CHAPITRE CINQUIEME
Seef-ben-Saad, vali ou chef Arabe de Tabora, devant
un tembé.
(Gravure extraite du Moiivevient a^itiesclavagisfe.)
IIO ALEXIS VRITHOFF.
L'après midi je suis allé retrouver le commandant et j'ai pu tirer aussi. Le commandant a tué un grand crocodile que l'on a conduit au camp : il mesurait cinq ou six mètres de longueur. On a continué la chasse jusqu'à la soirée, et plusieurs crocodiles ont été culbutés, ainsi que plusieurs hippopotames, dont deux sont sûrement blessés à mort ; il doit cependant y en avoir un plus grand nombre, mais c'est demain matin que nous connaîtrons le nombre des victimes.
Voici en quoi consiste cette chasse très simple et surtout amusante; on s'installe au bord de l'étang et on attend. Les hippopotames sont entièrement sous l'eau, et de temps à autre ils viennent aspirer l'air pendant quelques secondes; on n'aperçoit alors que les naseaux dépassant un peu la surface de l'eau. Mais, de temps en temps, une de ces bêtes, plus franche que les autres, montre un peu trop le mufle et aussitôt on lui envoie une balle. Si on l'a touchée au bon endroit, à l'œil, de préférence, la bête a son compte: elle plonge, et ce n'est que quatre heures après qu'elle reparaît, morte, à la surface.
Quant à la chasse au crocodile, lorsque l'animal apparaît à la surface, on lui adresse un plomb dans la tête; il fait quelques contorsions, et pendant ce temps, on lui tire encore deux ou trois coups de fusil: la vilaine bête est alors morte. Vous voyez que c'est vite fait, et que l'Afrique a des agréments pour .un bon tireur ; c'est autre chose que la chasse au lièvre, n'est-ce pas ? „
La chasse à l'hippopotame n'est pas dangereuse, tant que l'animal est à l'eau, son élément favori, dont il ne cherche pas à sortir; il ne bouge plus de l'eau, si on lui fait la chasse. Mais à terre, l'hippopotame est dangereux, et, s'il vous atteint, il vous piétine et vous écrase.
Demain, les porteurs pourront se régaler de viande; nous resterons au camp de l'Ougalla pour leur permettre de dépecer les hippopotames ; les Askaris n'en mangent pas, disant que c'est de la viande impure. Le soir, j'ai encore entendu des hyènes.
Dimanche, 4 octobre. — Nous nous reposons donc encore aujourd'hui et nous suppléons au défaut de messe