‹ Alfred de Curzon, peintreChapitre 16 sur 59 · XVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XVI INTRODUCTION

citronniers, de lauriers-roses. De grands escaliers majestueux accèdent, au second plan, à une blanche terrasse, dans une perspective meublée de fabriques à la mode des décorateurs pompéiens. Au fond, se dresse la montagne d'où jaillirent, un jour, de si effroyables flammes. Partout le fantastique décor s'anime de musiciens et de danseurs, de centaures et de centauresses, de satyresses et de satyres exaltés. L'artiste réaliserait volontiers sa vision, s'il ne sentait sa main lourde et maladroite pour l'exécution d'un tel ensemble. Mais cette insuffisance de métier, qui lui barre l'accès de ce qu'il regarde comme le plus haut domaine de l'art, pèsera-t-elle toujours sur lui?... Déjà, même dans l'ordre du paysage, il se fait un grief d'avoir trop sacrifié jusque-là au plaisir de dessiner des motifs à la hâte ou de peindre simplement à V effet sans pousser à fond aucune de ses études. Son intention est, désormais de produire des morceaux très achevés. D'une infinie tendresse, d'une délicatesse raffinée, son œil considère les sites et les ciels du Poitou. Nous ne connaissons que peu de ses peintures de ce temps, mais, tout au moins, ses notes nous décèlent en perfection la subtilité de son sens d'observateur. Ce ne sont que définitions exquises, toutes picturales, de valeurs et de nuances. Sous un soleil de février, « des vapeurs voilent le ciel rayé comme des plis d'une gaze légère : elles s amassent dans les vallons et rendent les fonds plus bleus et plus lointains. » A quatre heures et demie du soir, entre Rochereuil et Montbernage, « la pente gazonnée, au-delà des derniers rochers, paraît d'un gris violacé. En général les lumières sont d'un rose doré; les ombres d'un violet glacé de vert; l'ombre des gazons est très verte. Le ciel est parsemé de légers nuages dorés ou d'un violet doré. Le bleu du ciel, quoique assez pâle et participant des tons chauds des nuages, conserve encore sa couleur bleue

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