XXXIV INTRODUCTION
Il n'y a pas lieu de s'étendre sur les essais d'art religieux du peintre. Ce groupe ne comprend que ses compositions murales destinées à la chapelle du séminaire d'Autun ; son Saint Thomas de Saint-Nicolas-du- Ghardonnet ; un très grand tableau du Sacré Cœur, peint en 1894 pour une église de San-Salvador (Amérique centrale) et un petit nombre de projets dessinés à diverses dates et non réalisés1. L'auteur y apparaît affilié à Fia 11drin, mal à l'aise dans le mysticisme et, au point de vue de la peinture, gêné par l'exécution en grand, qui ne lui a jamais été familière. Que s'il a eu peu d'occasions de travailler pour des sanctuaires, les tendances de son temps et ses sentiments propres lui ont souvent inspiré des œuvres dune religion élégante et mondaine — entre autres, ses quatre figures de femmes, la Jeune fille, la Fiancée, l'Epouse, l'Aïeule, chacune accompagnée d'un ange musicien (les Quatre âges de la Femme d'après Lamartine), ses Anges gardiens, son Ange de Noël... Ces allégories, d'une facture lisse, se notent d'un certain maniérisme, qui est bien du milieu parisien cultivé d'alors. Théophile Gautier écrivait, à propos de sa Jeune mère de Picinisco, exposée au Salon de i858 : « Il ne faudrait pas grand'chose pour faire une Madone de cette jeune mère... » Or, Curzon n'avait point cherché à plier la nature à une idéalité de convention. Il s'était contenté de traduire fidèlement, en toute sa plénitude, cette humanité grave et tendre que ses yeux avaient contemplée. La peinture la plus vraiment religieuse est toujours, dans
1 On trouve, notamment, parmi les fusains d'Alfred de Curzon, les esquisses suivantes : Y Education de la Vierge (1837) : les Saintes Femmes au Tombeau; Saint Augustin et Saint Ambroise : les Adieux d'Augustin à sa mère, sur le rivage (d'après la Confession de Saint Augustin viS; !J ; Saint Joseph (1876)... Le Sacré Cœur de 1894 n'a été termine qu'aux premiers mois de i8g5 et, par conséquent, peu avant la mort de l'artiste. En cette série de son Œuvre comme en toutes les autres, Curzon a donc ceci de particulier qu'il n'a jamais renoncé à rien.