‹ Alfred de Curzon, peintreChapitre 23 sur 59 · INTRODUCTION XXIII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XXIII

redouter des mirages superflus. Avant de rentrer définitivement en France, il veut rafraîchir ses yeux aux verdures des Abruzzes, errer sur les hauteurs d'Olevano, qui lui rappellent, maintenant, les abords de Corinthe, s'attarder autour d'Avezzano, au lac délicieux et aux montagnes grises coupées « de places roses et de filets de terre roux-brun, qui semblent des tons de dessous qu'on aurait négligé de couvrir1 », revoir Rome, dire adieu à quantité de sites merveilleux. Du i5 juillet à la fin de l'année, son temps s'absorbe ainsi en excursions, en stations, en études fécondes. Le souci des tableaux à figures a tout à fait cédé, pour l'instant, à l'amour de paysages enchantés. A peine le ressaisit-on en de rapides notations de types, de costumes ou de scènes locales comme les Pèlerins de Saint Gesile au lac d'Avezzano, les Moissonneurs de la Cervara, les Tisseuses de Picinisco, les Laboureurs de Lunghezza, motifs propres à des peintures « de genre ». Plus tard, le peintre retrouvera toutes ses aspirations. Il n'entend pas, du reste, que ses amis se méprennent sur son mode d'activité de l'heure présente. Sa fièvre, à la veille de son rapatriement, est une fièvre de documentation doublée d'un ardent désir de contrôler, de parachever ses recherches. Ces contrées splendides, dont son art s'inspirera sans trêve, plus jamais peut-être il ne les verra. « Je ne sais ce que vous pensez, mande-t-il à Brillouin, de ma fureur de voyages. Je vous assure que ce n'est pas pour changer de place quej'en fais, mais dans l'espoir d'en tirer parti plus tard" ». Désormais, son devoir sera, non plus de vivre en poète sur les chemins des écoliers, mais de faire ses preuves et de produire.

1 Toujours préoccupé de l'application techuique, il ajoute : « Cela donne beaucoup de finesse. En t'aer avec ménagement. » '- Lettre à Brillouin du 9 octobre i85a.

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