III. Deuxième lettre du capitaine Jacques
Albertville, le 8 septembre 1892.
Messieurs,
Situation critique. — Tandis que de M' Pala, où je m'étais rendu pour un ravitaillement, je vous expédiais ma lettre n^ 16, les Wangwanas recommençaient leurs exploits, mais cette fois-ci ils étaient plus nombreux que jamais et s'adressaient directement à notre poste.
L'attitude exclusivement défensive qui m'est imposée par l'insuffisance de mes moyens d'action a fait perdre confiance à bon nombre de wachenzies, qui, selon leur lâche et ingrate coutume, nous ont trahis et abandonnés pour passer dans le camp du plus fort.
Dans la nuit du 1 2 au 1 3 août, les gens de Mikéto, qui entretenaient secrètement des relations avec les Wangwanas, ont tous, à un signal convenu, abandonné et incendié en partie les cases du village qu'ils avaient construit tout contre les murs de notre fort, et se sont jetés dans les bras des Wangwanas postés à proximité.
Les deux jours suivants, la troupe s'est tenue cachée