‹ Alexis Vrithoff, compagnon des capitaines Jacques et Joubert au lac TanganikaChapitre 56 sur 94 · CHAPITRE CINQUIÈME. II · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIÈME. II

assez dire. Il y a presque famine dans le pays par suite du grand nombre de réfugiés, qui, fuyant devant les razzias des Arabes, sont venus construire ici leurs villages. De la sorte, ils sont protégés par le voisinage du capitaine Joubert.

Celui-ci n'a pas encore recules 3 20 fusils que les anciens Zouaves belges et français lui ont envoyés en cadeau au mois d'avril dernier.

Vendredi, 23 octobre. — Le capitaine Joubert est en train de préparer une chapelle, et de temps en temps on aura la messe dite par un Père de Mpala ou un autre Père de passage, et peut-être aura-t-on bientôt ici une mission. Une caravane de missionnaires belges est en route pour le Tanganika : ils viennent remplacer les missionnaires français, qui vont aller sur l'autre rive du lac.

Le capitaine a chez lui une trentaine d'enfants rachetés, comme cela se pratique dans les missions. Il a donc beaucoup de besogne: ouvrages de menuiserie, de jardinage, de pharmacie, etc. Il règle les différends entre les chefs de villages du Marungu, et de temps en temps, on va en expédition ; mais maintenant il ne peut plus y aller, car les longues marches le fatiguent. Il pleut tous les jours depuis le lendemain de mon arrivée: c'est le commencement de la massica (saison des pluies), et nous en avons pour cinq mois à recevoir de la pluie, d'ailleurs nécessaire à la culture. La pluie est toujours amenée par un violent orage et, lorsqu'il pleut, il ne fait pas bon voguer sur le lac.

On cultive ici le blé, le riz, le manioc, les kalangas, les pommes de terre, la canne à sucre, le sorgho, et on a des légumes, des oignons. Nous avons même apporté une caisse de semences au capitaine Joubert.

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