INTRODUCTION XXXIII
Psyché, & Orphée et Eurydice, à'Endymion et Diane et de Y Aurore et Géphale, exécutés de 1868 à 1870, pour les mosaïques de l'avant-foyer de l'Opéra1. J'ai déjà dit la haute estime où Charles Garnier tenait ces beaux cartons, si bien ajustés en leurs détails à Fart des mosaïstes. Parfois, un sentiment romantique, commun à son époque, se mêle à ses idées. On se rappelle l'étrange désir qui l'obsédait en 1849 d'un Songe d'une nuit d'été au pied du Vésuve. Seize ans plus tard, sa fantaisie calmée, mais non éteinte, lui suggère un motif d'évocation plus simple, moins singulier, non moins curieux, qui est comme l'aboutissement du premier : le Songe du poète dans les ruines de Pompéï. Le poète médite, au clair de lune, assis au bord de \ impluvium de la « Maison du Faune ». Autour de lui circulent, ombres lentes et mélancoliques, les anciens habitants du logis, rendus un instant par son imagination à l'illusion de l'existence. L'ingénieux caprice procède, à coup sûr, de la pensée d'un lettré.
Aux images des temps païens s'associent des mirages de la Divine Comédie, de la vie du Tasse, de vers d'André Chénier, de prières ou de chants de Lamartine. Toute une illustration de Graziella voit le jour. Le sentimentalisme intervient avec le romanesque. Le style sévère sacrifie volontiers, dans la seconde moitié du xixe siècle, aux grâces du roman 2.
1 Ces cartons sont au Musée de Poitiers.
2 Les portefeuilles de Curzon contiennent un nombre infini de compositions d'après les poètes d'Homère à Lucain, de Dante à La Fontaine, réservées pour des utilisations postérieures (voir ci-après, en notes). En 1882, l'artiste projetait encore une illustration des idylles de Théocrite : deux esquisses au fusain en sont la preuve. Les tableaux cités se trouvent : Pysché, au château de Fontainebleau ; le Bê\>e à Pompéï (Salon de i865) et Dante et Virgile au Purgatoire (Salon de i85g), au Musée de Poitiers; Le Tasse à Sorrente (1 85g) (le groupe central seul conservé par l'auteur), au Musée d'Amiens. — L'illustration de Graziella (1862. Hachette édit.). gravée sur bois et, malheureusement, fort maltraitée par les grayeurs.