‹ Alexis Vrithoff, compagnon des capitaines Jacques et Joubert au lac TanganikaChapitre 45 sur 94 · CHAPITRE QUATRIL::srE · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIL::srE

des porteurs qui veulent s'enfuir. L'eau a été buvable ces derniers jours. Température au soleil à deux heures après midi, 33°. J'ai un petit mal de gorge.

Jeudi, 3 septembre. — J'ai quitté le camp à six heures, et à midi j'arrivais au camp de Ngouhalah-Mtoni, après avoir traversé plusieurs forêts dépourvues de verdure, car c'est toujours l'hiver pour le moment dans cette contrée. Où le camp est établi, la végétation commence à paraître, par suite du voisinage de l'eau.

Vendredi, 4 septembre. — J'ai quitté le camp à six heures du matin,, pour arriver à Roiiboiiga à une heure de l'après midi. — Toujours la foret, mais à intervalles on traverse une belle prairie aux grandes herbes dorées par le soleil, et qui la font ressembler à un verger d'Europe. Rencontré nombre de rochers à fleur de terre. L'approche d'un village est ordinairement signalé par la verdure ; c'est ce que l'on remarque dans toutes les localités, et ici on voit encore près du village les traces de l'ancien Roubouga, par les sillons des anciens champs de moiitama, où poussent maintenant des herbes et des arbustes sauvages. Les indigènes nous ont fait plusieurs cadeaux, entre autres, d'un bœuf et une chèvre.

Près de nous, un autre camp est établi : c'est la caravane d'un Arabe se rendant à Tabora ; elle a quitté Bagamoyo depuis quatre mois environ et a eu beaucoup à souffrir en route. L'Arabe doit payer le hougo ( ou impôt) dans tous les villages de l'Ougogo, tandis que nous, nous n'en avons payé aucun, parce qu'on n'ose pas nous inquiéter; tout marche donc très bien.

Samedi, 5 septembre. — Je suis parti à six heures du matin, et vers onze heures j'arrivais au camp de Kigoiia. Le campement est établi près du dernier tembé du village, dans un ancien champ demoutama. Il fait très chaud : à deux heures, au soleil, j'ai remarqué 42°.

Dimanche, 6 septembre. — Aujourd'hui nous ferons deux étapes pour aller camper à Kasoé. Départ de Kigoua à six heures du matin et arrivée à la Mioni, ou rivière, à dix heures. A cet endroit, les porteurs ont

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pris de l'eau pour l'après-midi, et nous, nous avons fait rôtir quelques biftecks. A onze heures, nous nous sommes remis en route. Après avoir traversé quelques petites montagnes et parcouru encore la forêt remplie de rochers, on arrive en vue de Kasoé à trois heures et demie.

Mais en face de notre camp, il y en a un autre : c'est celui de la caravane du capitaine Stairs, qui a été surpris de nous voir déjà là. Ainsi, nous les avons rattrapés même avant Tabora, nous qui étions partis de Bagamoyo neuf jours après eux. Inutile de dire que nous sommes contents d'avoir si bien marché.

Kasoé est le premier village de l'Ounyamouési : adieu donc au Mgounda Mkali. Le panorama a complètement changé depuis ce matin : beaucoup de verdure et de magnifiques tembés, établis çàetlà, forment l'agglomération de Kasoé.

Le capitaine Bodson et le marquis de Bonchamps sont enchantés de nous revoir et ils soupent ce soir avec nous. Demain, nous serons donc à Tabora, où nous devons reformer notre caravane et engager de nouveaux soldats.

Lundi, 7 septembre. — A sept heures vingt, je quitte Kasoé, accompagné de Renier, et à neuf heures vingt nous opérons notre entrée triomphale dans la ville de Tabora. C'est magnifique Tabora : beaucoup de verdure et de jardins légumiers. A notre arrivée, nous sommes allés prendre le capitaine Jacques, qui était en visite chez le commandant allemand, M. Sigl ; celui-ci parle bien le français, et il est très gentil et enjoué. Il déjeune avec nous ce matin. Il nous racontait qu'il avait eu la guerre, il y a six mois, et il a été serré de près ; heureusement qu'il a pu tuer le chef des troupes ennemies; c'est ce qui l'a sauvé. Ce sont les Arabes qui provoquent ces troubles.

Le commandant allemand nous a immédiatement installés dans un grand tembé, où nous nous sommes occupés à notre arrivée de remiser les charges, qui sont très nombreuses.

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