‹ Alexis Vrithoff, compagnon des capitaines Jacques et Joubert au lac TanganikaChapitre 57 sur 94 · CHAPITRE SIXIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SIXIEME

Alexis, adjoint du capitaine Joubert, Il fait la guerre.

A Saint-Louis. — Alexis, adjoint du capitaine. — L'ennemi Katélé. — A Mpala. — Mort de son chien Stipp. — Une expédition en détresse. — Revanclie à prendre contre les chasseurs d'esclaves. — Danse guerrière. — Sikalind'é a peur et se sauve.— Campagne contre Kipoka. — Bataille et victoire: Kipoka est tué. — Réquisitions de chèvres. — Genre de vie à Mirumbi. — Le P. Van Oost. — i" janvier 1892. — Fondation d'Albertville. — Gâteau des Rois. — Nouvelles de Namur. — Échec grave des Allemands. — Succès de Jacques. — Genre de vie africaine.— Dernière lettre. — Fin duyÊ'M^;/^:/ d'Alexis Vrahoff.

Lettre XI^ (suite).

Saint-Louis de Mirumbi.

Samedi, 24 octobre. — J'ENTRE donc en fonctions et je commence par remplir l'office de médecin; la caravane du lieutenant Long, qui doit arriver, vient avec trois médecins ; le capitaine tâchera d'en retenir un.

Dimanche, 25 octobre. — Le capitaine Joubert avait pour voisin un ennemi nommé Katélé, agent des Arabes, qui avait été battu par lui il y a environ un an et demi. Katélé s'était installé à quatre lieues de chez le capitaine et était en train de se construire un boma, ou maison fortifiée. Le capitaine attendait que l'expédition Stairs fût partie pour aller le déloger malgré sa bonne installation ; comme l'eau est assez éloignée du boma, il fallait tout simplement lui couper l'eau et l'affaire était faite. Mais voilà qu'aujourd'hui nous apprenons que Katélé a abandonné son village et est parti avec tous ses gens. Plusieurs hommes du capitaine demandent à s'installer chez Katélé : permission leur est accordée. Katélé a quitté son village par crainte d'une attaque ; la famine l'accablait, et s'il a tant tardé à fuir, c'est qu'il attendait du renfort. On a trouvé là des champs tout préparés pour la culture.

Jeudi, 20 octobre. — Le commandant Jacques arrive à 5 h. du soir, amenant une partie des charges destinées au capitaine Joubert.

Vendredi, 30 octobre. — Le Père Van Oost, de la mission de Mpala, arrive ce matin; il vient pour dire la messe dimanche. Mon chien Slipp devient aveugle ; je crains pour ses jours, car il refuse de manger.

Dimanche, 1^^ novembre. Toussaint. — Grâce au P. Van Oost, un belge, nous passons ce beau jour de fête dans les exercices de piété. Le soir, nos parents morts ne sont pas oubliés, et la fête nous donne occasion de penser à tous nos chers absents. Que Dieu veuille nous réunir tous au ciel après cette vie !

Lundi, 2 novembre. — Le Père Van Oost m'invite à retourner avec lui à Mpala. J'accepte avec joie, désireux que je suis de voir Mpala et le Père supérieur. Nous devons descendre au Mtoto et de là aller à pied à Mpala, car nous devons aller sur une montagne appelée les Hawas, voir s'il y a de ces grands arbres propres à faire des barques d'une seule pièce: les indigènes les creusent et n'ont pour cela qu'une petite liache.

Nous partons donc en pirogue à 3 h. y^ de l'aprèsmidi. A 5 h. y2, nous arrivons en face d'un petit village nommé Chanza, établi au bord du lac. Nous devons dormir dans la petite baie « Mtoto », car le lac devient mauvais et nous ne pourrions avaîicer avec notre petite barque. — Arrivés sur la plage, on prépare le dîner qui paraît excellent et qui Test en effet ; ensuite on s'installe sur le sable pour y dormir. A minuit, le Père Pruvot, de Mpala, arrive dans notre baie. Il change de résidence et se rend à Karéma.

Mardi, 3 novembre. — Hier, nous avons trouvé au Mtoto une barque venant de Karéma et conduisant à Mpala des charges du capitaine Jacques. — Comme le lac n'est pas encore calme ce matin, nous laissons notre pirogue à la baie et prenons la grande barque. Si nous ne pouvons stopper aux Hawas, nous continuerons notre route vers Mpala. C'est ce qui a lieu. Partis de

Page 1