.

Le soir, nous avons reçu les adieux des membres de l'expédition du Katanga. Mais malgré le retard de notre départ, nous les retrouverons à Mpouapoua.

Samedi, 4 juillet. — Le capitaine Jacques est encore parti ce matin pour Zanzibar, pour acheter différentes choses. 11 nous rapportera un havresac pour la route, afin d'y mettre tous les objets qui doivent toujours être sous la main, et qui sera porté par un de nos boj^s.

Tippo-Tip est arrivé à une heure après-midi avec une nombreuse caravane. 11 apporte beaucoup de défenses d'éléphants, dont la valeur devrait rentrer dans les caisses de l'État Indépendant du Congo; car Tippo-Tip, vali ou gouverneur des Stanley-Falls, est un de ses ctgents. J'ai remarqué deux tigres dans la caravane.

Dimanche, 5 juillet. — Je suis allé à la messe à la mission avec le camarade Renier. A la bonne heure ; cela nous rappelle la patrie absente et nos habitudes chrétiennes. A quoi serviraient nos efforts d'anti-esclavagistes, si nous oubliions de mériter le secours du Ciel en rendant à Dieu nos devoirs de bons catholiques !

Après la messe, nous avons déjeuné avec les Pères Blancs. Ensuite, je suis allé avec Renier essayer mon fusil Winchester, pouvant contenir g cartouches. Il marche très bien et donne très juste: à 200 mètres, j'ai tiré I 5 cartouches, et chaque balle atteignait toujours son but, qui était le pied d'un arbre ; je suis donc sûr de toucher un homme chaque fois que l'occasion s'en présentera avec une seule cartouche.

L'après-midi, je suis allé à la chasse avec Renier ; j'ai tiré quelques tourterelles. Nous avions pris nos ânes pour les essayer, et en mettant le mien au galop, comme la selle n'était pas bien serrée, j'ai roulé deux fois dans les herbes, mais sans me faire aucun mal.

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