‹ Alfred de Curzon, peintreChapitre 9 sur 59 · INTRODUCTION IX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION IX

En réalité il attend de son art des consolations moins passives.

Or, au mois de septembre 1846, persuadé qu'un voyage en Italie l'éclairera sur son avenir, et, encouragé par sa famille, il se met en route en compagnie de son camarade Brillouin. Ici commence pour lui le bienfait du pèlerinage.

II. — Vous avez, mon ami, si bien groupé, jour par jour, les lettres et les documents relatifs à cette première expédition de votre père au delà des Alpes qu'il me suffira de déduire de vos textes de brèves conclusions. Alfred de Curzon resta plus d'une année par les chemins. Sa correspondance nous le montre successivement à Naples, où il est arrivé d'un trait, par mer, à Albano, à Rome, à Subiaco, à Olevano, à Anagni, à Frosinone, à Civitta Gastellana, à Narni, à Spolète, à Foligno, à Lorette, à Trieste, à Venise, à Padoue, à Ferrare, à Bologne, à Florence, à Pise et à Gènes. Le trait saillant de cette visite de la péninsule, c'est que les jours en ont été à peu près exclusivement consacrés à la nature, et que les arrêts dans les monuments et les musées n'y ont, pour ainsi dire, pas compté. Presque point de détails sur les galeries de peinture, toujours hâtivement parcourues. Je ne vois de station un peu longue qu'au Vatican, devant les fresques de Michel-Ange, à la chapelle Sixtine, et celles de Raphaël en la Chambre de la Signature. Le sentiment initial de l'artiste sur Rome est si typique qu'il y faut insister : « Le mauvais goût, dit-il, y blesse partout la vue. Le beau se fait chercher. Quel mal de cœur n'aije pas éprouvé en voyant, à Saint-Pierre, ces horribles statues se tortiller dans leurs niches! Quand ce ne sera plus qu'un entassement de ruines, comme est, à présent la Golisée, ce sera bien plus beau. » Écoutons, par contre

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