‹ Alfred de Curzon, peintreChapitre 12 sur 59 · XII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XII INTRODUCTION

sances? Impossible d'hésiter. Il note en premier lieu et où qu'il soit, les superbes paysages d'alentour. Il enregistre en second lieu, avec une verve et une sincérité débridées les types, les façons d'être des paysans, rencontrés sur son chemin. D'un côté, l'essentiel paysagiste qu'est Alfred de Curzon se met en évidence ; de l'autre se dénonce le peintre de genre éveillé en lui. En tout cas, il est hors de doute que ses ambitions d'artiste s'appuient beaucoup plus sur la réalité directement observée que sur les traditions des peintres antérieurs.

Pour trouver la confirmation de ces faits, feuilletons sa correspondance et ses carnets de poche. Curzon a, d'emblée, pris l'habitude, non seulement de dessiner les sites intéressants, mais, encore, de les décrire à grands traits. Rien ne lui échappe : décor pittoresque, perspectives, arbres, ciels et eaux, tout ce qui donne à un lieu sa physionomie typique, à une impression sa durable vivacité vient sous sa plume. De la plage de Sorrente, il salue ainsi l'horizon : « A travers le léger voile des oliviers, nous apercevions la mer bleue, le ciel limpide, et, entre le ciel et la mer, sur un coteau aux contours harmonieux, Naples étalait en amphithéâtre ses maisons blanches et roses et ses petits dômes en faïences jaunes et vertes, comme les écailles du lézard. Plus près le Vésuve montrait, au-dessus des arbres, sa tête grise que la mince fumée blanche de son volcan surmontait comme un panache. » A ce séduisant panorama méditerranéen, joignons d'agréables croquis des environs du couvent de Trisulti, proche de Colepardo : « La forêt autour du couvent, est composée de magnifiques arbres séculaires, chênes et hêtres. Devant la porte s'étend une immense prairie, qui monte vers les plus hauts sommets de la montagne, — sommets de roches nues, du plus grand caractère... Nous traversâmes une partie de la forêt pour

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