CHAPITRE HUITIÈME. ÉPILOGUE
terrain dans tous les sens, et qui, je l'espère, surprendront bien un jour ou l'autre un campement de ces gredins.
Je vous ai déjà dit que, pour ne pas mourir de faim, je devais permettre à. mes hommes d'aller jusqu'au Marungu acheter des vivres et que chaque voyage prenait de dix à douze jours, de sorte que j'ai toujours en route un tiers ou un quart de mon effectif. Nous étions donc bien dégarnis et fort exposés, et, journellement, je me lamentais sur la pénurie de nos moyens d'action et je voyais l'avenir très rapproché où nous serions abandonnés par les natifs que la crainte empêche de raisonner, ce qui nous condamnerait à la famine perpétuelle.
Jugez maintenant si l'annonce des renforts est arrivée à propos.
Je vais essayer de me m.ettre en rapport avec nos nouveaux camarades qui sont sans doute à Tabora à l'heure actuelle. Je me transporterai à Karéma en septembre avec les moyens de transports suffisants pour leur faire passer le lac. Il n'y a donc pas de mécompte à craindre de ce côté.
J'ai encore une foule de choses à vous dire, mais le temps presse ; il faut que ce courrier-ci parte sans retard Je suis toujours sans nouvelle de Hinck, et je crains fort qu'il ne puisse pas nous rejoindre de si tôt (').
MM. Renier et Docquier se portent à merveille ; je ne leur ferai pas l'affront de dire qu'ils travaillent comme des nègres. Car nos travaux avancent que c'est vraiment merveilleux ; les deux braves garçons donnent tout ce qu'ils peuvent, et, grâce à leur concours dévoué, nous aurons élevé deux postes en huit mois. C'est au 3i décembre 1891 que nous élevions le borna en bois, et, pour le3i août 1892, le boma et les maisons d'Albertville seront tout en briques.
Nous nous réunissons pour vous adresser nos cordiales
I. L'expédition Hinck, partie de l'ouest par le Congo, fut arrêtée sur le Lomami par les troubles qui amenèrent le massacre d'Hodister. Elle ne put, en effet, rejoindre le capitaine Jacques et fut obligée de rentrer en Europe.
lyc ALEXIS VRITHOFF.
et respectueuses salutations et vous renouveler, si besoin est, l'assurance de notre entier dévouenîent.
Le capitaine commandant, Alphonse JACQUES.
P. S C'est à regret que je ferme ma lettre si brusquement, mais il le faut bien. Je vous écrirai encore dans un mois. Le capitaine Joubert est en possession de presque tout son armement.
La partie que nous sommes à la veille d'engager doit être décisive et est trop grosse de conséquences pour m'y aventurer avec les miens à la légère. Envoyez-moi donc par exp?'ess les deux canons que je vous ai demandés.
Deu.K gentils petits canons, je vous prie, et vous pourrez être fiers de nous, je vous le jure, et notre reconnaissance sera éternelle.