INTRODUCTION XVII
dune manière bien décidée ; le bord de l'horizon est chargé de vapeurs dorées. Les murailles, les rochers se détachent sur le bleu comme de l'or sur du cristal ». — Une demiheure après, rharmonie change : « Des vapeurs d'or et violettes se mêlent au couchant, près de l'horizon, comme des écheveaux de soie; le ciel a perdu sa couleur bleue; il brille à travers les branches noires des arbres dépouillés comme dans leurs treillis de plomb les vitraux des cathédrales... » A peine le soleil est-il couché, « les légers nuages qui parsèment le ciel à une certaine hauteur deviennent d'un rose franc et se détachent sur un ciel bleu-vert au Nord. » Je n'ai pas craint de multiplier ces extraits pour montrer combien, au moment même où il est le plus troublé, l'artiste tend à se rasséréner et s'abstient du convenu en face de la nature. Peut-être n'est-il pas en état de tenir compte intégralement de toutes ses remarques, le pinceau à la main; c'est déjà un signe d'émancipation qu'il soit en état de les faire, si sainement, si librement. Surtout, son inquiétude croissante à l'endroit de la technique le pousse à de continuelles recherches. On lui a parlé de l'excellence des glacis sur des dessous en grisaille. Ce procédé le tente et il l'essaie. Il se rattache également aux préceptes, renouvelés de ceux de Cennini et de Gérard de Lairesse, du Traité de la peinture à V huile de Mérimée le père, apprête ses toiles à la colle, les couvre en détrempe « en manière d'aquarelle, » les pénètre d'une forte couche d'huile de lin, les enduit d'un vernis qui se mêlera aux couleurs et chassera l'embu et peint franchement sur ce vernis. A vrai dire, pour les études en plein air, ces longs ménagements lui semblent moins nécessaires; il s'y efforce de fixer le ton juste du premier coup. Peu à peu, un doute lui viendra touchant l'efficacité des complications et il simplifiera ses pratiques en se référant, d'une rigueur toujours plus grande,