‹ Alexis Vrithoff, compagnon des capitaines Jacques et Joubert au lac TanganikaChapitre 87 sur 94 · CHAPITRE HUITIÈME. ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

CHAPITRE HUITIÈME. ÉPILOGUE

moins déterminé : ce dernier étant frappé ou venant à faillir, c'est la déroute pour tous.

L'ennemi, avec ses fusils à cartouches de divers systèmes et ses gros fusils éléphant, avait fait assez de vides dans nos rangs. Nous avons pu enlever nos morts et ramener nos blessés. Comme toujours, ce sont nos meilleurs hommes qui ont été frappés, et la consternation était assez grande. La confiance en eux-mêmes faisait défaut, et nous n'avons pu songer à reconduire les hommes à l'attaque le lendemain de cette journée ; la consommation de cartouches avait d'ailleurs été si grande qu'il ne m'en restait plus assez pour maintenir la lutte pendant trois heures aux mêmes conditions que la veille, et, en cas d'insuccès, il ne me restait plus de quoi me défendre dans le fort.

La caravane du lieutenant Long, dont vous m'annoncez l'envoi, arrivera bien à propos, surtout si elle amène des cartouches. Mais je pourrai me maintenir dans ma position, je l'espère du moins. J'ai fait évacuer le plus possible de waclienzies sur M'pala et le Marungu; là du moins, ils pourront un peu cultiver pour se nourrir.

. Ici, la famine est affreuse, mes bateaux sont toujours en route et suffisent à peine à assurer le vivre à mon personnel. Les provisions s'épuisent vite, et j'aurai toutes les peines du monde à trouver de quoi nourrir nos gens jusqu'à l'arrivée des premières récoltes (février). Ici même, je n'entrevois pas la possibilité pour nous de cultiver aussi longtemps que nous aurons l'ennemi à nos portes, et pour les déloger il n'y a qu'un moyen: c'est le canon.

Je ne puis plus rien tenter avant que vous ne m'ayez muni de cet élément indispensable de succès. J'ai sainement apprécié la situation quand je vous ai demandé de l'artillerie. J'espère que nous serons bientôt en possession des pièces en question. Ce qui est à redouter, c'est que les Arabes ne viennent en plus grand nombre encore et, appuyés sur leur borna, faire le blocus de notre forteresse. Albertville une fois pris, ce serait la ruine inévitable de rUrua, du Marungu et de tout ce qui tient encore un peu sur le Tanganika,

J'aurais aujourdliui en ma possession un canon corn-

me ceux de l'État et trois obus seulement: il ne me faudrait pas une heure pour anéantir le travail des Wangjpanas, et ceux-ci ne s aventureraient plus jamais sur cette rive de la Lukuga.

Alphonse JACQUES.

m. Manifeste delà Société Antiesclavagiste.

La Société antièsclavagiste, que les capitaines Jacques et Joubert, avec leurs adjoints, représentent si vaillamment au Tanganika, vient avec confiance solliciter du public belge les ressources nécessaires à l'achèvement de l'Œuvre entreprise par elle.

Il faut éviter à tout prix que l'histoire n'enregistre demain cet autre fait que, faute d'avoir été secourus en temps utile, nos compatriotes n'ont pu repousser l'agression des bandits arabes qui les entourent et qu'un premier succès aura rendus capables de toutes les audaces.

Si pareil malheur arrivait, et s'il était imputable à notre indifférence, quels ne seraient pas nos cuisants, mais stériles regrets !

Le Conseil Directeur ne veut pas faillir au devoir qui lui incombe d'attirer sur cette éventualité l'attention de ceux dont la générosité, par un premier et magnifique élan, a permis l'envoi au Tanganika de nos valeureux compatriotes.

Ces braves ne représentent pas seulement là-bas une œuvre humanitaire, ils y représentent notre pays ! Ils y sont, avec Joubert, les seuls protecteurs des Européens ; ils sont les seuls champions de la civilisation au centre même de la moderne barbarie.

Le nom Belge est béni, en ces lointaines contrées, par tous les malheureux noirs, qui viennent chercher autour d'Albertville une protection contre leurs tyrans.

Les lettres que nous reproduisons mensuellement dans le Mouvement antiesclavagiste montrent quel est le nombre des uns et des autres ; combien l'organisation des indigènes en troupe armée serait aisée, et combien il

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un grand nombre d'eni.c i.uu^, ^ . ^^ix.i^...^ l'envoi à Jacques du nouveau secours sur lequel il est en droit de compter.

Notre appel — le sien plutôt — ne saurait demeurer sans écho dans les cœurs de nos concitoyens.

Le Coitseîl-Directeur de la Société ahtiesclavagiste de Belgique.

Lieutenant-général Jacmart, président ;

Mgr Jacobs, doyen de Sainte-Gudule, vice-président.

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