‹ Alexis Vrithoff, compagnon des capitaines Jacques et Joubert au lac TanganikaChapitre 43 sur 94 · CHAPITRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIÈME

Jeudi, 27 août. — Départ de Mouhallé à six heures et demie, et arrivée à loiingousi aune heure après midi. Les indigènes nous ont fait plusieurs cadeaux, et ce sont de braves gens. Dans la forêt, nous avons remarqué la présence d'animaux de toutes espèces, et malgré cela, je n'ai pu voir qu'un tout petit serpent, presque sous mes pieds. L'eau est mauvaise à loungousi. Nous nous trouvons pour le moment, depuis Maboungoulou jusque Kasoué, dans la Mgounda Mkali, nom qui signifie grande forêt.

Vendredi, 28 août. — Je suis parti de loungousi à six heures et demie du matin, et à une heure après midi j'arrivais au village de Koamba. Le camp est situé à dix minutes du village. II y a un tembé magnifique, entouré d'arbres très serrés et touffus comme une véritable muraille ; on appelle ces arbres mtoiipa. Vu la beauté du pays, le commandant a décidé de camper demain à Koamba pour se reposer. La caravane de Stairs a quitté Koamba ce matin.

Samedi, 29 août. — Passé la journée au camp à arranger mes malles et à lire. Le commandant a acheté quatre bœufs, et le chef du village en a fait cadeau d'un. L'eau est bonne ici, quoique remplie de sable. Plusieurs bœufs ont été tués et la viande distribuée aux askaris et aux pagazis qui ont été très heureux ; aussi ont-ils chanté toute la soirée. Il est entendu que nous nous sommes réservé les bons morceaux.

Dimanche, 30 août. — Départ à six heures et demie pour arriver au camp de Tchoiina à onze heures et demie du matin. Le camp est établi en plein bois, à côté d'un tembé où les indigènes ne sont pas complaisants ; ils nous disent ne pas avoir d'œufs et cependant ils ont des poules ; l'après-midi, ils nous ont apporté de la farine et une chèvre. L'eau est potable. Demain, on fera une tiriké^a pour pouvoir arriver mardi à Itoura. Au déjeuner, nous avions tous quatre grand'faim ; on a dû faire cuire deux fois des biftecks.

Lundi, 31 août. — J'ai passé une excellente nuit, ayant dorrni de neuf heures du soir à sept heures du matin ^

on aurait pu reposer davantage, car le départ n'aura lieu que vers une heure de l'après-midi. On a dû abattre le restant des bœufs, et avant le départ nous mangerons des biftecks excellents, au filet, s. v. p. On doit faire une tiriké\a, car il n'y a plus d'eau depuis Tchouna jusqu'à Itoura, quoique l'on passe au lac Tchaia; celui-ci est desséché, paraît-il, à cette époque; ce n'est, en réalité, qu'un vaste marais.

11 est curieux d'avoir une température de 28° et de voir un paysage d'hiver ; grand nombre d'arbres n'ont pas encore de feuilles. Nous n'aurons pas de pluie avant Karéma, paraît-il: c'est très heureux. La caravane de M. Stairs n'a plus que deux jours d'avance: nous espérons pouvoir bientôt la rattraper. Nous coucherons cette nuit en plein air.

Je lis en ce moment dans un livre intitulé: A l'assaut des pays nègres, journal des missionnaires d'Alger dans l'Afrique équatoriale, la distance à parcourir entre Bagamoyo et Tabora :

1° De Bagamoyo à Mpouapoua, 97 h. ^ = 377 km ;

2° De Mpouapoua à l'Ougogo, 18 h. = 65 km ;

3° Traversée de l'Ougogo, 38 h. 54^= 164 km ;

40 De l'Ougogo à Tabora, 65 h. ^^ = 260 km ;

Total : 218 heures et 866 km. Mais pour nous, il faut encore compter le voyage de Tabora à Karéma, qui est de 425 km, soit environ 28 jours démarche.

On se met donc en route vers midi, après le déjeuner. Comme plusieurs porteurs, environ une douzaine, se sont enfuis, on a quelque difficulté à les remplacer au départ. Le pays est triste, car on traverse toujours la forêt, et les arbres sont toujours sans feuillage. A cinq heures du soir, j'arrive au lacTchaïa, qui est, en effet, desséché, et qui ressemble à une immense plaine, A cinq heures quarante, j'entends le battement du tambour, signal indiquant que la caravane est arrivée au lieu du campement. On fait donc installer son lit en plein air, et après avoir mangé, on se couche; il est sept heures et demie. Au lac Tchaïa, le capitaine a blessé marlellement une girafe,qui est allée mourir un peu trop loin pour la cher-

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