CHAPITRE CINQUIÈME. I I i
le mieux que nous pouvons. Q.ue ne sommes-nous déjà chez les missionnaires !
Après le déjeuner, nous nous sommes rendus à l'étang. Les porteurs avaient déjà retiré les bêtes tuées : quatre hippopotames et trois crocodiles étaient sur leurs flancs. Le commandant a pris des photographies de ces animaux. Pendant la journée, deux hippopotames et deux crocodiles sont encore revenus à la surface de l'eau et des gens de là caravane en ont achevé un autre, ce qui porte à sept le nombre de ces monstres tués dans notre chasse vraiment fantastique d'hier, sans compter ceux qui sont allés mourir dans la forêt. Les porteurs s'en sont donnés à cœur joie et ils avaient de la viande en telle quantité qu'ils n'ont pas pu dépecer toutes les bêtes. Il est vrai qu'un hippopotame ordinaire donne plus de mille kilog. de viande. Cette bête est énorme, la tête surtout est volumineuse. La chair ressemble assez à celle du porc. La peau est épaisse de près de deux doigts.
Lundi, 5 octobre. — La nuit, j'ai entendu plusieurs hyènes aux environs du camp, et le voisinage des lions n'a rien de rassurant pour les peureux. On quitte le camp à six heures et, à onze heures et demie, on arrive à Louamba Koatcha, après avoir traversé un pori sans végétation. Le soir, un lion est venu rugir près du camp
Mardi, 6 octobre. — Le départ a eu lieu à six heures un quart. Le pays est toujours sauvage et triste. A neuf heures et demie, on arrive à Moinam binoiica, où on établit le camp. Le terrain est mauvais et miné par les rats. L'après-midi, nous avons reçu une averse.
Mercredi, 7 octobre. — J'ai quitté le camp à six heures. La verdure commence à réapparaître. A onze heures et demie on arrive à Oakabala. Le village est masqué par une double haie d'euphorbes et de ronces. Le camp est établi au bord d'un petit lac, dont l'eau est excellente. Des hyènes nous ont encore donné un concert la nuit.
Jeudi, S octobre. — Départ pour le Kilimanne à six heures. On a traversé d'abord une forêt, dont le sol est
ferrugineux ; ensuite, on a grimpé une rude montagne pierreuse, et à midi, on est arrivé au campement, en plein bois.
Vendredi, 0 octobre. — Départ à six heures. On traverse toujours la même forêt qu'hier. A huit heures et demie, on est en vue du village de Kalambéga, où l'en campe. Ce village est de construction récente.
Samedi, 10 octobre. — Je quitte le camp à cinq heures et demie. A huit heures, on arrive au village de Bahasuisa, et plus loin on rencontre encore deux villages en construction. A dix heures, nous campons à Moukalaga, village entouré de plantations. L'eau y est bonne. Le chef nous a fait des cadeaux.
Dimanche, 11 octobre. — A cinq heures et demie du matin, on devait lever le camp. Les porteurs refusent de partir et veulent rester aujourd'hui à Moukalaga ; plusieurs même s'enfuient. Les Askaris recherchent les fuyards et les ramènent au camp. Enfin à sept heures quarante-cinq, on quitte Moukalaga et l'on parcourt une forêt interminable, ravissante de verdure; on y campe à une heure et demie au lieu dit Simbo. L'eau y est mauvaise. Le soir, j'ai entendu des buffles.
Lundi, 12 octobre. — Départ pour Conarué à cinq heures et demie. On continue à traverser la même forêt qu'hier. Il y a beaucoup de montagnes à gravir : la route est bordée de gros rochers et de ronces. Il y a ici des traces d'éléphants. A neuf heures et demie, on arrive en vue du village. Le niampara vient à notre rencontre et nous conduit dans l'intérieur.
A l'une des entrées un hideux spectacle s'offre à notre vue : seize têtes d'hommes se balancent au haut d.* perches; c'est réellement dégoûtant.
Les indigènes de cet endroit sont en guerre avec ceux de Pomboué, et après un combat, l'habiiude est de trancher les têtes des ennemis tués et de les suspendre comme trophée ; parmi ces têtes, plusieurs sont toutes fraîches. Le villa£^e est entouré d'une haute clôture et d'un