‹ Alexis Vrithoff, compagnon des capitaines Jacques et Joubert au lac TanganikaChapitre 50 sur 94 · CHAPITRE CINQUIÈME. lO · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIÈME. lO

à quelque distance du campement ; entre autres Maembi, dont le chef est Loueba, et la reine Tchanza : ceux-ci nous ont fait plusieurs cadeaux. L'eau est bonne. Température au soleil : à quatre heures, 42° : à cinq heures et demie, 3 2°.

Mardi, 29 septembre. — Départ de Commoua laghé à six heures vingt, et arrivée à Simbiri vers neuf heures et demie. La route n'a pas été aussi gaie qu'hier : peu de verdure. Le reste de la caravane nous rejoint vers quatre heures du soir. A ce moment, les porteurs, au nombre d'une soixantaine, nous ont offert le spectacle d'une danse guerrière qui a duré plus d'une heure. Il fallait voir tous ces malheureux transpirer et souffler pendant cette longue danse !

L'eau est, ici, belle et bien claire.

Mercredi, 30 septembre. — Je suis parti à six heures un quart du camp de Simbiri, pour arriver vers dix heures au camp de Kakoma, qui est établi dans un ancien champ. La route a été belle: beaucoup de verdure. C'est bien singulier ce changement de paysage d'un jour à l'autre ! En tous cas, le voyage de Tàbora à Karéma est le plus agréable que nous ayons eu depuis Bagamoyo. C'est autre chose que les bords de la Meuse! Plusieurs lembés sont établis sur la route. Nous allons entrer dans un pays fort giboyeux: déjà le commandant a aperçu une antilope, des girafes, des zèbres, etc.

A notre arrivée, nous recevons le courrier venant de Karéma de la part du Père Randabel, supérieur de la Mission, et nous disant que nous arrivons bien à propos au lac; la rumeur publique a déjà appris notre arrivée, et les Arabes sont inquiets. Le Père nous dit aussi que le capitaine Joubert n'est plus à Mpala et qu'il a établi son poste à Saint-Louis de Mirumbi, au-dessous de Mpala.

L'eau est impure au campement de Kakoma.

Jeudi, 1^'^ octobre. — Départ pour Kisimdé à six heures, et arrivée à onze heures et demie du matin. Le capitaine a pris les devants delà caravane pour se rendre à la chasse ; il a pu tirer, mais difficilement, à cause

I08 ALEXIS VRITIIOFr

des arbres, qui lui ont fait râler plusieurs bétes. C'est incroyable la quantité d'animaux peuplant l'Afrique.

Tout le voyage d'aujourd'hui a consisté dans la traversée d'un grand bois, à l'extrémité duquel sont établis deux villages. Ces gens ont du défricher beaucoup pour obtenir de si beaux champs. Après avoir marché encore une demi-heure, j'arrive au village de Kisimdé, caché dans un bouquet de bananiers et d'euphorbes; le camp est établi à quelque distance de ce village, au bord de la forêt. L'eau est bonne. Un des villages dont je vous parlais plus haut est Kouâ-kouou et appartient au sultan de Kakoma. Demain, nous camperons encore ici.

Vendredi, 2 octobre. — Le commandant est parti ce matin à la chasse et nous a rapporté une antilope. Kisimdé est le dernier village de l'Ounyaniembé, que nous quittons définitivement après avoir traversé l'Ougando, pour entrer dans l'Oukonongo. Le soir, nous avons eu une averse. La nuit, j'ai entendu plusieurs hyènes près du camp.

Samedi, 3 octobre. — Tout au matin, avant le jour, le camp est réveillé par les cris des porteurs qui voient une hyène faire invasion dans notre camp, tentée sans doute par notre troupeau de chèvres; mais, aux cris poussés par nos pagazis, elle a pris la fuite.

J'ai quitté le camp ce matin à six heures et demie. La route traverse une plaine pendant deux ou trois heures et ensuite une partie de la forêt.

Comme je le disais plus haut, ce pays est fort giboyeux, à en juger par les nombreuses traces d'animaux, et le gibier est tellement abondant que plusieurs lions ont établi leur repaire dans les environs. Vers dix heures et demie, on arrive au bord de la rivière l'Ougalla, desséchée en beaucoup d'endroits. Elle forme en ce moment de petits étangs peuplés d'hippopotames et de crocodiles. Le camp est établi à cet endroit dans une vaste clairière au milieu de la forêt.

Aussitôt arrivé, le commandant s'est rendu à un étang pour y chasser. Cet étan?, qui n'avait pas une superficie de quatre-vingts mètres de long sur autant de large, contenait quantité àliippovotamcs et de crocodiles.

Page 1