‹ Alfred Binet et son œuvreChapitre 4 sur 55 · ALFRED BINET CHE · texte numérisé non relu

ALFRED BINET CHE

l'œuvre de Binet) MM. Henri et Binet ont fait une œuvre de synthèse unique autant qu’opportune et donné à tous ceux qu’anime le désir de contribuer enfin à la constitution de la pédagogie, une vue générale des questions à résoudre en même temps que le plus efficace des encouragements, celui qui naît de l’exemple original et fructueux ».

La création d’une revue « L’intermédiaire du biologiste » avec V. Henri, en 1897, fut un échec que nous signalons comme curiosité.

Loin de se décourager, Alfred Binet continuait son œuvre physio-psychologique et se préoccupait de calculer la relation possible entre l’alimentation et le iravail intellectuel. Il eut peut-être le tort de se bormer à étudier la consommation du pain — qui n’est pas la seule nourriture et que des élèves peuvent gaspiller — dans plusieurs écoles normales. Cette enquête ne donna guère de résultats. On en trouve le compte-rendu dans les tomes IV et V de « L’Année Psychologique ». Mais cet essai rallia aux méthodes nouvelles de psychologie physiologique, Georges Rouma, professeur à l’école normale de Charleroi, qui devint un pédologiste remarquable et fut appelé, plus tard, en Amérique du Sud, pour y organiser des écoles normales. Tout cela contribuait à faire rayonner l'influence de Binet et de son école dans le monde. ; Ù

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L'Auteur Dramatique

Avant de terminer cette deuxième partie de sa biographie, il convient de signaler deux faits qui la complètent. À plusieurs reprises, soit seul, soit avec la collaboration d'André de Lorde, Binet fit représenter, non sans succès, plusieurs pièces de théâtre où l’analyse fouillée des caractères tenait naturellement la première place. C'était la seule distraction, sauf un séjour annuel avec

sa famille, à Sannois sur Seine, qu’il s’offrît. M. Henneguy Se rappelle fort bien le succès du vaudeville « Le pompier de Justine » écrit en collaboration avec Jacques Passy, au théâtre Cluny, à Paris. Alfred Binet savait avoir et provoquer aussi le sourire. Il fit représenter cependant, nous disait M. Lécaillon, autre témoin oculaire, un drame très réaliste, suggéré par un cas d’aliénation mentale : « L’homme mystérieux » avec André de Lorde, au théâtre Sarah Bernhardt, en 1910. Il donna encore « L’Obsession », au Grand-Guignol. L'observation des aliénés lui suggéra encore, parmi d’autres pièces

« Les Invisibles ». Mais, malgré des succès réels obtenus ainsi, l’art dramatique, heureusement peut-être pour la psychologie, ne lui donna point la célébrité.

Trop peu disposé, comme nous l’expliquait M. Gley, aux visites et aux mondanités, timide d’ailleurs au point de n’assister à aucun Congrès, il éprouva, deux fois, une déception pénible, Poussé par quelques amis qui

le considéraient, non sans raison, comme le représentant le plus qualifié de la psychologie positive en France, il posa sa candidature à la succession de Ribot, au Collège de France. Malgré l'admiration et le respect qu'il avait toujours témoignés à ce Maître dont il s’inspirait volontiers et qu’il louait dans ses notes bibliographiques de « L'Añnée Psychologique », il ne paraît pas avoir été soutenu par lui, bien au contraire. Un concurrent de valeur lui fut préféré : M. Pierre Janet, qu'il estimait beaucoup d’ailleurs et qui le lui rendait bien.

Pareille mésaventure lui advint encore, quelques temps après, pour une chaire à la Sorbonne. On lui préféra M. Dumas. Il devait rester dans la pénombre, du moins officielle; et, à tout prendre, cette destinée moins brillante lui permit sans doute de mieux œuvrer. Certains témoins de la vie de Binet affirment qu'on ne lui pardonna jamais, dans certains milieux, son indépendance d'esprit et de caractère.

A-t-il souffert de ces injustices des hommes et du

sort ? Ses amis le croient; mais sa fille, avec le docteur Th. Simon, affirme le contraire. Il sut continuer, en tout cas, de travailler avec”plus d’ardeur que jamais, mais d’une manière différente. Il délaissait un peu, après 1900, son laboratoire officiel pour expérimenter ailleurs, dans les écoles et les colonies scolaires, en contact direct et permanent avec les enfants qu'il comprenait si bien. N'était-ce point, au fond, pour l’observateur-né qu'il à été, la plus charmante et la meilleure part ?

LA VIE D’ALFRED BINET : Ai

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