CHAPITRE CINQUIÈME
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Alexis VrithoÔ
114 ALEXIS VRITIIOFF.
fouillis d'arbres impénétrable. Il y a huit Jours, ce village a encore été attaqué par les indigènes de Pomboué, qui voulaient y pénétrer la nuit par une des portes, mais les gens de Conawé s'en étant aperçus, purent les mettre en fuite. Il y a deux jours encore, les assaillants ont voulu les attaquer, mais apprenant que notre caravane allait passer, ils se sont retirés. Le chef du village aurait voulu nous entraîner dans cette guerre et nous a fait cadeau d'un mouton et d'une chèvre. Le camp est établi au milieu du village, qui a été en partie détruit. On voit encore beaucoup de décombres de huttes et de tembés. L'eau est excellente.
L'après-midi, nous avons reçu une lettre, devinez de qui ?... Du capitaine Joubert. Il nous dit qu'il nous voit arriver avec grand plaisir, et qu'il regrette de ne pouvoir venir à Karéma,se trouvant seul et craignant les Rougas-Rougas, que les Arabes ont soulevés.
Mardi, 13 octobre. — On part à six heures un quart. A sept heures quarante-cinq on arrive à la rivière Katouma, après être passés à côté d'un petit village admirablement bien fortifié. L'après-midi, nous ferons une tirikéza (deuxième étape). A onze heures un quart, nous nous mettons en roule pour traverser un pori, puis nous arrivons au campement, situé en pleine forêt. Nous trouvons enfin de l'eau en cet endroit souvent à sec; les porteurs attribuent à un msimou ou sorcier, le pouvoir de faire venir et disparaître l'eau à son gré. L'explication en est bien simple: on ne trouve pas d'eau quand une caravane, vous précédant de près, a épuisé la source ; comme nous suivons de huit jours la caravane de M. Stairs, l'eau a eu le temps de revenir pour nous.
Mercredi, 14 octobre. — Le départ s'est effectué à cinq heures vingt. Après avoir traversé une magnifique forêt, il est sept heures lorsque nous arrivons en vue d'une plaine basse, couverte d'herbes roussies par le soleil et tellement grande qu'on ne peut s'en faire une idée. A l'extrémité oià nous la voyons, il faudrait plus d'une heure pour la traverser dans sa largeur ; quant à la