INTRODUCTION XIX
arrivant, est d'y acquérir ce qui lui manque, en tant que peintre, de savoir et d'aisance. Plus que jamais, la facilité de ses camarades lui semble toute mécanique et sans portée. Mais quelle pitié de se sentir, comme lui, retardé dans l'accomplissement de ses desseins par une persistante inexpérience! « Je regrette, écrit-il, au fidèle Brillouin que, vous et moi, n'ayons pas commencé plus tôt la peinture ou que nous n'ayons pas eu le courage de faire des études élémentaires plus fortes. Je le regrette en voyant combien les jeunes pensionnaires de Rome, qui n'étaient que des enfants quand nous avons commencé, sont devenus habiles. Ils ont une adresse qui leur permet d'exécuter tout ce qu'ils imaginent. » Ce sentiment s'applique, à le bien prendre, à l'interprétation serrée de lêtre humain et non au rendu du paysage, auquel Curzon est déjà fort exercé. Seulement, sa qualité de lauréat du paysage historique ne lui impose pas plus d'être exclusivement un paysagiste animant ou illustrant des sites de petits personnages de tradition que de considérer les personnages comme de simples accessoires des sites. La liberté lui demeure d'aborder, à son heure, tel genre, tel mode de production qu'il lui plaira. Il se déclare donc, une fois pour toutes, « bien décidé à faire tout ce qui lui passera par la tête ». En quoi, il a parfaitement raison — quitte à démontrer ses aptitudes.
Ses divers envois réglementaires à l'Académie comprennent trois sujets à figures : Démocrite, (dans la vallée des Aqueducs, près Tivoli) ; — Caïn et Abel offrant des sacrifices à Dieu au sommet d'une montagne ; — Bergers antiques observant les astres, — et une vue pittoresque : les Ruines de Pœstum. Tous sont d'un art élevé, profondément attentif, judicieusement nourri des leçons de Nicolas Poussin et, somme toute, très véridique. On y constate des défauts : le laborieux modelé des person-