XX IV INTRODUCTION
Aux derniers jours de janvier i853, Alfred de Curzon est de retour. Il s'engage décidément dans la carrière.
V. — Ce n'est pas dans une introduction à un livre qu'il sied de s'arrêter aux détails de la pleine carrière d'un artiste, de sa maturité à sa mort, quand telle est la matière même du livre. De i853 à i8o,5, Alfred de Curzon va donner sa mesure, grâce à l'acquis de son expérience et à la longue accumulation de ses idées. Nous avons dégagé, en ce qui précède, ses points de départ, les conditions de son apprentissage de quasi-autodidacte, les circonstances sous l'empire desquelles il s'est formé et sans lesquelles il eût été différent. Il ne nous reste plus qu:à mettre en saillie la constance de ses visées et à répartir à grands traits les principales séries de production qui constituent son œuvre.
Un homme est devant nous qui n'a connu qu'à peine l'enseignement des professeurs, qui a souffert de son éducation d'amateur et qui a tout fait, par ses seules forces, pour en combler les lacunes. Très indépendant, voire un peu sauvage, il a, le plus souvent, vécu à l'écart, mais, toujours tourmenté du désir de se pénétrer de la beauté des choses, aimant les voyages pour ce qu'ils révèlent à l'artiste de stimulante nouveauté, il n'en est pas moins assujetti aux accoutumances de son milieu comme aux goûts moyens de sa génération. Parce qu'il n'a point au cours de ses années d'outre-monts, attesté la survivance de ses aspirations primitives, on a pu croire qu'il les avait sacrifiées. En réalité, pas une ne s'est éteinte. Toutes se ravivent en lui et lui suggèrent des compositions dès qu'il a réintégré son atelier parisien. L'énergie de son labeur a fortifié son talent; rien n'est changé ni en son fonds, ni en ses rêves. D'esprit classique, avec quelque sentiment de romantisme, féru de poésie, de