‹ Alfred de Curzon, peintreChapitre 30 sur 59 · XXX INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXX INTRODUCTION

donnée de touriste aux bords du Rhin et en Belgique, sans fruit pour son art, au mois d'octobre 1807, nulle autre diversion à sa retraite parisienne que ses tranquilles et laborieux, mais trop courts séjours de vacances en Poitou. Peut-être aurait-il, à la longue, couru de nouveau les routes au grand profit de sa peinture. Mais, en 1860, le mariage fixe sa destinée pour toujours. Il épouse M"e Amélie Saglio, jeune fille d'une beauté rare, d'une radieuse bonté, d'une culture intellectuelle égale à son charme et musicienne accomplie. Hélas ! peu avant d'être conduite à l'autel, une terrible maladie a ruiné sa santé. Elle le comblera de délicieuse tendresse, mais, en plein bonheur, elle languira, luttant pour qu'il espère et souriant à ses inquiétudes. C'est fini pour lui des beaux voyages éveilleurs d'horizon. Gurzon ne quittera plus Paris que pour des visites de famille, des changements d'air, ordonnés par les médecins à sa chère souffrante et qui le mèneront successivement à Villers-sur-mer, en Provence et dans la Forêt Noire.

Qu'on ne dise pas que son existence de peintre a été transformée par son mariage. La transformation datait de plus haut, du temps même de son retour d'Italie. Le douloureux état de sa femme la rendit seulement irrévocable et son cœur d'homme accepta vaillamment le sort ; mais sa carrière n'en fut pas, à tout prendre, dénaturée. Il s'était juré de réaliser ses souvenirs des terres antiques et il se tint parole. Il s'était promis de peindre des figures « de style » et il en peignit, sans doute, plus qu'il ne l'avait prévu, mais toujours d'une conscience jalouse, avec une incontestable dignité de talent. S'il fut entraîné, parfois, vers un genre sentimental ou romanesque dont

Curzon les a transportées dans le paysage, et déjà les Bords du Gardon semblent appartenir à une nouvelle manière qui se rapproche sensiblement de M. Corot. »

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