‹ Alexis Vrithoff, compagnon des capitaines Jacques et Joubert au lac TanganikaChapitre 58 sur 94 · CHAPITRE SIXIEME. I · texte numérisé non relu

CHAPITRE SIXIEME. I

Mtoto à 5 h. du matin, le vent devient violent à 6 h. et un orage éclate accompagné d'une pluie abondante. De temps en temps on peut hisser la voile, lorsqu'il y a un bon vent, et alors on avance vite. Il est heureux que nous ne soyons pas descendus aux Hawas, car la pluie, plus qu'abondante que nous avons essuyée, nous aurait empêchés de gravir la montagne. En temps de pluie, les sentiers deviennent de véritables torrents.

Enfin, à i heure après midi, nous débarquons avec peine à Mpala, Le Père Guillemé, supérieur de la mission, vient me recevoir sur la plage, accompagné d'une nombreuse bande de gamins sautant et dansant dans Teau. Le lac est magnifique, et on le regarde en l'admirant. Il paraît qu'à la mission de Kibanga, il y a un Frère nommé Etienne Capelle, fils d'un entrepreneur des environs de Namur. Le capitaine Jacques, qui est en ce moment chez le capitaine Joubert, retourne aujourd'hui à Karéma.

Mercredi, 4 novembre. — On construit à Mpala une nouvelle habitation de genre européen, avec pierres et briques cuites au four ; les places sont dallées en briques et blanchies à la chaux. Beaucoup de villages se sont établis autour de la mission, qui les protège, et tous ces noirs cultivent et défrichent pour avoir de quoi se nourrir.

Jeudi, 5 novembre , et jours suivants. — Je les ai passés à visiter les environs de Mpala et les bords de la rivière Lufuku, se jetant dans le lac à deux pas de la mission. J'ai essayé de chasser des hippopotames qui se montrent continuellement près de la mission ; mais lorsqu'on arrive près de l'endroit,- plus rien !

On attend de Jour en jour le Père Coulbois, de la mission de Kibanga, qui retourne en Europe pour motif de santé. J'en profiterai pour lui remettre une lettre.

Mercredi, 11 novembre. — Je profite du départ du bateau le Lufugu pour Karéma, pour retourner chez le capitaine. Je quitte Mpala à 6 h. du soir. J'ai acheté un petit chien, car je crains de trouver Stipp décédé. A

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minuit éclate un violent orage qui nous force de coucher dans la baie de Mtoto. Les rameurs dressent une grande tente sur la plage et me font descendre du bateau, qui est rudement secoué. Toute la nuit, il a plu à torrents, ce qui ne m'a pas empêché de faire un bon somme.

Jeudi, 12 novembre. — Départ à 6 h. du matin et arrivée à Saint-Louis à lo heures. Le capitaine m'apprend la mort de Stipp, survenue la veille; je regrette de le perdre maintenant, après avoir pu le conserver pendant tout le voyage.

Le capitaine Joubert m'apprend aussi qu'il est en guerre. Le g novembre, il a envoyé son niampara Pondéra avec 8o fusils chez Sikalindé pour lui réclamer ses fusils: ils doivent se battre aujourd'hui. Sikalindé habite à 3 jours du lac.

Vendredi, 13 novembre. — Nous recevons aujourd'hui les premières nouvelles de l'expédition : elles sont mauvaises.

On dit que le niampara du capitaine, nommé Pondéra, est mort, que le porte-drapeau est blessé à la tête d'une flèche et que dix hommes sont tués. On aurait aussi perdu 8 fusils. Le capitaine envoie du renfort et dépêche à Mpala d'envoyer du monde. Le capitaine envoie encore 22 hommes porteurs de fusils: je demande à partir avec eux pour prendre une revanche, mais il me dit d'attendre.

Depuis plusieurs jours, nous attendons Renier et 'Oocquier, qui doivent venir par deux bateaux avec une partie des soldats et ensuite continuer leur route à pied vers Mpala. La nuit dernière, nous recevons un billet de Renier nous disant qu'il arrivera demain. Il vient à pied, car son bateau a été jeté sur la côte à 3 jours de marche de Saint-Louis de Mirumbi. A 3 h. après midi, Renier arrive avec ses soldats ; il croyait retrouver Docquier ici ; mais, de celui-ci, pas de nouvelles.

Samedi, 14 novembre. — Pas encore de nouvelles de Docquier. — Nous apprenons que Pondéra n'est pas tué. Bravo! — A 3 h., nous recevons un billet de Docquier,

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