‹ Alexis Vrithoff, compagnon des capitaines Jacques et Joubert au lac TanganikaChapitre 49 sur 94 · CHAPITRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIÈME

De Tabora au lac Tanganika.

Départ de Tabora. — Un orage. — Dans rOunyaniembé. — Danse guerrière. — Quantité d'animaux; hj'ènes et crocodiles. — Chasse à l'hippopotame. — Lion et rats. — Seize têtes de morts. Nouvelles de Joubert. — L'eau et le sorcier. — La plaine et les montagnes. — Hourrah Tatii^anika/ — A Karéma, chez les Pères Blancs. — Le capitain.e Joubert. — La jonction est donc fiiite.

X^ Lettre (suite).

Jeudi, 24 septembre. — NOUS voilà donc de nouveau en marche : notre but, cette fois, est Karéma.

Après avoir déjeuné chez M. Sigl et lui avoir fait nos adieux, nous nous mettons en route à une heure après midi pour Tema, distant de 4 lieues et demie. Nous avons traversé une bonne partie de Tabora,semée de quantité de tembés. A 5 h. i^<, j'arrive au camp, ayant fort soif, mais je me désaltère à un puits dont l'eau est excellente et claire. Vers 7 heures, le ciel se couvre, et un petit orage éclate, accompagné d'un peu de pluie : les éclairs et les coups de tonnerre se succèdent presque sans interruption, mais cet orage n'est rien en comparaison de ceux que j'aurai à essuyer au Congo, car il paraît que là les orages sont très fréquents, surtout violents et accompagnés de fortes pluies.

Vendredi, 2.5 septembre. — En route pour le camp à'Igoua à sept heures du matin, et arrivée à onze heures et demie. Nous marchons tous les quatre ensemble, avec tous les soldats et une cinquantaine de porteurs, car la caravane est partie de Tabora avant nous, conduite par Dausa, un des agents de Sewa Adji à Tabora. D'ailleurs, aucun danger sur la route.

Nous sommes donc dans la contrée de V Ounyanîembé province de l'Ounyamouési; cette contrée est très populeuse; aussi on traverse grand nombre de villages, où les

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indigènes sont affables, et lorsqu'on leur demande à boire, ils s'empressent de vous apporter un grand vase d'eau fraîche. Quelle différence avec cette contrée de l'Ougogo, dont les habitants s'enfermaient dans leurs tembés et vous refusaient l'eau !

Ainsi dernièrement, lorsque nous étions en route pour Roubouga, ce n'est que grâce aux Askaris que nous avons pu avoir de l'eau dans un tembé : aussi, pour nous rattraper, en avons-nous bu et en avons-nous emporté ! Arrivés à Igoua, nous apprenons que la caravane est campée à une demi-heure de notre camp ; nous la rejoindrons demain à Toiitoiia. Les indigènes nous ont apporté des cadeaux et de l'excellent pombé, qui nous fait toujours grand plaisir. C'est un bon breuvage quand on le prend en mangeant.

Samedi, 2G septembre. — Nous avons quitté le camp à sept heures, pour arriver à Toutoua à onze heures et demie. Là nous avons retrouvé une grande partie de la caravane. Le commandant a envoyé, ce matin, quelques Askaris chercher les fusils que des déserteurs avaient enlevés. A quatre heures, trois fusils étaient rentrés. La marche d'aujourd'hui a comporté la traversée d'une foret assez riche en feuillage. L'eau est bonne et la population excellente.

Dimanche, 27 septembre. — Départ pour Igonda a six heures et demie, et arrivée à huit heures un quart. C'est une bien petite marche. Nous avons vu la limite de rOunyaniembé, marquée par une longue allée bordée de grands arbres. La caravane avance bien maintenant : nous marchons tous les quatre en Icte, sans nous occuper d'elle. Elle est d'ailleurs bien conduite. L'après-midi, nous avons reçu la visite de la reine d'Igonda, qui nous a fait des cadeaux.

Lundi, 2S septembre. — En route pour Commoua laghé à six heures quarante-cinq, et arrivée vers dix heures et demie. La verdure est partout magnifique, et la nature ne la ménage pas. Le camp est établi dans un ancien champ de moutama. Il y a quatre villages établis

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