‹ Alfred de Curzon, peintreChapitre 10 sur 59 · X . INTRODUCTION · texte numérisé non relu

X . INTRODUCTION

son opinion d'une hardiesse éminemment personnelle sur Michel-Ange : « Je m'attendais à voir le vieux Florentin savant, puissant, énergique ; je ne m'attendais pas à le voir coloriste... Ses peintures et son plafond sont dignes pour la couleur du plus grand des Vénitiens. Le dessin en est puissant, simple, tranquille autant que celui de Raphaël, et bien plus savant. Il est telle de ses Sibylles dans laquelle il a su unir à la grandeur du caractère beaucoup de jeunesse et de grâce et, même dans son Jugement dernier, où les ombres sont généralement un peu lourdes et noires, il est, cependant, certaines parties où ses hommes sont aussi vivants, aussi palpitants que s'ils eussent été peints par l'Espagnolet. Il va sans dire que le dessin en est bien autrement beau... » — De Raphaël, Gurzon loue passionnément des fresques originales, comme YEcole d'Athènes, mais il fait les plus expresses réserves sur les peintures exécutées par ses élèves d'après ses cartons, par exemple à la Farnésine, où tout lui paraît de couleur « repoussante », sauf le Triomphe de Galathée, qui est de la main du maître. Un tableau tel que la Transfiguration n' obtient pas grâce à ses yeux « malgré son immense valeur ». Comparé aux belles pages murales, il est « trop noir ». Certes, les collections romaines sont riches. Celles du Louvre parisien le sont, pourtant, dix fois plus. L'artiste voit de rayonnants morceaux et, tout compte fait, les ouvrages convenus dominent. « Je reviendrai d'Italie, ditil, pleinement convaincu que le Dominiquin et le Guerchin sont deux hommes parfaitement médiocres. » La Sainte Pètronille (de Guercliin), est une toile « d'un goût ignoble » ; la Communion de saint Jérôme (du Dominiquin), « ne vaut guère mieux ». Aussi bien ce qu il distingue de plus excellent ne le détourne pas de penser avec une sympathie profonde aux « modernes », aux: bons

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