XIV INTRODUCTION
nourriture des chevaux, vendeuses de foin ou fienaroles. — Et ce groupe de contadines rencontrées un soir, au soleil couchant, tout près de Rome, qui s'en allaient d'un pas grave et cadencé, portant, leurs bras nus relevés, des fardeaux sur leur tête, et semblables à des statues ! Et tant d'autres épisodes de la vie et des coutumes locales notés partout et suggérant des compositions à dessiner ou à peindre ! Presque à l'égal des paysages, les spectacles populaires ravissent l'étranger. Gurzon rapporte d'Italie quantité de matériaux de cette double sorte. Nous le sentons, certes, en des dispositions très analogues à celles de Léopold Robert, mais, encore un coup, il s'absorbe, le long de ses caravanes, dans l'observation du réel et, visiblement, préfère ce qu'il a sous les yeux à toutes les réminiscences d'école.
III. — Rien de plus singulier que les divers mouvements qui l'agitent à son retour en France. Les souvenirs de ses douze mois de pèlerinage le conduisent au Louvre, où je l'ai déjà fait voir incidemment, se remettant en présence des vieux maîtres italiens et raisonnant leur facture d'une toute nouvelle précision. Par surcroît, les ouvrages de Léopold Robert l'attirent et le retiennent, spécialement à cause de leurs données. Un paragraphe de son Journal de 1849 mérite d'autant plus d'être souligné que nous y percevons distinctement à la fois sa critique du maître suisse et la raison de l'influence de ses tableaux sur son jeune talent. « Malgré le vice de son exécution, y est-il dit, Léopold Robert est un grand peintre. Ses défauts tiennent à son époque ; ses qualités sont bien à lui. La Fête à la Madone surtout, est une charmante chose1. La femme qui tient en l'air un tambouretto est délicieuse
1 II s'agit du Retour du pèlerinage à la Madone de l'Arc (pays de Naples), Musée du Louvre, n° 494 du calai. Villot.