‹ Alfred de Curzon, peintreChapitre 32 sur 59 · XXXII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXXII INTRODUCTION

VI. — J'arrive au terme de ma tâche. L'héritage artistique d'Alfred de Curzon est sous nos yeux. Il importe d'indiquer la relative importance de ses éléments constitutifs rapprochés les uns des autres.

Dans un de ses Salons, About a défini notre artiste d'un trait vif : « un paysagiste qui s'est donné une forte éducation de peintre d'histoire ». Rien de plus exact. Les dons essentiels de Curzon l'ont tourné vers le paysage et c'est sur ce terrain qu'il s'est principalement affirmé ; mais sa volonté l'a fait aussi peintre de figures, et de ligures de style. A cet égard, sa formation n'a été ni purement instinctive, ni strictement traditionnelle et d'ordre pictural : elle est liée au développement de son goût littéraire. Nous avons constaté qu'en somme il n'a guère plus fréquenté les Musées que l'atelier d'enseignement. En revanche, on l'a vu lire et relire les poètes avec amour, demander des sujets à leurs ouvrages et, tout à la fois} remplir ses carnets intimes de leurs vers et d'esquisses de compositions adaptées à leurs oracles. Son imagination obéit donc, consciente ou inconsciente, à des impulsions venues de la littérature, qui lui deviennent naturelles et se transmettent à sa main. Arrêtons-nous, par exemple, à sa précieuse Psyché du Salon de 1859. Elle vole vers nous, en sa fluide robe bleue, sur ses courtes ailes de papillon, portant le coffret du mystère, tandis que s'effacent, au fond rougeoyant du tableau, la triple tête du chien Cerbère et les sombres silhouettes de Pluton et de Proserpine, dieu et déesse du monde infernal. Par là le symbolisme de la virginale ligure se noue au récit mythique de sa descente aux enfers. A de pareilles suggestions, nées de souvenirs de lectures, il a dû ou devra les thèmes d'une série de toiles, au premier rang desquelles se placent les quatre modèles d'Hermès et

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