‹ Alexis Vrithoff, compagnon des capitaines Jacques et Joubert au lac TanganikaChapitre 78 sur 94 · CHAPITRE HUITIÈME. ÉPILOGUE. l6l · texte numérisé non relu

CHAPITRE HUITIÈME. ÉPILOGUE. l6l

Première lettre du capitaine Jacques.

A Messieurs le président et les membres du Conseil directeur de la Société antiesclavagiste de Belgique.

Albertville, le lo août 1892 (i).

Messieurs,

J'AI l'honneur de vous accuser réception de vos lettres n°s 8 et 9, ainsi que des duplicata des lettres précédentes.

Pour vous faire une idée de la Joie que ce courrier nous a causée, il faut savoir dans quelle situation il nous a trouvés, le i^r août. L'annonce de renforts n'aurait jamais pu arriver avec plus d'à-propos, tant pour ranimer notre courage que pour rendre un peu d'espoir aux malheureux qui nous environnent et que la connaissance de la pénurie de nos moyens d'action inquiétait. On nous croyait abandonnés, et bon nombre de pauvres hères qui sont venus implorer notre secours, ne se jugeant pas suffisamment en sécurité, étaient sur le point de retourner chez leurs oppresseurs; ceux-ci, après avoir fait les avances les plus alléchantes pour les faire revenir chez eux, les menaçaient de représailles terribles et, avec une audace inouïe, venaient les pourchasser jusque sous nos murs.

Mais n'anticipons pas.

En relisant mes lettres précédentes, je m'aperçois que je ne vous ai pas donné les détails de mon entrevue avec les Arabes d'Udjiji, ni l'exposé des événements qui se sont produits dans nos parages, depuis le combat du 5 avril, sur la Lukuga, où nous avons perdu le brave

Visite à Udjiji. — Entrevue avec Rumaliza. — J'ai été reçu plus que froidement, non comme un ami ou comme un étranger pour lequel on doit avoir des égards ; mais comme un ennemi auquel on voudrait couper le cou.

Dans la cour du tembé (habitation) où on m'a fait entrer seul, à l'exclusion de mes quatre hommes d'escorte

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