XXVI INTRODUCTION
vue. Marilhat l'intéresse à sa compréhension libre et bien équilibrée des sites et à la pureté de sa lumière. Il se sent attiré vers les tendres synthèses naturalistes de Corot. Par contre, Théodore Rousseau, qui nous est cher, l'inquiète de ses insistances analytiques. Dieu le préserve, au surplus, d'imiter jamais sciemment qui que ce soit. Il ne suit que son impulsion et ne peint qu'à sa guise. Si, d'aventure, on pense à Léopold Robert devant certains de ses épisodes populaires italiens, c'est simplement à cause des sujets tirés du fonds commun des mœurs, non à cause de la facture. Si, pareillement, ses figures « de style », font, parfois, monter à la mémoire des spectateurs les noms de Gleyre, de Flandrin, et d'autres Ingristes, c'est une pure question de contemporanéité, d'influence de période et de milieu. Ainsi nous apparaît Alfred de Gurzon — mieux encore, ainsi s'explique son art.
Son plan d'existence à Paris se résume en trois résolu tions : chercher et saisir toutes les occasions de produire, mais se donner tout entier en chacune de ses entreprises ; utiliser le plus complètement possible ses documents d'Italie et cle Grèce, c'est-à-dire exprimer sur la toile aussi parfaitement qu'il sera en lui ses émotions d'antan ; accroître sans cesse par ses lectures, par ses observations sur le vif consignées en des dessins et en des études peintes d'après nature, le trésor de certitudes pittoresques et d'effets profondément sentis dont il s'efforcera de faire jaillir des tableaux typiques. On le voit tout de suite, conformément à ce programme, s'attaquer à des données de caractères très divers. Un hasard lui procure, en 1 856, la commande des cartons et d'une partie de l'exécution d'un cycle de peintures murales pour la chapelle du séminaire d'Autun en l'honneur de Saint Martin et de Saint Symphorien. Il y dresse des