‹ Alexis Vrithoff, compagnon des capitaines Jacques et Joubert au lac TanganikaChapitre 46 sur 94 · CHAPITRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIÈME

Je m'arrête ici, car le courrier attend ma lettre. Dans la prochaine missive, Je vous raconterai mon séjour à Tabora et mon voyage à Karéma, Encore un mois, et je serai à destination. J'espère que vous êtes contents de mes lettres, car je donne le plus de détails possible. Nous quitterons Tabora lundi prochain, et alors en route pour le Tanganika !

Votre fils qui vous embrasse de tout cœur, ainsi que toute la famille,

ALEXIS

IX^ Lettre (i).

Tabora, le i8 septembre 1891.

Mes chers Parents,

Je suis heureux de vous annoncer que je jouis toujours d'une excellente santé et que mes compagnons sont dans la même situation. Et vous-mêmes? J'espère bien qu'aucun de vous n'est malade et n'a la moindre indisposition, comme cela était, du reste, lorsque j'étais à la maison.

Il est heureux qu'aucun de nous n'ait été malade, et cela est extraordinaire, car il est très rare qu'une caravane comptant quelques blancs soit arrivée à Tabora dans cet état de bonne santé générale. Dieu bénit notre oeuvre antiesclavagiste.

Il ne faut pas du tout vous étonner si vous restiez quelque temps sans avoir de mes nouvelles ; il pourrait arriver que les lettres s'égarent ou soient enlevées. Ainsi le commandant allemand de Tabora me disait qu'il attendait sa correspondance d'Europe pour le 17 de ce mois. Le courrier est, en effet, arrivé à cette date, mais toutes les lettres avaient été enlevées par les indigènes de Makengué; la coriespondance n'est donc pas absolument sûre par cette route, bien que ce fait se produise pour la première fois, depuis cinq années que cet officier est ici.

A l'occasion, je vous prie donc d'envoyer vos lettres à l'adresse suivante: M. Alexis Vrithoff, membre de

I, Déposée à Tabora le 19 septembre 1891 ; arrivée à Nainur le ?in novembre.

-ryoïverSiî:

f BIBLIOTHECA |

lOO ALEXIS VRITIIOFF.

l'expédition antiesclavagiste belge au lac Tanganika (Afrique) â Mpala, par Quilimane.

De cette façon, je crois que je les recevrai toutes, car cette route est assurée.

Aujourd'hui, nous avons tué un veau, mais un grand celui-là, et dont nous avons pris un bon rôti, le soir au dîner. Ce veau était un cadeau de M. Sigl, qui dîne tous les soirs avec nous. Précédemment, il nous avait déjà offert quatre beaux bœufs. On tue tout simplement la bête d'un coup du fusil; on la dépèce, nous prenons les bons morceaux, tels que le filet et une cuisse pour faire des beefsteaks, ainsi qu'un morceau pour la soupe; ensuite on distribue le restant aux Askaris ou soldats. Vous voyez qu'on est vite débarrassé d'un bœuf; on agit de la sorte, parce qu'on ne peut longtemps conserver la viande ; on ne possède pas de glacière dans ce pays.

J'oubliais de dire que je n'ai plus reçu aucune lettre depuis Bagamoyo, sauf à Mbikili, où j'en ai reçu une de H. D., d'Iseghem, mon camarade de Malonne, qui vous a rendu visite il y a quelques mois.

Mon oncle S..., que pense-t-il maintenant de mon départ ? N'a-t-il pas encore changé d'idée? Pour moi, je ne regrette rien et j'aime toujours cette vie aventureuse.

A la garde de Dieu et pour le service du prochain !

De Tabora, je n'envoie que cette lettre et je vous assure qu'ici ce n'est pas une petite affaire d'écrire, malgré le vif désir de donner de ses nouvelles, tant on est occupé et tant la chaleur est grande (3o<^ à l'ombre, à 4 h. j4)- Mes compagnons sont dans le même cas, et Renier n'a plus écrit un seul mot depuis Zanzibar.

ALEXIS

Lettre X<= (i). -

Karéma, le i8 octobre 1891.

Mes chers Parents, Je vais reprendre et continuer le journal commencé dans mes lettres précédentes; de cette façon, j'ai plus facile.

I. Déposée à Karéma le 19 octobre, arrivée à Narnur le 25 février 1892.

Page 1