‹ Alfred de Curzon, peintreChapitre 2 sur 59 · H INTRODUCTION · texte numérisé non relu

H INTRODUCTION

de tout, vous avez accompli l'œuvre suivant votre franche conception, croyez-vous, mon ami, qu'il dépende de quelqu'un d'y rien ajouter ? Ce que vous avez écrit n'a besoin d'aucune confirmation, d'aucun commentaire. Alfred de Gurzon a, désormais, l'oraison funèbre la plus enviable : une biographie appuyée sur le témoignage de tous ses contemporains et présentée avec autant de talent que de délicatesse et de scrupuleuse conscience par un savant qui est son propre nls.

Lorsque je vous ai tenu ce langage, vous m'avez répondu : « J'aurais souhaité que ce livre fût fait par un meilleur que moi, car, au point de vue de la peinture, la nature de mon esprit m'a un peu trop contraint à vivre auprès de mon père en étranger. J'aimais, j'admirais ses tableaux et ses dessins, mais combien il meut été doux de les voir étudiés en leur ensemble par un de ses compagnons de labeur, par un de ses frères d'armes. Hélas! plus d'un m'avait promis son concours — tous sont morts. Vous n'étiez pas, à beaucoup près, de sa génération et vous n'êtes pas un peintre. Pourtant, vous l'avez entrevu. Vous êtes au courant de ses origines et de sa carrière. Vous avez fréquenté plusieurs de ses amis. J'attends de votre respect pour sa mémoire et de votre amitié pour moi quelques pages où vous direz comment, à la distance où nous sommes, sa personnalité vous apparaît et quel demeure, à votre avis, le caractère de sa production d'artiste. Mon livre est ce qu'il est. Ce n'est pas un éloge de complaisance que je sollicite pour lui : c'est une parole de justice que je réclame, à cause de lui, pour le maître dont je suis fier de porter le nom — une parole en l'honneur d'un véritable indépendant, qui n'a jamais fait, en sa vie, que suivre les impulsions de sa conscience. »

Mon ami, pourrais-je, après cela, ne pas déférer à votre désir ? — Je le pourrais d'autant moins que, sans le

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